Fin de la polémique Winamax qui retire son tweet suite à la menace de suspension d'une députée

Publié le , modifié le

Auteur·e : Natacha Basdevant
Winamax illustration
Winamax, l'opérateur de paris sportifs en ligne, mise aussi sur le buzz | PHOTOPQR/L'ALSACE

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Affaire classée pour Winamax. L'opérateur de paris sportifs a fini par supprimer son tweet qualifié "d'homophobe" par une partie de la sphère politique. Une décision prise sous la menace de suspension orchestrée par Olga Givernet, députée LREM (La République en marche) dans une lettre au Premier ministre.

• Le tweet qui met le feu aux poudres

Samedi dernier, la victoire de l'Olympique Lyonnais contre Manchester City met les réseaux sociaux en effervescence. Voilà que deux équipes françaises se retrouvent en demi-finales de Ligue des champions. Connu pour ses tweets humoristiques, le site de paris sportifs Winamax y va lui aussi de son post. Le community manager publie alors "on prend l'Europe on l'encule à deux". Une référence à une punchline de Celsius, le morceau du groupe de rap français PNL.

Fin de la polémique Winamax qui retire son tweet suite à la menace de suspension d'une députée

• Une affaire d'Etat

Le moins que l'on puisse dire, c'est que Winamax en encore fait le buzz. Sauf que cette fois, ça ne fait plus rire grand monde. Dimanche matin, les politiques s'empressent de réagir. Chacun y va avec sa ligne éditoriale. Jean Messiah membre du Rassemblement National, s'empresse d'y associer un hashtag "racisme anti-blanc". De son côté, la Ministre déléguée chargée de la Citoyenneté  Marlène Schiappa dénonce une forme de sexisme.

La Ministre déléguée aux Sports Roxana Maracineanu enchaîne sur son compte twitter "Ça ne vous dérange pas de laisser passer ce genre de messages ?". Un message qui fait écho au combat de l'ancienne nageuse dans les tribunes de foot la saison dernière. L'utilisation du mot "enculé" fait débat depuis plusieurs mois dans le monde du sport professionnel. La Ministre avait décrété la fin de l'homophobie dans les tribunes et les chants prétendus homophobes. Plusieurs matches de Ligue 1 ont ainsi été arrêtés et des sanctions avaient été prononcées avant de mettre la pause face à la fronde des ultras. L'homophobie est de nouveau mise en avant pour sanctionner Winamax.

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• Mardi, le site est menacé de suspension

La députée LREM, Olga Givernet, prend l'initiative d'écrire au Premier ministre Jean Castex ce mardi. Elle "suspecte" le site de vouloir profiter d'un "buzz médiatique, généré par lui même sur la base de propos homophobes pour augmenter les prises de pari dans une actualité sportive propice et ainsi maximiser ses profits". La lettre se conclut alors par une suggestion. La suspension des activités de l'entreprise avant les prochains matchs du PSG et de l'OL en Ligue des champions. La députée rappelle qu'en France, l'Etat décide de l'existence ou non d'une plateforme de jeux en ligne et l'ANJ (Autorité Nationale des Jeux) les encadre. 

• L'autorité nationale des jeux tranche

L'ANJ se charge d'étudier le dossier dans la foulée et rend un avis négatif. "Cette publication n'apparaît pas constituer un motif de suspension". Le compte est simplement invité à retirer son tweet. La structure pointe cependant du doigt la stratégie de communication de l'opérateur. Utiliser PNL inciterait les mineurs à parier selon l'ANJ. Alors que s'inscrire sur un site de pari en ligne suppose de présenter une carte d'identité. "L’ANJ sera ainsi particulièrement vigilante dans le contrôle de la stratégie promotionnelle que Winamax lui soumettra en octobre prochain", conclut-elle.

 • Winamax retire son tweet

Après trois jours de polémique Winamax décide de supprimer son tweet en le qualifiant de "choquant", "abject" et "insupportable".