“Si c'était trop dangereux, on ne reprendrait pas”, les Français de Bundesliga confiants avant la reprise

Publié le , modifié le

Auteur·e : Andréa La Perna
Schmid Niakhaté
Moussa Niakhaté (FSV Mayence) et Jonathan Schmid (Fribourg). | AFP

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Premier grand championnat européen à reprendre depuis le début de la crise sanitaire, la Bundesliga va jouer les éclaireurs. D’Allemagne, la reprise n’inquiète pas les joueurs français que nous avons interrogés.

Plus rien depuis le 11 mars et un Borussia Monchengladbach - FC Cologne (2-1). Deux mois après l’interruption de la saison par la pandémie de Covid-19, le championnat de football allemand reprend ce week-end. Il est le premier parmi les grandes ligues d’Europe à le faire. La France a pris la décision de renoncer à terminer la saison 2019/20. L’Italie, l’Angleterre et l’Espagne cherchent encore un moyen d’imiter l’Allemagne. Ce week-end, la Bundesliga va jouer les éclaireurs en terrain inconnu.

Un retour progressif

Pas de quoi déstabiliser Jonathan Schmid (Fribourg), Moussa Niakhaté (Mayence) et Almamy Touré (Eintracht Francfort). Si les trois joueurs français admettent que la situation est “particulière”, leur discours est déjà rodé. La rhétorique du footballeur en route pour le combat est prête. On se croirait déjà au bord du terrain. “Dans nos têtes, on a toujours été prêt pour un éventuel retour à la compétition. On est content de retrouver les terrains et de pouvoir jouer au football”, réagit Moussa Niakhaté, les yeux déjà rivés vers l’objectif maintien du FSV Mayence, actuel 15e du championnat. 

On ne s’est pas reposé. On a beaucoup travaillé physiquement pour être prêt le plus rapidement possible parce qu’on ne savait pas à quel moment on allait reprendre”, surenchérit Jonathan Schmid, revenu l’été dernier dans le club qui l’avait révélé en Bundesliga. Dans leur Länder, les trois Français n’ont pas connu des conditions aussi strictes qu’en France. Ils s’entraînent depuis 6 semaines et la dernière a signé le retour des entraînements collectifs. “Sur le terrain on peut à nouveau jouer les duels et faire des matches. Ca nous manquait”, se réjouit Schmid.

Le retour sur le pré a été organisé de manière progressive. “On a eu le temps d'assimiler qu'il fallait faire attention. On ne s'embrasse plus, on ne se checke plus. Garder nos distances ne nous empêche pas de discuter et de rigoler", explique Niakhaté. Des mesures assez strictes ont été prises en amont, en plus de dépistages sérologiques réguliers. “On n’a plus le droit d’entrer dans le vestiaire et de se doucher. On vient à l’entraînement déjà habillé et quand on fait de la musculation on doit porter des gants et un masque”, décrit Schmid. Du côté de Francfort, où évolue Almamy Touré, les déplacements se font dans deux bus distincts. Ce dernier avoue se sentir “plus en sécurité” grâce aux dispositions prises par la Ligue.

Confiance totale dans le modèle allemand

Pourtant, la propagation du coronavirus continue en Allemagne. La semaine dernière, dix cas de Covid-19 -dont deux joueurs du FC Cologne- ont été décelés en Bundesliga lors d’une première batterie de tests. Puis, le Dynamo Dresde, pensionnaire de deuxième division, a détecté deux nouveaux cas positifs lors d’une troisième session de tests. La lanterne rouge de son championnat a décidé samedi d’entrer en quatorzaine générale et de déclarer forfait pour son match de reprise. “Cela ne justifie pas de remettre en cause toute la saison”, avait tenu à rassurer dimanche Christian Seifert, le patron de la Ligue allemande (DFL).

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Almamy Touré et Jonathan Schmid clament leur confiance dans le modèle allemand. “Ici, on a plutôt bien géré la crise”, note le second. La gestion germanique de la crise sanitaire est en effet souvent érigée à titre d’exemple en Europe. D’après les relevés statistiques, la France a enregistré plus de décès liés au Covid-19 (environ 27 000) que son voisin (environ 8 000) pour un nombre égal de cas constatés. “Personnellement, je n’ai pas peur. Si ça avait vraiment été dangereux, on n’aurait pas pu reprendre. Si on respecte toutes les conditions de sécurité, qu’on reste à distance, ça devrait aller”, analyse Schmid. Niakhaté la joue lui pragmatique : “On subit les décisions d'en haut, à nous de nous adapter. C’est notre métier”.

Actuellement, les joueurs observent une mise au vert, tous confinés seuls dans une chambre, ne sortant que pour les entraînements. Flotte comme une ambiance de stage de préparation. La coupure imposée aux athlètes aura forcément des conséquences dans leur rendement sur le terrain. "Les automatismes ne reviennent pas en deux trois jours, mais tous les clubs de Bundesliga sont dans le même bateau", relativise Niakhaté, que l'on dit observé de très près par l'AS Roma. Coupé dans son élan à l'Eintracht Francfort, où il était en pleine bourre, Almamy Touré préfère penser au défi qui l'attend. "Le football, c'est savoir être régulier tout le temps", insiste-t-il. Schmid anticipe de son côté l'ambiance "bizarre" de matches sans supporters. Il sera le premier des trois à reprendre, samedi à 15h30, du côté de Leipzig.