Bélarus France Diaby Putsila 06 2011
Abou Diaby au duel aérien avec le Bélarus Putsila | AFP - Franck Fife

Nul de fin de saison pour les Bleus

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Pour le dernier match officiel de la saison 2010-2011, l'équipe de France a ramené un match nul de son déplacement en Biélorussie (1-1). Des Bleus à réaction qui ont rapidement réagi au but contre son camp d'Abidal (20e) en égalisant par Malouda (22e). Ce résultat laisse les joueurs de Laurent Blanc en tête du groupe D, avec quatre points d'avance sur cette équipe, mais la Roumanie s'est relancée en étrillant (3-0) la Bosnie, ce qui fait les affaires de la France.

Les images du match aller au Stade de France hantaient certainement les esprits tricolores. Un but dans les dernières minutes après avoir beaucoup subi, voilà comment le Bélarus avait ramené trois points de Paris en septembre dernier. A Minsk, un tel scénario ne devait pas se reproduire, sous peine de voir cette équipe se poster dangereusement en rival pour la qualification. Et pour ce dernier match officiel après la fin des championnats, il fallait se remobiliser et puiser dans les réserves physiques après une longue saison. Au final: un nul sans grande envergure, bien adaptée à cette période du mois de juin.

C'est d'ailleurs bien un prétendant à la qualification qui se lançait dans la bataille, exerçant un gros pressing parfaitement coordonné et déstabilisateurs pour la défense française remodelée avec la blessure de Mexès, conduisant à la titularisation de Sakho en charnière centrale. Après un débordement et un centre en retrait de Ribéry (3e), le défenseur parisien était le premier à se mettre à la faute, ratant son tacle en retrait vers Lloris, mais Varankov était bien repris par Rami, en couverture (4e). Dominée, la France subissait, et tour à tour, Diaby (8e), Sagna (13e) reprenaient un attaquant au dernier moment, alors que Shitov alertait Lloris pour une claquette (14e), suivi par Kislak (15e). Et à force de voir les vagues rouges déferler, les fautes s'accumulaient, avec notamment un carton jaune pour Rami. Et sur ce coup franc excentré et frappé rentrant, personne ne touchait le ballon jusqu'au deuxième poteau et Abidal qui, sous une pression modeste de Bordachev, poussait le ballon au fond des filets (20e, 1-0). Ce but venait récompenser une belle entrée en matière des Bélarus. Mais les Français rendaient la pareille du match aller, en égalisant presque contre le cours du jeu. Sagna débordait sur son côté droit, adressait un centre sur Benzema, qui remettait en retrait pour Malouda dont le tir enroulé trouvait les filets (22e, 1-1). Les hommes de Laurent Blanc n'avaient pas eu le temps de trop réfléchir à ce but encaissé. Le match perdait alors en intensité. Benzema ratait complètement sa volée sur un centre de Nasri (34e), Ribéry voyait son tir frôler le poteau droit de Verenko (38e), mais c'était tout jusqu'à la pause.

Et après la mi-temps, cela ne changeait pas trop. Les Français faisaient bien attention de ne pas se faire piéger par les contres rapides et intelligents des Bélarus, également bien contents de tenir cette grosse formation en respect, et se laisser l'espoir de la coiffer au poteau pour la qualification. Les joueurs de Laurent Blanc maîtrisaient de plus en plus le ballon et le match, sans pour autant faire frémir plus que de raison l'arrière-garde locale. Manquant de vivacité, de tonus, d'imagination, les Tricolores terminaient le match avec un arrière-goût amer dans la bouche. Eux qui étaient venus pour empocher les trois points ont dû se résoudre à n'en prendre qu'un, alors que le Bélarus en a compilé quatre contre eux. Et c'est cela qui fait que l'équipe de Srange est plus que jamais un prétendant à la qualification.

La seule éclaircie de la soirée n'est pas venue de Minsk, mais de Bucarest où les Roumains ont étrillé la Bosnie-Herzégovine (3-0). Si ce deuxième succès des coéquipiers de Mutu les relance dans la course, elle évite surtout à la France de voir les Bosniens recoller à leurs basques.

Réactions

Bernd Stange (sélectionneur du Belarus): "Dès la première minute, on a essayé d'attaquer, on a réussi à mener mais on a encaissé un but trop rapidement. Nous avons essayé de garder ce tempo, mais en seconde période, on a baissé de pied physiquement. On a attendu les Français qui ont dominé, mais on a réussi à préserver le résultat. Avoir quatre points (en deux matches) contre une aussi grande équipe, c'est un très bon résultat. Je pense que les Français ont très bien joué et ils ont aligné la meilleure équipe possible, mais on a réussi à proposer une belle opposition et nous en sommes fiers. Mais ce résultat aura de la valeur que si on gagne contre le Luxembourg et on luttera jusqu'au bout et à la dernière seconde pour aller au Championnat d'Europe. J'aime beaucoup le football français qui constitue un très bel exemple de la manière dont on doit jouer au football. Je voudrai que nos jeunes joueurs prennent exemple sur ce que fait cette équipe."
Laurent Blanc (sélectionneur de l'équipe de France): "C'est décevant, on a tout fait pour gagner. Le but contre notre camp nous a paradoxalement fait du bien car ça a eu le mérite de nous réveiller. On a manqué de percussion, on a manqué aussi de fraîcheur physique, on le savait. Il y avait la place pour gagner mais je pense que l'on ne méritait pas de gagner ce soir. C'est une équipe qui nous prend quatre points sur deux matches, cela fait beaucoup. Cette équipe n'est pas forcément meilleure que nous mais elle a pris quatre points, c'est la réalité. On se contente de ce point-là, on se serait aussi contenté du point à Paris. Mais c'est vrai que l'on était venu chercher trois points et que l'on n'a pas obtenu ce qu'on est venu chercher."
Razvan Lucescu (entraîneur de Roumanie): "Notre ambition et notre détermination ont fait la différence. Nous avons fait un pressing agressif grâce au soutien fantastique des supporteurs. Ce qui a compté aussi, c'est le fait que la Bosnie ait traité ce match à la légère. Ils étaient convaincus qu'ils allaient gagner, qu'ils allaient gagner au moins un point".
Adrian Mutu (attaquant roumain): "Nous avons fait une très bonne prestation, nous avons joué uniquement en attaque, nous n'avons pas permis à la Bosnie de sortir de sa moitié de terrain. Je croix que nous avons fait un match presque parfait. L'équipe nationale regorge de talents et elle a besoin de confiance et d'unité. J'espère que cela représente un nouveau départ pour nous."
Safet Susic (entraîneur de Bosnie): "Je félicite la Roumanie pour cette victoire méritée. Ils ont été meilleurs, ils se sont créé plus d'occasions sur le terrain. Avant le match j'avais dit à mes joueurs que la Roumanie était le principal concurrent pour la 2e place, nous avons eu la possibilité de l'éliminer de la course par un match nul, mais malheureusement nous n'avons pas réussi à faire cela. Je n'ai pas reconnu mon équipe, c'est comme si elle était une autre, même si j'ai fait appel aux mêmes joueurs du match de Zenica."