Ancelotti quitte le Bayern

Ancelotti quitte le Bayern

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Après la défaite du Bayern Munich face au PSG mercredi au Parc des Princes, Carlo Ancelotti a été limogé jeudi par le club bavarois au terme d'une réunion extraordinaire du conseil d'administration. Fragilisé depuis plusieurs semaines, le coach italien a laissé passer l'occasion de démontrer sa capacité à rebondir, et cela a fortement déplu aux dirigeants du Bayern, au nom de l'image de l'institution. Willy Sagnol prend les rênes de l'équipe par intérim. L'ex-entraîneur français des Girondins de Bordeaux avait été nommé adjoint d'Ancelotti en juin dernier.

"Le FC Bayern et Carlo Ancelotti se sépareraient", indique le site allemand Sport1, se référant à des sources proches du club citées par ESPN., imité par de nombreux médias.  Jeudi matin, au lendemain de la débâcle du Bayern à Paris en Ligue des champions, le quotidien Bild Sport avait affirmé qu'Ancelotti était désormais sur un siège éjectable. Les rumeurs allaient d'ailleurs  bon train dès la fin du match à Paris. Elles ont donc été confirmées. "A la suite d'une analyse en interne de la défaite 0-3 en Ligue des champions à Paris, le FC Bayern a libéré son entraîneur en chef Carlo Ancelotti de ses fonctions", a en effet indiqué le club dans un communiqué laconique. 

Rumenigge veut inverser la courbe

Déjà le président du directoire Karl-Heinz Rummenigge et le directeur sportif Hasan Salihamidzic avaient laissé planer le doute sur l'avenir du technicien italien avant de reprendre l'avion pour Munich. Mercredi soir, après le match,  Rummenigge avait déclaré devant toute l'équipe rassemblée: "C'est une défaite très douloureuse, une défaite qu'il nous faut analyser, et après laquelle il va falloir parler clairement et tirer les conséquences, parce que ce que nous avons vu, ce n'était pas le Bayern Munich". "Il est important que nous inversions vite la courbe et que nous nous présentions de nouveau comme le Bayern Munich, que nous montrions que nous sommes une équipe qui a fait fureur en Europe et en Allemagne, et que nous allons renouer avec cela", avait-il ajouté. Et Rumenigge s'est montré tout aussi explicite après le départ de l'entraîneur: "Carlo est mon ami et le restera, mais nous devions ici prendre une décision professionnelle pour le bien du FC Bayern. J'attends de l'équipe maintenant un développement positif et une volonté absolue de performance, afin que nous atteignions nos objectifs cette saison". 

Ancelotti n'a "pas de regret" 

L'essentiel des reproches faits à Ancelotti portent sur ses choix dans la composition de l'équipe, notamment ceux consistant à laisser plusieurs joueurs majeurs comme Robben, Hummels ou Ribery, alors que pour beaucoup d'observateurs, c'est justement de l'expérience qui a manqué au Bayern. Ancelotti justifie sa confiance en un groupe en renouveau estimant que ces choix étaient avant tout tactiques, car il voulait garder le contrôle de la rencontre. Fidèle à lui-même, il assume et «ne regrette rien». Même si évidemment, après l'ouverture du score prématurée des Parisiens, son organisation a semblé mal adaptée.

'Le profil du match a changé.  Le PSG a arrêté de jouer et a choisi de procéder par contre. Ils ont changé de stratégie après le premier but. De notre côté, on espérait avoir une grande possession avec James Rodriguez et Müller. On a eu la possession, on a eu des occasions mais on devait mieux contrôler leurs attaquants...il nous a manqué l’équilibre et c’était la clé du match. On a pris trop de contre-attaques. En défense, , je voulais mettre des joueurs frais. Je pense qu’une rotation fait du bien au club. Beaucoup de grands joueurs étaient sur le banc mais c’est le cas à chaque match, c’est la vie d’un grand club et c’est mon travail de choisir. Je réfléchis beaucoup à l’équipe, je n’ai pas de regret." a déclaré Ancelotti. Ce qui, au vu du résultat, a bien sûr agacé les supporteurs mais surtout les dirigeants du Bayern. 

Ancelotti était arrivé au Bayern à l'été 2016 pour succéder à Pep Guardiola. Sur le papier, son bilan n'est pas aussi catastrophique que cela à la tête du géant bavarois puisqu'il a remporté 42 des 60 matches qu'il a dirigés, ne connaissant que 9 fois la défaite. Mais pour les dirigeants, le recrutement d'un entraîneur vainqueur de trois C1 (deux avec l'AC Milan, une avec le Real Madrid) devait évidemment permettre au club de franchir une marche. Pour eux, le Bayern a bien franchi une marche... mais vers le bas ! Éliminé en quarts de de finale de la Ligue des Champions par le Real Madrid, il n'a pas non plus été capable de réaliser le doublé coupe-championnat, éliminé à domicile par le grand rival Dortmund en 1/2 finale. Et son titre de champion, le cinquième consécutif, n'a finalement convaincu personne, tant il est évident pour les patrons du club que gagner la Bundesliga est le minimum qu'ils attendent d'un entraîneur. Globalement, ils ont estimé insuffisantes les résultats. Et la défaite au Parc des Princes, par son ampleur,  a été considérée comme impardonnable.     

Christian Grégoire