Ça s'est passé un 19 avril 2017 : L'ancien joueur des New England Patriots Aaron Hernandez se suicide dans sa cellule

Publié le , modifié le

Auteur·e : Paul Giffard
Aaron Hernandez

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C'est l'un des plus grands drames dans l'histoire du football américain. Aaron Hernandez, reconnu coupable et condamné à vie pour meurtre en 2015, est retrouvé pendu dans sa cellule le 19 avril 2017. L'ancien joueur des New England Patriots n'avait que 27 ans. Annoncé comme un prodige de sa discipline, le natif Bristol dans le Connecticut a connu une véritable descente aux enfers.

Le plus dur dans le sport, ce n’est pas d’atteindre les sommets, mais d’y rester. Professionnel à 20 ans, multimillionnaire à 22, condamné pour meurtre à 25, mort à 27, c’est le destin tragique d'Aaron Hernandez, ancien footballeur des Patriots. Alors que les joueurs sont reçus par le Président américain Donald Trump (une tradition aux Etats-Unis) après leur 5ème titre de NFL, le tight end (bloquer les adversaires et recevoir les passes) est retrouvé pendu dans sa cellule d’une prison de haute sécurité, près de Boston, la ville des Patriots, quelques heures avant.

Nous sommes le 19 avril 2017 et le joueur de 27 ans n’est plus là. Il avait pourtant le talent pour faire partie de cette équipe. Ses coéquipiers le savaient bien et c’est pourquoi ils ont offert un maillot floqué à son nom lors de la venue de New England à la maison blanche. Les histoires glauques ne manquent pas dans cette discipline la plus populaire du pays où les scandales font rage. Condamné à une peine de prison à vie, sans possibilité de liberté surveillée deux ans auparavant pour le meurtre de l’époux de la sœur de sa femme, Odin Lloyd en 2013, le destin d’Hernandez fait figure d’immense gâchis.

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Un contrat à 41 millions de dollars

Athlète surdoué, le jeune homme originaire du Connecticut dans le nord-est des Etats-Unis, intègre l’université de Floride en 2007. Il y brille, gagnant le championnat universitaire l'année suivante. Mais l’étudiant, au comportement violent depuis la mort de son père lorsqu’il était adolescent, est aussi impliqué dans une bagarre dans un restaurant, fait aussi partie des personnes interrogées après une fusillade et, est encore sanctionné pour consommation de substances interdites.

En raison de ces divers incidents, sa cote est affectée avant son arrivée dans le football professionnel. Il n’est choisi qu’en 113ème position lors de la “draft” 2010. Néanmoins, il intègre malgré tout les New England Patriots, l’une des meilleures équipes de la NFL (Ligue de football américaine). A 20 ans, c’est le plus jeune joueur de la ligue cette saison. Dès ses débuts, Hernandez est vu comme un prodige et ses performances attirent l’attention. Deux ans plus tard, après avoir atteint le Super Bowl, au mois d’août 2012, le joueur aux larges épaules et aux bras tatoués est récompensé par un contrat de 41 millions de dollars sur cinq ans, soit 8,2 millions par an. En fin de saison, il est classé 77e meilleur joueur de la NFL.

Un virage à 180 degrés 

Cependant, sa vie va prendre un tout autre tournant quelques mois plus tard. Aaron Hernandez est arrêté par la police en juin 2013. Il est soupçonné du meurtre d’Odin Lloyd, l’un de ses proches dont le corps a été retrouvé neuf jours plus tôt criblé de balles. Les Patriots mettent un terme à son contrat presque immédiatement. L’affaire fait la “une” de tous les journaux du pays. Hernandez se présente à son procès avec un air hautain, arrogant et indifférent à la mort de son ami. Le 15 avril 2015, après 35 heures de délibérations, il est jugé coupable de meurtre au premier degré par le jury de la cour de justice fédérale de Bristol et condamné à la prison à vie. Les images d’une caméra de vidéo-surveillance l'ont confondu. 

Aaron Hernandez écoute la sanction proclamée par le jury, le 15 avril 2015.
Aaron Hernandez écoute la sanction proclamée par le jury, le 15 avril 2015. © EPA/MAXPPP

Moins d’une semaine avant son suicide, Hernandez avait été acquitté dans une autre affaire, datant de 2012. Il était accusé d’avoir tiré sur deux hommes près d’une boîte de nuit, l’une des victimes ayant renversé par accident une boisson sur lui. Ne pouvant contenir que quelques larmes après l'annonce du verdict, les appareils photos le saisissent en train d’envoyer un baiser à sa fille de 4 ans, présente dans le tribunal.

Trois jours après avoir été mis hors de cause du double homicide de Boston, Aaron Hernandez se suicide dans sa cellule de prison à l'âge de 27 ans avec un drap attaché à la fenêtre de la cellule. Trouvé par les gardes avec "John 3:16" (chapitre 3, verset 16, de l’Evangile selon Saint Jean : car Dieu a tellement aimé le monde, qu’il a donné son Fils unique, afin que quiconque croit en lui ne périsse point, mais qu’il ait la vie éternelle) inscrit au marqueur rouge sur son front et une bible ouverte à ce passage à côté de son corps, il est déclaré mort une heure plus tard à l’hôpital.

Son suicide, alors qu'il était en appel de sa condamnation, lui permet, selon la loi du Massachusetts, de ne pas être considéré légalement comme coupable. Quatre semaines après son décès, la juge E. Susan Garsh abandonne les charges contre Hernandez. Des funérailles privées sont organisées par la famille du joueur le 24 avril 2017 dans sa ville natale de Bristol.

Aucune compassion sur la mort de l'ancien footballeur

Si les policiers avaient annoncé un suicide, très peu se sont attristés par le sort d'Aaron Hernandez. Shannon Sharpe, ancien footballeur devenu consultant sur Fox Sports 1, avait préféré s’attarder sur l’environnement de la star. "Quand vous atteignez le statut de sportif professionnel, beaucoup laissent leur vie d’avant derrière eux. Aaron Hernandez n’a pas pu", avait alors commenté l’ancien joueur de Denver. "Ce n’était pas un gangster de pacotille. C’était un vrai membre de gang et cela faisait partie de lui. Cela comptait autant pour lui que jouer dans la ligue nationale de football pour les New England Patriots."

Quant au journaliste de sport et commentateur sur la chaîne ESPNStephen A. Smith, il n'avait ressenti "aucune compassion". Si d'autres pensent que "la culpabilité avait fini par le rattraper" à l'image d'un ami d'Odin Lloyd, interrogé par Associated Press, Aaron Hernandez souffrait d'une dégénérescence cérébrale provoquée par les chocs crâniens répétitifs et violents de son sport selon le centre d'encéphalopathie traumatique chronique (ETC) de l'université de Boston en septembre 2017.

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Paul Giffard paul_gfrd

Football Américain