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"El Niño" a sorti Liverpool de l'impasse | AFP - IAN KINGTON

Nouvel imbroglio autour du rachat de Liverpool

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Mis en vente par ses propriétaires Tom Hicks et George Gillett en avril dernier, le club de Liverpool a trouvé preneur. Et il ne devrait pas revenir dans des mains anglaises, ni même européennes, puisque c'est le consortium New England Sports Ventures, dirigé par John William II et Tom Warner, qui a raflé la mise, auprès de la direction du club, mais pas encore des actionnaires. Cette entité américaine possède la mythique franchise de base-ball des Boston Red Sox.

Le rouge colle aux basques du consortium New England Sports Ventures. Déjà propriétaire du club de base-ball des Boston Red Sox, il vient de se mettre d'accord pour racheter le club anglais de Liverpool. Un changement de mains mais pas un changement de nationalité pour cette institution britannique qui appartenait aux américains Tom Hicks et George Gillett et qui arrive donc dans l'escarcelle de John William Henry II et Tom Warner, les deux dirigeants de New England Sports Ventures. Reste à savoir comment les supporteurs des Reds vont réagir, eux qui n'ont jamais accepté les précédents dirigeants qui semblent encore vouloir effectuer un bras de fer avec la direction du club.

Comme depuis leur arrivée, les deux actuels actionnaires ne sont pas prêts à suivre les recommandations des Anglais. Quelques minutes avant l'examen des offres de reprises, Hicks et Gillett avaient avancé la possibilité de remplacer la direction actuelle par des proches. Et dans un communiqué publié ce matin, le duo affirme qu'il "résistera à toute tentative de vendre le club sans l'accord des propriétaires". Ils ont même affirme être déterminés à épuiser tous les recours, y compris judiciaires, pour ne pas aboutir à un accord sur cette offre. Mais les deux hommes ont-ils le choix ? Eux, qui ne voulaient (et ne pouvaient ?) plus investir d'argent dans le club, doivent rembourser à la Royal Bank of Scotland la somme de 292 millions de livres avant le 15 octobre. Car leur règne n'a pas correspondu avec une embellie financière, le club étant endetté actuellement à hauteur de 300 millions d'euros. Et si la direction de Liverpool s'enthousiasmait d'avoir reçu "deux excellentes offres" alors que les propriétaires les jugeaient "sous-estimant considérablement" la valeur du club, cette prise de position des propriétaires pourrait bien en refroidir plus d'un. Et le président du club, Martin Broughton, les a accusés dans un communiqué d'avoir "tout essayé pour empêcher un accord" avec New England Sports Ventures alors qu'il a été nommé par eux-mêmes en avril pour mener à bien cette vente. Selon Martin Broughton, le repreneur NESV offrirait 300 millions de livres. Soit assez pour rembourser à temps la dette à la Royal Bank of Scotland, mais c'est moitié moins que les 600 millions de livres exigés par les actuels propriétaires. Les dirigeants de la Premier League sont également intervenus dans ce dossier, en se déclarant prêts à conduire "toutes les procédures d'ici vendredi, afin que la vente puisse aboutir". Personne en Angleterre ne peut se permettre de voir cet illustre club végéter en bas de classement, continuer à creuser son déficit et affoler les tabloïds dans la rubrique judiciaire.

Reste que le rachat reste plus que jamais soumis à l'aval des propriétaires du Club, et un accord final devrait passer par une procédure judiciaire, les relations entre propriétaires et direction étant indéniablement tendus. Avec cette transaction, Liverpool pense que cela peut "lui permettre de se concentrer sur l'investissement dans l'équipe" qui n'est pas au mieux, avec une élimination en Coupe de la Ligue par une formation de 4e division et une peu glorieuse 18e place en championnat.