Portugal-Autriche
Les fans de la Selecçao derrière leur équipe, même les jeunes filles... | AFP

Portugal : éviter un air de fado au Parc

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A trois heures du coup d'envoi de Portugal-Autriche, disputé dans le jardin du PSG, la colonie portugaise a fait le déplacement en nombre. Inquiets par la prestation de leur “Selecçao“ contre l'Islande, les fans lusitaniens ne veulent pas revivre dans la capitale française la même contre-performance et repartir frustrés sur la mélancolique mélopée, certes l'un des symboles de leur pays mais pas de circonstance pour un favori. Pour cela, ils comptent notamment sur Cristiano Ronaldo pour booster leurs protégés. Ambiance.

Felipe se prend déjà le visage dans les mains. Anxiété palpable. Le drapeau portugais lui sert de paréo, mais cet admirateur de la “Selecçao das Quinas“ n'a vraiment pas envie d'aller à la plage. Enfin, pas ce soir... Il veut voir l'un des grands favoris de cet Euro 2016, son équipe chérie, confirmer son statut. Venu du Bourget, au nord de Paris, le jeune homme n'a jamais vécu sur les terres de ses aînés et a grandi en banlieue. Mais ses attaches familiales lui sont vissées au cœur et rien ne compte plus que de soutenir, dès qu'il le peut, son Portugal. "Je suis allé en 2010 en Afrique du Sud, pour la Coupe du monde, mais j'ai loupé celle au Brésil il y a deux ans, à cause du bac... J'en étais malade !"

Il n'était pas non plus à Saint-Etienne, il y a quatre jours, pour l'entrée en matière devant l'Islande (1-1). Felipe se demande encore comment ses protégés ont pu laisser échapper la victoire : "On aurait au moins dû gagner 2-0... Mais, bon, ce n'était que le premier match et, par le passé, d'autres équipes ont commencé en douceur, avant de l'emporter. Alors, j'y crois !" Tout comme Fernando, commerçant en Lorraine, et qui s'est payé le TGV pour suivre ses “filhos" (ses enfants) dans un stade de prestige. À 54 ans, il croit au signe du destin : "J'avais admiré le Portugal lors de l'Euro 1984 déjà en France. J'étais jeune... On avait été en demi-finales, donc je me dis que l'histoire peut se reproduire."

Cristiano Ronaldo, sujet sensible

"Portugal ! Portugal !" Helena n'a déjà plus de voix. Mais, tout sourire, elle n'imagine même pas que ses chouchous se prennent de nouveau les pieds dans le tapis autrichien. "On va jouer aussi bien que l'Espagne. Les gens sceptiques vont comprendre ce soir... Et puis, les joueurs nous doivent une revanche. On va être des milliers ce soir !" À ses côtés, beaucoup plus zen, Marc veut prendre suffisamment de recul pour ne pas se laisser submerger par l'émotion : 'J'aime bien analyser un match de foot. Alors, même si le Portugal est mon équipe, j'essaie de rester objectif. Pas comme Helena ! C'est ma copine mais, pendant un match, je ne la reconnais pas..."

"Arrête un peu, Marco, de te la jouer grand spécialiste ! Et puis, avec Cristiano Ronaldo, tout est possible." Une fois encore, le fiancé douche l'enthousiasme de la demoiselle : "Mouais... CR7, c'est un grand joueur, mais le débat est ouvert. J'ai l'impression que ses partenaires sont inhibés et n'osent plus prendre d'initiatives. Le collectif s'en ressent. Je pense aussi que, physiquement, il est cuit, après sa saison au Real...". Helena lui délivre une tape dans le dos, avec un rictus désapprobateur, en hurlant : "Vous savez quoi ? Revenez nous voir à la fin du match... Et Marco vous dira que Ronaldo, c'est un Dieu vivant !" En route vers la tribune Auteuil, histoire d'éviter toute scène de ménage en plein Paris.

Nicolas Gettliffe

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