Cam Newton, le quaterback des Carolina Panthers.
Cam Newton, le quaterback des Carolina Panthers. | REUTERS

Superbowl : Cam Newton, le Superman agaçant

Publié le , modifié le

Dimanche, à l'occasion du 50e Superbowl, Cam Newton bouclera une saison d'exception. Le quarterback des Carolina Panthers impressionne par ses statistiques. Mais il agace aussi par son arrogance.

Cam Newton survole la saison 2015 de NFL et parfois même les défenses adverses. Mais le quarterback des Carolina Panthers, surnommé "Superman", peut aussi agacer par son arrogance. Sur la languette de ses chaussures, pour la 50e édition du Superbowl dimanche contre Denver, Newton a fait dessiner un S rouge sur fond jaune, célèbre symbole du super-héros qui ne craint rien ni personne, sauf la kriptonite.

Avant le plus grand rendez-vous de sa jeune carrière, Newton, 26 ans, n'a pas grand-chose à craindre. Après quatre saisons sans relief, il a réussi avec les Panthers l'un des meilleurs exercices de l'histoire de la NFL avec 15 victoires en 16 matches et devrait être élu, samedi, meilleur joueur (MVP) de la saison. Ses statistiques personnelles donnent le tournis avec 35 passes de touchdown, 296 passes réussies pour 495 tentées (59,8%) pour un gain de 3.837 yards et seulement 10 interceptions.

"Je n'ai aucune intention de changer"

Plus fort encore, Newton a marqué lui-même 10 touchdowns, souvent au terme d'un plongeon spectaculaire au-dessus de la ligne de défense adverse, comme en septembre contre les Texans Houston, où il a réussi un incroyable salto avant ! Mais une fois dans l'"end zone", l'en-but, Newton se transforme parfois en mauvais garçon et célèbre ses exploits avec des chorégraphies mêlant mouvements de hip-hop, dont le "dab" repris aussi sur les terrains de football en Europe, jugées arrogantes et irrespectueuses par ses adversaires. "Je ne sais pas pourquoi ils disent cela. Je pense qu'il faut juste s'y habituer, car je n'ai aucune intention de changer", a-t-il balayé cette semaine.

Newton est un phénomène programmé pour régner sur la NFL: il a remporté un titre national universitaire avec les Auburn Tigers, puis reçu en 2010 le Heisman Trophy remis au meilleur joueur du Championnat universitaire NCAA, avant d'être choisi en première position de la Draft 2011 par Carolina. Il est aussi l'un des rares quarterbacks noirs, le sixième pour être précis, à disputer le Superbowl.

Un salaire annuel de 20,8 millions de dollars

Le natif d'Atlanta a d'abord vu une  explication à l'hostilité qu'il pouvait susciter. "Je fais peur aux gens, parce qu'ils n'en ont pas vu beaucoup d'autres à  qui me comparer", a-t-il regretté la semaine dernière. Changement radical de ton cette semaine: "Je ne veux pas aborder la  question du quarterback noir, parce que notre sport est plus important que la  couleur, que ce soit noir, blanc ou vert", a-t-il lâché. "Je ne veux pas être réduit à l'image du quarterback noir, il y a des  choses plus importantes à accomplir dans notre sport", a poursuivi Newton qui  émarge à un salaire annuel de 20,8 millions de dollars.

Beau gosse, un rien "bling-bling" à l'image du pantalon zèbre qu'il portait pour prendre l'avion vers San Francisco, et charismatique, le stratège des  Panthers est déjà la coqueluche des annonceurs. Ses partenariats avec un équipementier sportif, une boisson énergétique et un géant de l'informatique, lui rapportent 11 millions de dollars.

Le vénérable Peyton Manning, son vis-à-vis de Denver, ne trouve rien à redire au personnage ou au joueur: "Il n'y a pas de doute dans mon esprit qu'il va être élu MVP, il a réussi une saison incroyable avec 17 victoires pour une seule défaite" (en incluant les play-offs), a-t-il souligné. Malgré ses outrances, Newton n'oublie pas que "Superman" fait le bien autour de lui: après chacun de ses touchdowns, il offre le ballon à un enfant  assis en tribune et espère faire quelques heureux dimanche.

AFP