Pierrick Fédrigo
Pierrick Fédrigo jubile après sa victoire sur la ligne d'arrivée à Pau | AFP

Fédrigo en terrain conquis

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Déjà vainqueur à Pau en 2010, Pierrick Fédrigo a renoué avec la victoire sur le Tour de France dans la capitale béarnaise, en dominant Christian Vande Velde au sprint. Au terme d'une 15e étape houleuse lors des 70 premiers kilomètres avant de sombrer dans la monotonie, le coureur de la FDJ rapporte à la formation de Marc Madiot sa deuxième victoire sur ce Tour 2012 et écrit une nouvelle page de sa belle histoire avec la Grande Boucle.

Si la plupart des coureurs ou dirigeants n'acceptaient pas de l'appeler comme cela, cette 15e étape plutôt courte (158 km) entre Samatan et Pau qui devait les mener aux portes des massifs des Pyrénées était bien une étape de transition. Le parcours assez vallonné malgré peu de côtes répertoriées au classement du meilleur grimpeur ainsi que la perspective de la journée de repos du lendemain rendaient le peloton nerveux en début d'étape. Il ne laissait d'ailleurs aucune échappée prendre forme malgré de nombreuses attaques de Ladagnous, Vichot ou Millar.

Les six compagnons

Même les appels au calme de l'équipe Sky pour empêcher les sorties intempestives du paquet ne calmaient pas les ardeurs offensives de nombreux coureurs. Dries Devenyns, Alexandre Vinokourov, Daniel Martin, Pierrick Fedrigo et Nicki Sorenesen pensaient avoir réussi leur coup mais leurs collègues les rappelaient à l'ordre. Pourtant, à force d'insister, cinq d'entre aux obtenaient un bon de sortie de la part d'un peloton épuisé après deux semaines de course et 70 premiers kilomètres parcourus à toute allure. L'échappée du jour prenait corps autour de cinq hommes dont trois Français. En effet, Pierrick Fédrigo, Thomas Voeckler et Samuel Dumoulin se portaient à l'avant en compagnie de Christian Vande Velde et Dries Devenyns, déjà partenaire d'escapade de Voeckler lors de la victoire du Français à Bellegarde-sur-Valserine. Nicki Sorensen était intercalé entre ces cinq fuyards et le peloton, déjà pointé à 5'46" à 83 km de l'arrivée, avant d'effectuer la jonction avec eux.

Malheurs et prophétie

Tricolores qui rient, tricolores qui pleurent. Sylvain Chavanel malade depuis plusieurs jours jetait l'éponge, tout comme Giovanni Bernaudeau ou Vincent Jérôme, lâchés dès le début de l'étape du jour. Thomas Voeckler faisait lui le classement du meilleur grimpeur, passant en tête au sommet des trois difficultés du jour de 3e et 4e catégorie. Comme le prophétisait Bjarne Riss à 70 km de l'arrivée, "c'était fini derrière", le peloton ne parvenant jamais à recoller avec les six hommes, qui devaient s'expliquer entre eux. Au fil de l'étape, l'avance de ces six coureurs augmentait, aucune équipe ne souhaitant prendre la chasse à son compte. Jusqu'aux dix derniers kilomètres ils collaboraient avant de se disputer la victoire.

Fédrigo remet ça

Nicki Sorensen allumait un premier pétard mouillé, suivi de nombreux contres. Tout le monde se regardait. Bien malin celui qui pouvait alors désigner le vainqueur. Pierrick Fédrigo plaçait alors une attaque tonnerre qui foudroyait l'ensemble du groupe à l'exception de Christian Vande Velde. Les deux hommes terminaient ensemble. Le Français lançait le sprint le premier et laissait parler sa pointe de vitesse dominant aisément l'Américain. Pour la quatrième fois de sa carrière sur la route du Tour, le coureur de Marmande levait les bras sur la ligne d'arrivée, après ses victoires à Gap en 2006, à Tarbes en 2009 puis à Pau en 2010. Et améliore encore ce cru 2012 du cyclisme français, décidément bien goûtu avec quatre victoires au compteur sur les routes du Tour. Dix minutes plus tard, André Greipel réglait le peloton devant Tyler Farrar et Peter Sagan.

Le dernier kilomètre de l'étape

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Fédrigo: "C'est vraiment incroyable"

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Jerome Carrere