Samir Nasri
Samir Nasri | BERTRAND GUAY / AFP

Nasri et Menez punis

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La commission de discipline de la Fédération française de football (FFF) a sans doute voulu envoyer un signe fort aux joueurs de l'équipe de France. Alors que le président Noël Le Graët avait estimé qu'une suspension ne serait "pas raisonnable", la Commission de la FFF a pris le contre-pied en infligeant trois matches de suspension à Samir Nasri, et un match à Jérémy Menez. Hatem Ben Arfa et Yann Mvila ont simplement été "rappelés à l'ordre".

La clémence n'était pas de rigueur ce matin. Entendus dans la matinée par la Commission de discipline de la FFF, les joueurs invités à s'expliquer sur leur comportement pendant l'Euro ont eu droit à une belle remontrance. Du moins, seuls Nasri, M'Vila et Ben Arfa y ont eu droit, car Menez -actuellement en tournée avec le PSG aux Etats-Unis- s'est fait représenter par son avocat. Convoqué pour ses insultes à la presse, Nasri a écopé de la sanction la plus lourde: trois matches de suspension en équipe de France. Egalement critiqué pour ses dérapages verbaux vis-à-vis de Hugo Lloris et de l'arbitre d'Espagne-France, Menez a été quant à lui suspendu un match.

Malgré sa courte altercation avec le sélectionneur Laurent Blanc dans le vestiaire de France-Suède (0-2), Ben Arfa n'est pas suspendu, tout comme Mvila, qui avait regagné le banc lors de France-Espagne sans serrer la main de son entraîneur ni de son remplaçant, Olivier Giroud. Si Ben Arfa et Mvila n'ont pas été suspendus ils risquent comme Nasri et Menez une éventuelle retenue sur leurs primes. La commission "transmet au comité exécutif (organe décisionnaire de la FFF), pour ces quatre joueurs, pour mise en application de l'annexe 5 de la convention +joueur équipe de France+ et  retenue éventuelle des primes en partie ou en totalité", précise en effet le communiqué de la FFF.

Blanc absent

A noter que Laurent Blanc, sélectionneur au moment des faits, n'était pas présent, même si il avait la possibilité de témoigner. Les joueurs ont dix jours pour faire appel de cette décision, mais l'avocat de Menez, Me Carlo Alberto Brusa, a d'ores et déjà fait savoir qu'il va conseiller au joueur "de ne pas faire appel". "Les faits étaient avérés et n'ont pas été contestés. La commission a été à  la hauteur de mes attentes. Elle a répondu avec justesse à la situation avec  une décision équitable", a estimé Me Brusa. "Il peut toujours y avoir pire. Cela aurait pu être beaucoup plus grave. Je  vais lui conseiller de ne pas faire appel", a-t-il ajouté, précisant qu'il ne s'était pas encore entretenu avec son client.

Selon le président de la commission de discipline Jean Mazzella, les auditions ont été "sereines", mais il précise tout de même que les joueurs "ne se sont pas  excusés, ils ont regretté". François Ponthieu, candidat à la  présidence de la FFF, a estimé devant l'AFP que les sanctions avaient été "très généreuses". "Il  doit y avoir une vraie rupture sur ces sujets. Je critique le barème et pas la façon dont il a été appliqué. En NBA par exemple, il y a de très fortes amendes et beaucoup plus de matches de suspension", a-t-il fustigé.

Romain Bonte