Les frères Harbaugh
Deux coachs, deux frères, Jim et John Harbaugh, pour un trophée : le superbowl | AFP - ROB CARR

Superbowl : duel fratricide sur les bancs

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La 47e édition du Superbowl qui opposera dans la nuit de dimanche à lundi Baltimore à San Francisco dans le Superdome de la Nouvelle-Orléans sera le théâtre d'un affrontement entre deux coachs issus d'une même fratrie : Jim et John Harbaugh. Ce sera aussi la dernière sortie d'un monument de la NFL, Ray Lewis.

 

 

Des millions de téléspectateurs aux Etats-Unis et dans le monde, 73000 spectateurs dans l'enceinte du Superdome, des millions de dollars dépensés pour un encart de publicité, Beyoncé et Justin Timberlake en concert et un duel entre deux hommes. Deux frères. John Harbaugh, 50 ans, et son frère Jim, 49 ans, respectivement coach des Ravens de Baltimore et des 49ers de San Francisco. Et si finalement cette 47e édition du Superbowl, spectacle en mondovision générant de gigantesques revenus, ne se résumait qu'à cette confrontation inédite dans l'histoire de la NFL? La presse américaine a carrément renommé l'évènement "Harbaugh Bowl" ou "HarBowl". Quelque soit l'issue de ce Superbowl, un Harbaugh inscrira son nom au palmarès et mettra fin à la disette qui touche les deux équipes. Cela fait 18 ans que les 49ers de San Francisco, entraîné par Jim, le cadet, n'ont pas soulevé le Vince Lombardy Trophy. Une victoire dimanche et les 49ers égaleraient le record du nombre de victoires détenu par les Steelers de Pittsburgh (6). L'attente est moins longue pour les Ravens de Baltimore, coaché par John l'ainé, qui ont remporté le trophée pour la première, et la dernière, fois en 2001.

Choc tactique

Les deux frères sont à la tête d'équipes au style diamétralement opposés. D'un côté, la défense des Ravens articulée autour de leur homme de base, le linebacker Ray Lewis. De l'autre l'attaque des 49ers, dirigée depuis le mois de novembre par le jeune quaterback de 25 ans, Colin Kaepernick. Malgré la controverse qui entoure son retour de blessure en octobre sur lequel flotte un soupçon de dopage, Ray Lewis tient une occasion en or de finir sa carrière débutée 16 ans plus tôt. Deux exemples prouvent sa longévité. Le premier est teinté d'ironie. L'un de ses tous premiers "sacks" (plaquage) avait pour victime Jim Harbaugh, dont il croisera peut-être le regard sur le banc des 49ers. Le second est plus heureux. Lors de la saison 2000-2001, année de la seule victoire de Baltimore au Superbowl, il avait été élu MVP du match. En 2001, Colin Kaepernick avait 13 ans. Il n'avait que deux ans lors du dernier sacre de Joe Montana, la légende des 49ers vainqueur de 4 Superbowl dans les années 80. Douze ans après la dernière victoire de San Francisco (1995), il va disputer la première finale de sa carrière. Pourtant au début de la saison, il n'entrait pas dans les plans de son entraîneur. Il a fallu un coup du sort, une commotion cérébrale de l'habituel titulaire de San Francisco au poste de quaterback, Alex Smith, pour que son talent éclate. Propulsé sur le devant de la scène, Kaepernick a porté les 49ers jusqu'en finale et offrira peut-être son sixième Superbowl en autant de participations à San Francisco. Malheur aux perdants dans les deux cas, puisque si les 49ers sont invaincus en finale, les Ravens le sont également car ils ont remporté le seul Superbowl auquel ils ont participé (2001). Dimanche soir, un des deux frères Harbaugh sera maudit.