Allemagne - Pays-Bas
Un hommage aux victimes des attentats de Paris était prévu avant le début de la rencontre Allemagne - Pays-Bas | JULIAN STRATENSCHULTE / DPA

Allemagne – Pays-Bas : Ce qui s’est passé mardi à Hanovre

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Le match amical entre l’Allemagne et les Pays-Bas, mardi soir, a été annulé moins de deux heures avant le coup d’envoi en raison d’une menace d’attentats. Retour sur une nouvelle soirée agitée et préoccupante en trois questions.

Connaît-on les raisons exactes de l’annulation du match ?

Peu après 19h00, l’ordre est donné d’évacuer le stade d’Hanovre (capacité de 50 000 places), situé au sud du centre-ville. Le chef de la police, Volker Kuwe, indique qu’il dispose "d’indices sérieux selon lesquels un attentat est prévu ce soir au stade". La zone est bouclée dans un rayon de 500 mètres autour de l’enceinte. "Je demande à la population de faire confiance aux forces de sécurité, nous avions de bonnes raisons pour décider d'annuler la rencontre", déclare à la presse le ministre de l'Intérieur allemand, Thomas de Maizière. Dans la soirée, malgré d’innombrables rumeurs (dont celle d’une ambulance bourrée d’explosifs), aucune interpellation n’a lieu, et aucune bombe n’est retrouvée aux abords du stade. La police restera en alerte toute la nuit.

Ce mercredi matin, on ignore toujours les raisons précises qui ont poussé les organisateurs à annuler la rencontre aussi soudainement. "Je comprends toutes les questions, mais comprenez que je ne veux pas donner de réponse, a indiqué Thomas de Maizière lors d’une conférence de presse télévisée. Pourquoi ? Parce que certaines réponses susciterait l’inquiétude de la population, et rendraient toute opération future plus difficile". Cette déclaration a provoqué les moqueries des réseaux sociaux (le magazine Stern a même lancé ce mercredi : "Peut-on se moquer de de Maizière? Une partie de la réponse susciterait l'inquiétude de la population"). "On avait des renseignements spécifiques sur des dangers concrets, basés sur des informations confidentielles et secrètes", a soutenu Stephan Weil, le premier ministre de Basse-Saxe.

Pourquoi s’agissait-il d’une rencontre à risques ?

Ce match amical avait été présenté par Joachim Löw, le sélectionneur allemand, comme "un symbole de liberté, de démocratie et de solidarité avec nos amis français" après les attentats du 13 novembre, à Paris et à Saint Denis où se déroulait le duel France-Allemagne. Dans son message de revendication diffusé samedi, l’Etat Islamique dit avoir ciblé "deux pays croisés" en visant le stade de France. L’Allemagne est donc directement concernée par ces attentats, et les risques terroristes dans le pays sont aujourd’hui "élevés", estime Thomas de Maizière.

En outre, l’enceinte d’Hanovre devait accueillir mardi soir plusieurs personnalités politiques importantes, dont la chancelière allemande Angela Merkel qui devait assister au match. Cette dernière n’était pas présente dans le stade lors de l’évacuation. En revanche, les ministres de la Défense et des sports des Pays-Bas avaient fait le déplacement et se trouvaient dans les travées du stade au moment de l’alerte. Tous les principaux ministres allemands étaient également censées assister à la rencontre, et plus de 40 000 spectateurs étaient attendus.

Les deux équipes étaient-elles déjà au stade au moment de l’évacuation ?

Au moment de l’alerte, l’équipe hollandaise était "en sécurité" d’après sa fédération, tandis que la sélection allemande était sur le chemin du stade. Son bus a donc été dérouté en urgence pour rejoindre un lieu sûr. "Que notre Mannschaft doivent subir des événements si tragiques deux fois en quatre jours dépasse mon imagination", a déclaré le patron de la Bundesliga, Reinhardt Rauball. Vendredi, les joueurs allemands avaient en effet déjà dû évacuer leur hôtel parisien en raison d’une alerte à la bombe, avant de passer la nuit dans l’enceinte du stade avec les Français. Pour Jérôme Boateng, c’était "le pire moment de (sa) vie". La rencontre face aux Pays-Bas ayant été maintenue, les champions du monde avaient répété la Marseillaise et devait entonner l’hymne français en début de match. Hommage qui n’aura jamais lieu.