Steffi Graf Roland Garros 1999
Steffi Graf retour (vs Asa Carlsson, 6-1, 6-4) Roland Garros 29/05/1999. | AFP

F comme Favoris (du public)

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Roland-Garros a toujours su réserver son soutien inconditionnel à quelques stars. Ces "chouchous" du public ont en général un charisme énorme ou une belle histoire qui leur vaut d'être indéfectiblement portés par les supporters français, ce qui n'est pas une mince affaire au départ.

Depuis le boom du tennis pendant les seventies –avant, ce sport restait feutré et les joueurs étaient plus respectés qu'adulés, quelques tennismen et tenniswomen à l'aura prononcé ont bénéficié de ce traitement de faveur: les premiers furent Chris Evert et Bjorn Borg. Comme par hasard, ils détiennent chacun le record du nombre de sacres sur la terre ocre (7 pour Chrissie, 6 pour Iceman). Mais il n'y a pas que ça: l'Américaine possédait un joli minois et le Suédois dégageait un charisme rare avec ses cheveux longs et son bandeau. Dans les années 70, les Sud-Américains avaient aussi la cote Porte d'Auteuil: l'Argentin Guillermo Vilas (vainqueur en 1977 et finaliste en 1975, 1978 et 1982) et le Paraguayen Victor Pecci (finaliste en 1979) furent ainsi autant apprécié pour leur physique avantageux que pour leur jeu.

Dans les années 80, Yannick Noah rafla la part du lion après son succès en 1983 qui a fait pleurer de bonheur de nombreux Français. Mais il ne fût pas le seul: le Suédois Mats Wilander (triple vainqueur à Paris et successeur de Borg), l'Américain Jimmy Connors (privé du French de 1974 à 1978, il est devenu la coqueluche des Parisiens par la suite) ou l'Allemande Steffi Graf (les plus belles gambettes du circuit) ont profité de leur cote d'amour. Puis ce fût le tour du Brésilien Gustavo Kuerten qui était allé jusqu'à dessiner un cœur au centre du court –pour remercier le public- après un succès acquis dans la douleur. Roger Federer et Amélie Mauresmo furent sans doute les derniers à bénéficier de l'appui du public même si ce ne fût pas sans heurt pour la Picarde, parfois éliminée très tôt. Car c'est une constante à Roland: le public est versatile et il peut très bien se retrourner contre vous après vous avoir soutenu (et vice versa). Demandez donc à John McEnroe (battu en finale par Ivan Lendl en 1984), à Henri Leconte (sifflée en finale de l'édition 1988) ou à Martina Hingis (en pleurs en 1999). Mais ceci est une autre histoire…