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Pierrick Fédrigo savoure son quatrième succès sur le Tour | AFP-Bonaventure

Fédrigo en mode chasseur d'étape

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Vainqueur de trois étapes à Gap en 2006 (également un 16 juillet), à Tarbes en 2009 et à Pau en 2010, Pierrick Fédrigo avait connu l’an passé une saison difficile après avoir contracté la maladie de Lyme. Cette fois, il est bel et bien de retour et a choisi sa terre natale d’Aquitaine pour enlever une quatrième victoire sur la Grande Boucle. Dès son arrivée avec le bus de la FDJ, on a senti que le Français de 33 ans avait à l’esprit de frapper fort en ce lundi 16 juillet.

Ce matin, après avoir parlé en tête à tête et pendant de longues minutes avec son directeur sportif Thierry Bricaud à l’avant du bus de la FDJ, le natif de Marmande a été accueilli par une dizaine de supporteurs qui lui ont aussitôt donné le sourire. Le temps de signer quelques autographes, et de poser pour une photo souvenir, Fédrigo a alors filé pour signer la feuille de présence, puis au Village départ où il a retrouvé quelques minutes ses coéquipiers dans leur espace. Arrivé après tous les autres coureurs de la FDJ, Fédrigo semblait très concentré, et ce n’est sans doute pas par hasard si Marc Madiot l’a observé à distance, avec un sourire en coin. Il préparait forcément un coup pour aujourd’hui et son manager voyait bien que cette étape comptait énormément pour lui. « Habituellement, il est toujours en train de rigoler un peu dans le bus, ce matin il était concentré, il était ailleurs, donc je l’ai laissé un peu », commentera plus tard Sandy Casar.

Et Fédrigo n’a pas tardé à lever le voile en faisant partie dune première échappée lors des premiers kilomètres, puis d’une autre qui a cette fois tenu bien plus longtemps... La veille, le coureur bientôt âgé de 34 ans nous avait indiqué un brin fataliste que l’on ne peut pas gagner une étape tous les ans. « L’an passé je n’étais pas sur le Tour, mais les années se suivent et ne se ressemblent pas », avait-il dit.

Au bluff

Affaibli l’année dernière par la maladie de Lyme (une maladie bactérienne transmise par des tiques), Fédrigo a en effet connu des moments difficiles. Privé de la Grande Boucle l’an passé, il a appris à relativiser. « Je me mets moins de pression qu’avant. L’année dernière j’ai appris beaucoup, et j’arrive à relativiser maintenant. Si je ne gagne pas sur le Tour, ce n’est pas grave, il y a d’autres belles courses », avait-il affirmé.

Ce matin encore, il affirmait que ses jambes étaient lourdes, et qu’il devrait compter essentiellement sur son mental pour continuer… Mais quoi qu’il en dise, Fédrigo avait pris ce départ pour tenter un coup, le souvenir de son dernier succès d’étape à Pau il y a deux ans, était encore assez frais. Un peu comme Alexandre Vinokourov qui a voulu décider lui-même du jour de sa retraite, Fédrigo avait bien l’intention de démontrer qu’il en avait encore sous la pédale. En observant ses cinq autres compagnons d’échappée, Fédrigo a compris qu’il devait porter l’estocade assez rapidement, et c’est à 6,5 kilomètres de l’arrivée, qu’il a soudainement accéléré. Il ne lui restait plus qu’à prendre le dessus sur Christian Vandevelde lors du sprint et après un dernier coup de pédale, l’expérimenté coureur a pu lever les bras.

Ladagnous : « C’est une machine »

Une dizaine de minutes plus tard, ses coéquipiers arrivaient les uns après les autres, le sourire aux lèvres après avoir appris la nouvelle par les oreillettes. « On avait misé sur une victoire, et là une deuxième, c’est magnifique ! » a d’abord déclaré Matthieu Ladagnous avant d’être enlacé par Arthur Vichot qui a lâché un « c’est une machine, ce Pierrick ! ». Et en effet, quelques heures plus tôt, Fédrigo avait l’air bien plus renfermé que les jours précédant. « Il a encore montré que c’était un grand coureur. Dans ces situations là, il sait comment conclure ».

« C’était une étape qu’il avait coché, aujourd’hui c’était pour lui », a confié Thibaut Pinot. « On savait que s’il était devant, il n’allait pas se rater », a expliqué l’auteur du premier succès de la FDJ, et d’ajouter « il le mérite vraiment ». Jérémy Roy est du même avis que son équipier au sujet de Fédrigo. « C’est une valeur sure, un peu comme Sandy (Casar). On croit en lui, car il se loupe très rarement. C’est vrai qu’il est souvent super motivé dans cette région, et cela s’est encore confirmé aujourd’hui », a-t-il dit. Son leader Sandy Casar était surtout ravi de voir son camarade rebondir après ses déboires en 2011. « C’est très bien pour lui qui doutait depuis un petit moment. Il a montré qu’il était le plus fort aujourd’hui. Il avait déjà gagné à Pau, donc cela lui a rappelé des bons souvenirs », a indiqué le leader de la FDJ. Désormais, les autres coureurs sont prévenus, une arrivée à Pau, c’est pour Fédrigo.

Romain Bonte