Jacques Lambert
Jacques Lambert, président du comité d’organisation de l’Euro 2016. | FRANCK FIFE / AFP

À un an de l'Euro, la France se prépare

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Le compte à rebours est lancé : dans un an jour pour jour débutera l’Euro 2016 au Stade de France. Pour cet événement, la France s’est dotée d’un budget de 1,7 milliard d’euros pour assurer la construction et la rénovation des enceintes qui accueilleront les matches de cette quinzième édition du Championnat d’Europe des Nations. Pour l’heure, l’ensemble (ou presque) des projets et des préparatifs semblent être dans les temps, qu’ils soient sportifs ou économiques.

Les préparatifs sont en marche​

Pour un événement que la France attendait depuis le Mondial 1998, une dizaine de villes vont mettre les petits plats dans les grands. À commencer par leur enceinte sportive. Dix stades ont été sélectionnés pour accueillir les rencontres de la compétition, dont quatre flambants neufs. À deux ans de la compétition, Jacques Lambert, président du comité d’organisation de l’Euro 2016, affirmait dans une interview à l’UEFA « être dans les temps » concernant la construction des nouvelles enceintes. « L’avancement des chantiers de stades est globalement conforme à ce que nous attendions. » Un an plus tard, ses déclarations ne lui donnent pas foncièrement tort. Trois stades sont déjà sortis de terre et un autre doit être livré tout début 2016 : le Grand Stade à Lyon. Le stade Pierre Mauroy de Lille, l'Allianz Riviera de Nice, et le tout nouveau stade Bordeaux Atlantique sont eux d'ores et déjà opérationnels. Le dernier cité vient d'ailleurs d'accueillir les demi-finales du Top 14 de rugby.

Cinq autres enceintes ont par ailleurs subi ou subissent encore un gros lifting pour répondre aux normes imposées par la compétition : le Parc des Princes à Paris, le Stade Vélodrome à Marseille, le Stade Geoffroy-Guichard à Saint-Etienne, le Stadium de Toulouse et le Stade Bollaert à Lens. Pour ces deux derniers, comme pour le nouveau stade lyonnais, Jacques Lambert a néanmoins avoué dans les colonnes du Progrès en mars dernier que les dates de livraison ne seraient finalement pas respectées. «  Notre objectif était que les stades soient prêts un an avant la compétition, afin qu’ils soient rôdés. Cela ne sera pas respecté pour les stades de Lyon, Lens et Toulouse, on fera avec. On considère qu’un semestre d’exploitation suffira. » Mais le ministre des Sports Patrick Kanner l’a assuré dans un entretien en mars aux Echos : "La France sera prête dans les temps impartis. Les stades nouveaux ou rénovés seront tous livrés à l’heure."

Des places à 25 euros

À vos places ! La billetterie pour l’Euro est ouverte depuis aujourd’hui et ne le sera que pour un mois seulement. Fixés depuis décembre dernier, les tarifs pour les billets n’ont pourtant été connus que tout récemment. Des tarifs qui offrent une belle surprise aux spectateurs : des places à 25 euros pour le premier tour (hormis le match d’ouverture) et les huitièmes de finale, un prix inférieur à certains matches de Ligue 1. Au final, ce sont 43 matches sur 51 qui seront accessibles à ce tarif. « Je crois que c’est un prix assez exceptionnel pour un événement du prestige et de la notoriété de l’Euro. Mais c’était une des conditions pour assurer l’adhésion et, je l’espère, le succès populaire de l’événement » explique Jacques Lambert. 250 000 places seront mises en vente au prix de 25€, dont 20 000 vont être acquis par l'Etat et seront redistribuées à des personnes en difficulté. C'est ce qu'a indiqué le ministre Patrick Kanner ce matin à l'AFP. Bien sûr, pour ceux qui ont les moyens, certaines places peuvent également se vendre jusqu’à 895 euros. Au total, c’est un million de places supplémentaires qui seront mises en vente par rapport au dernier Euro.

Un impact économique important

La France s’apprête à accueillir 2.5 millions d’amoureux du football sur son sol durant la compétition, ce qui demande aux dix villes hôtes un investissement important pour être à la hauteur d'un tel événement. L’UEFA versera à ces villes ce que l'on peut appeler un "retour sur investissement", c'est à dire une dotation pouvant aller jusqu’à 20 millions d’euros. Une première pour l’instance européenne. C’est sous la pression d'Alain Juppé, qui préside le Club des sites accueillant l’Euro 2016, que Michel Platini a accepté de mettre la main à la poche. Pour le maire de Bordeaux, cette dotation se justifie afin de "faciliter l'acceptation sociale de grand événement en finançant des équipements de proximité." Ce geste de la part de l'UEFA se fera néanmoins en deux fois : si une première tranche de dix millions d’euros a été déjà été versée aux villes, les dix millions restants seront versés en fonction de la réussite du tournoi en matière financière, populaire et d'accueil des supporters dans les villes.

Mais ce « cadeau » ne se fait pas sans contrepartie. Les différentes entités chargées d’organiser l’Euro 2016 de football seront exonérées de tout impôt. En dehors de la TVA, pilotée par des règles européennes, aucune taxe, aucun impôt sur les sociétés, aucune autre fiscalité française ne sera prélevée sur l’UEFA et sur ses filiales françaises. Une décision que justifie Patrick Kanner aux Echos, assurant que cet effort fiscal sera largement compensé, à hauteur de "1.2 milliard d’euros". Pour information, le dernier Euro organisé en Pologne et en Ukraine avait généré 1.383 milliard d’euros de recettes.

Mathieu Aellen