Le commissaire Antoine Boutonnet
Le commissaire Antoine Boutonnet, chef de la Division nationale de lutte contre le hooliganisme (DNLH) | MAXPPP - PQR - L'EST REPUBLICAIN - ALEXANDRE MARCHI

"Pas de constat d'échec" après les violences à Marseille, pour le commissaire Boutonnet

Publié le , modifié le

Quelques heures après les graves incidents dans la ville de Marseille, et avant même que le match Angleterre-Russie ne se termine avec quelques scènes de baggares dans le stade et surtout des mouvements de foules, le commissaire Antoine Boutonnet, chef de la Division nationale de lutte contre le hooliganisme (DNLH), a indiqué qu'"il n'y a pas de constat d'échec".

Les incidents à Marseille constituent-ils un échec?
Antoine Boutonnet:
"Pas du tout, si nous n'avions pas pris de mesures proactives, notamment contre des personnes interdites de stade, on aurait eu une situation extrêmement compliquée. Il n'y a pas de constat d'échec dans la mesure où l'intervention rapide et efficace des forces de l'ordre a permis de circonscrire les incidents dans le temps et dans l'espace".

Qu'est-ce qui a déclenché ces rixes?
A.B.:
"On a eu affaire à des phénomènes de violences initiés par des mouvements de foule d'une population extrêmement dense au niveau du Vieux-Port avec suralcoolsation de cette population. La suralcoolisation des supporters qui étaient présents est plus que préoccupante, on a constaté au fur et à mesure de la journée qu'il y avait un foyer de tensions notamment via l'alcool entre supporters, ce qui a donné lieu à des frictions, y compris entre supporters anglais. Il y a un problème de suralcoolisation qui entraîne in fine un phénomène de violences entre supporters et contre les forces de l'ordre, qui apparaissent comme un exutoire à la violence. On a fait en sorte qu'il n'y ait pas de croisement entre supporters russes et anglais (mais) il y en a eu un qui a entraîné une réaction immédiate des forces de l'ordre. C'était un mouvement important de 300 Russes venus vers les supporters anglais, il y a eu un début de rixe entre les deux immédiatement stoppé par les forces de l'ordre".

Quelle analyse faites-vous des ces évènements ?
A.B.:
"Ces incidents dans le cadre d'une compétition internationale montrent la nécessité d'une mesure uniforme sur l'ensemble des pays concernés, d'autant que le prochain Euro se déroulera dans (13) différents pays. On plaide un peu pour une uniformisation des interdictions de stade, pour qu'une personne interdite de stade dans un pays puisse l'être dans d'autres pays. Si une personne présente des risques de trouble à l'ordre public dans son pays, il n'y a pas de raison que ça ne suive pas dans d'autre pays. Dans le cas présent, nous avons pu prendre des mesures administratives pour éviter ces personnes sur le territoire national, mais s'il y avait des interdictions de stade au niveau européen ce serait plus rapide et plus efficace. Les personnes qui sont interdites de stade en Angleterre sont aussi interdites de sortie du territoire, et parmi celles en cause samedi, aucune ne faisait l'objet d'une interdiction de stade".

AFP

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