Uli Hoeness
Uli Hoeness, président du Bayern Munich | CHRISTOF STACHE / AFP

Uli Hoeness démissionne du Bayern

Publié le , modifié le

Condamné hier à trois ans et demi de prison ferme pour fraude fiscale, Uli Hoeness a remis sa démission de son poste de président du conseil de surveillance du Bayern Munich. C'est une grande figure du club, qui a été joueur puis manageur général en Bavière, qui doit tourner le dos à son club de toujours. Il renonce par ailleurs à un pourvoi en cassation, ce qui va le conduire directement en prison. Le club a ensuite annoncé la nomination "à l'unanimité" de Herbert Hainer, patron d'Adidas, à la tête du conseil de surveillance pour lui succéder.

Les choses n'ont pas traîné. Hier, à 14h, le verdict tombait: 3 ans et demi de prison ferme pour fraude fiscale. Ce matin, à 10h, l'annonce officielle de sa démission du Bayern Munich, et sa renonciation à un pourvoi en cassation. Cette décision place directement Uli Hoeness sur le chemin de la prison. "Après discussions avec ma famille, j'ai décidé d'accepter la décision du  tribunal de Munich concernant ma situation fiscale. J'ai demandé à mes avocats  de ne pas former de pourvoi en cassation", a-t-il dit dans un communiqué. "Cela correspond à ma conception de la décence, de la responsabilité  personnelle. Cette évasion fiscale, c'est l'erreur de ma vie.  Je tire les conséquences de cette erreur."

Connu pour son verbe, ses prises de position claires et sans nuance, mais surtout pour son amour immodéré pour son club du Bayern Munich où il a fait toute sa carrière, Uli Hoeness a pris la décision d'assumer. Un acte en conformité avec son image d'homme intransigeant, fervent défenseur du fair-play financier, pris en flagrant délit d'avoir triché. Coupable d'avoir dissimulé au minimum une somme de 28.46 millions d'euros au fisc, le dirigeant avait pourtant laissé entendre hier, via ses avocats, qu'il pourrait faire appel de cette peine de 3 ans et demi ferme. Cet appel l'aurait conduit devant la cour de cassation de Karlsruhe, qui aurait pu demander la tenue d'un nouveau procès s'il avait jugé la sentence inadaptée. Mais après une nuit de réflexions, après certainement de nombreuses discussions avec les dirigeants du Bayern dont son ami Karl-Heinz Rummenige, l'un des autres personnages les plus influents du club bavarois (avec Franz Beckenbauer).

Cette démission rappelle le comportement d'un dirigeant d'un autre grand club. Sandro Rossel, l'ancien président du FC Barcelone, a quitté ses fonctions face à l'affaire du transfert de Neymar pour que son club n'en subisse pas les séquences. Mais l'Espagnol ne se trouve qu'au début de l'enquête, alors que Uli Hoeness se trouve désormais face à trois ans et demi de prison. Il en sortira à plus de 65 ans. "Je démissionne, avec effet immédiat, de mes fonctions de  président du FC Bayern Munich et du conseil de surveillance. Je veux préserver  mon club de tout préjudice", a-t-il expliqué dans son communiqué. "Le FC Bayern Munich est l'oeuvre de ma vie et le restera toujours. Je resterai lié à ce club fantastique et à ses membres d'une autre manière, aussi longtemps que je serai en vie".