Sergio Ramos et Gerard Piqué
Sergio Ramos et Gerard Piqué | PATRICK HERTZOG / AFP

Ramos-Piqué : l'union sacrée

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En dépit d'une inimitié supposée, le Barcelonais Gerard Piqué et le Madrilène Sergio Ramos forment une charnière centrale contre-nature mais terriblement efficace. Cristiano Ronaldo et les Portugais s'en sont rendus compte en demi-finale.

La charnière acharnée. Sergio Ramos et Gerard Piqué forment le duo d'arrières centraux le plus hermétique de l'Euro avec un seul but (de l'Italien Di Natale) encaissé depuis le début de la compétition. Pourtant, une telle association ne coulait pas de source il y a encore quelques mois, Sergio Ramos étant fixé au poste de latéral alors que Piqué formait l'axe défensif de la Roja avec son partenaire blaugrana Carles Puyol. Ce dernier blessé et forfait pour l'Euro, et Ramos ayant été génialement recentré par José Mourinho cette saison, le Madrilène et le Barcelonais ont donc uni leur force pour le plus grand bonheur de l'Espagne. Mais pour y parvenir, les deux hommes ont dû faire contre mauvaise fortune bon coeur. Car ce n'est un secret pour personne que Ramos et Piqué ne s'apprécient pas. Il faut dire que les derniers "Clasicos" brûlants entre les Catalans et les Merengue n'ont rien fait pour apaiser les tensions... Pourtant, et ce n'est pas le moindre des mérites de Vicente del Bosque, Sergio Ramos et Gerard Piqué ont su laisser leur rancoeur aux vestiaires pour former un mur quasiment infranchissable. Et surtout terriblement complémentaire.

Face au Portugal de Ronaldo, ami personnel de Piqué depuis leur passage à Manchester United et coéquipier de Ramos au Real, les cerbères ibères ont brillé chacun dans leur style particulier. A Ramos les interventions musclées, la tonicité et le jeu de tête, à Piqué le sens du placement et les relances précises. Impeccables défensivement, les deux Espagnols ont également fait preuve d'adresse et de nerfs lors de la séance des tirs au but en transformant leur tentative. A cette occasion Sergio Ramos prenait une belle revanche personnelle après son échec en demi-finale de la Ligue des Champions contre Chelsea en réussissant une "Panenka" insolente. Avec ces deux-là, l'Espagne peut viser le fameux triplé historique (euro 2008-Mondial 2010-Euro 2012). Après, il sera toujours temps de reprendre les chamailleries.

Julien Lamotte