Rémy Nasri Malouda Gomis
Rémy, Nasri, Malouda et Gomis | AFP

Un point d'honneur à terminer

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Un point suffira, mais il faudra aller le chercher. Face à la Bosnie ce mardi (21h sur TF1), la France n'a en effet besoin que d'un match nul pour se qualifier pour l'Euro-2012 (8 juin-1er juillet). Dans un Stade de France qui devrait faire le plein de spectateurs, les hommes de Laurent Blanc savent qu'ils n'auront pas le droit à l'erreur. Quoi de pire que de devoir revivre comme en 2009 face à l'Irlande (pour le Mondial-2010) l'incroyable tension des barrages.

La victoire de vendredi sur l'Albanie (3-0) permet aux Bleus d'aborder cette rencontre décisive face à la Bosnie avec un point d'avance. Mathématiquement, un point serait donc suffisant pour permettre à l'équipe de France de décrocher son billet pour l'Euro-2012. Une défaite, et les Tricolores devraient disputer un barrage contre une équipe ayant terminer deuxième de son groupe, mais avec l'avantage d'être tête de série. Mais tête de série ou pas, la qualification polémique aux dépens de l'Irlande en 2009, avec la fameuse main de Thierry Henry, reste encore dans toutes les mémoires. Pour éviter de remuer des souvenirs amers, voire de risquer une élimination pure et simple comme ce fameux 13 octobre 1993 face à la Bulgarie (en qualifications du Mondial-1994), la France doit impérativement prendre le jeu à son compte ce mardi.

La partie ne sera pas évidente. Si les Bleus sont bien sortis vainqueurs du match aller en Bosnie (2-0), la qualité de leurs adversaires n'est plus à démontrer. Ce n'est pas pour rien que les Bosniens ne comptent qu'une longueur de retard, et qu'ils peuvent, en cas de succès sur les Français, leur subtiliser la première place du groupe D, synonyme de qualification directe. En face, l'équipe de Safet Susic a de quoi inquiéter la Maison Bleue. Avec des joueurs tels que Dzeko ou Pjanic, les Bosniens ont ainsi écrasé le Luxembourg 5-0, et peuvent se targuer d'avoir la meilleure attaque du groupe D (16 réalisations contre 14 côté français).

Pjanic: "Un match très compliqué"

"Soyons lucides, il faudrait qu'on réalise un gros match contre les Bleus pour les battre à Paris. Ils restent au-dessus de nous", estime Pjanic qui connaît bien le football tricolore pour y avoir fait l'essentiel de sa carrière. Pour l'ancien joueur lyonnais, les absences de Karim Benzema ou Franck Ribéry ne leur simplifient pas forcément la donne. "Avec ou sans eux, cela restera un match très compliqué", affirme-t-il, tout en espérant voir son pays se qualifier pour son premier tournoi majeur. "Pour nous, il serait temps, lance Pjanic. Nous étions tout proche de le faire pour le Mondial-2010 (élimination en barrages contre le Portugal). Là, on a une super équipe et on mérite de se qualifier pour ce tournoi. Notre peuple le mérite. On se doit de  concrétiser et si Dieu est avec nous..."

La méfiance est donc de mise pour les Bleus, qui après une véritable hécatombe de joueurs blessés, devraient pouvoir compter sur les retours d'Eric Abidal et Kevin Gameiro, mais il reste des incertitudes concernant la cheville de Yohan Cabaye, "devenu un joueur important", des propres mots de Laurent Blanc. "Il faudra être solide au milieu et aligner une équipe qui maîtrise  techniquement le match", explique le sélectionneur. "On a des joueurs pour le faire", dit Blanc qui pense sûrement à des joueurs comme Samir Nasri et Yann M'Vila. "Pour nous, il n'y aura pas d'autres stratégies que de gagner le match. cela ne rentre pas dans ma philosophie de calculer. On ne sait jamais comment va se dérouler le match. Il faut donc se préparer pour gagner, se préparer pour avoir plus le ballon que l'adversaire."

"Le Stade de France sera complet, je ne me vois pas mettre dix joueurs derrière et attendre, a indiqué Blanc. On ferait le contraire de ce qu'on souhaite faire. Ce serait jouer contre-nature", a assuré 'le Président'. Après avoir utilisé un bon vieux 4-4-2 face à l'Albanie, la faute aux multiples blessures, Blanc espère êter en mesure de revenir à son très cher 4-2-3-1. "Au plus haut niveau, le 4-4-2 n'existe plus, a-t-il dit. Il faut faire des efforts au milieu. Contre une bonne équipe, si elle prend le contrôle de cette zone, elle prend la possession du ballon et physiquement c'est très éprouvant." Si l'infirmerie ne désemplit pas, le sélectionneur devra composer avec les forces en présence.