portrait Romain Feillu (Vacansoleil) Tour méditerranéen 02 2011
Le grand sourire de Romain Feillu | AFP - BORIS HORVAT

Feillu se jette dans la bataille

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Les sprinteurs français sur le Tour ne se comptent même pas sur les doigts d’une main. En l’absence du « doyen » Jimmy Casper, Romain Feillu (Vacansoleil) est le plus apte à jouer des manivelles après la flamme rouge. Depuis le début de l’année, le Vendômois connaît une belle réussite avec des succès sur le Tour méditerranéen, le Tour de Picardie et le Tour du Finistère.

Baroudeur à grosse pointe de vitesse et habile sur un vélo, Romain Feillu a pris de la bouteille depuis son premier Tour en 2007. Fini les efforts inutiles et les coups pour rien. En passant chez les Néerlandais de Vacansoleil, il a pris de nouvelles responsabilités, notamment sur les sprints dont il est la principale chance. Ce travail spécifique n’a pas tardé à payer. « Ça s’est bien passé depuis le début de saison, confirme-t-il. Sprinteur, c’est une évolution naturelle pour moi. J’ai fait des résultats au sprint depuis quelques temps et c’était normal de se concentrer là-dessus. Après dans l’équipe, chacun a son rôle et d’autres coureurs sont concentrés sur d’autres types de course. »

Vacansoleil, ce n’est pas HTC ou Garmin. Il n’y a pas de train pour emmener Romain Feillu à partir des cinq derniers kilomètres. Le Français a l’habitude et ira jouer sa carte à l’instinct. « Je vais essayer de suivre la roue des meilleurs. A mon habitude, je vais suivre les bonnes roues. Même si ça n’a pas encore marché sur les grandes courses, c’est comme ça que je vais y arriver. J’y crois beaucoup pour cette année. Je ne suis personne en particulier, c’est à l’instinct. » Suivre les TGV du peloton n’est pas simple, ni sans risque. « Il faut rester au milieu de ces équipes pour ne pas prendre un coureur dans le pare-brise, en perdition de vitesse. » 

Sur la première étape, Romain Feillu a suivi de loin le grand numéro de Philippe Gilbert. « Il était intouchable mais aujourd’hui ce sera différent... J’espère que ça va aller. » Lors des cinq étapes qui devraient se jouer au sprint, l’aîné des Feillu prédit une grosse bagarre et pas une écrasante domination des HTC de Cavendish. « Cette année, il n’y a pas que l’armada HTC. Sur le premier sprint samedi lors de la première étape, ils se sont fait déborder, rappelle-t-il. Katusha a aussi une bonne équipe pour emmener Galimzyanov, Garmin est là pour Farrar. Je pense qu’il n’y a pas de suprématie des hommes Cavendish. J’ai vu que Boonen allait aussi fonctionner en duo avec Steggmans. Ce sont des gars qui peuvent perturber les choses. » Feillu ne croyait pas si bien dire en se faufilant dans les rues de Redon pour échouer à quelques centimètres de Tyler Farrar. Ce n'est pas passé loin mais il recommencera !

Si, comme tout sprinteur, il rêve du maillot vert sur les Champs-Elysées, le Français a déjà son favori. Pas un des siens mais le N.1 mondial Philippe Gilbert. « Il est bien parti. Il en a les qualités. Vu le barème et l’importance des sprints intermédiaires cette année, ça peut le faire. De plus, c’est un coureur qui a les capacités de passer les bosses et d’aller faire un sprint là où les autres n’iront pas pour engranger des points précieux. Moi, je suis plus rapide au sprint mais surtout moins fort dans les arrivées en bosse. Je suis largement en dessous de lui », concède-t-il. Et si la roue du leader des Omega Pharma Lotto était celle à suivre ?

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