Marvin Martin joie France 06062011
Marvin Martin tout sourire | AFP

Marvin Martin sur un nuage

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Le milieu de terrain sochalien n'aurait pas pu rêver de plus beaux débuts en équipe de France. Deux buts et une passe décisive pour le joueur de bientôt 23 ans. Même s'il faut savoir raison garder, pendant l'été 1994, un certain Zinédine Zidane avait lui aussi réalisé un doublé lors de sa première sélection (face à la République tchèque, 2-2). Même si la comparaison s'arrête là, Laurent Blanc a certainement apprécié.

Il n'a effectué ses débuts en Ligue 1 avec Sochaux qu'en 2008 (face à Marseille), et a depuis connu une ascension fulgurante. Débuté avec le maillot de son équipe nationale sur le dos n'est pas anodin. Pourtant, à observer le comportement du joueurs dès ses premières touches de balle, on avait du mal à penser que la pression l'envahissait... Plus surprenant encore a été l'attitude de ses coéquipiers qui ont tout de suite tenté avec lui des enchaînements souvent efficaces, alors que l'on a plutôt tendance à épargner les joueurs qui vivent leurs premiers instants en Bleu. Visiblement, Martin avait dû déjà convaincre ses partenaires lors des séances d'entraînements... Et en un quart d'heure de temps de jeu, le joueur au petit gabarit (1m71), n'a pas tardé à convaincre les spectateurs. Entré en jeu à la 76e minute à la place de Cabaye, Martin a donné de la vivacité dans les enchaînements des Tricolores, s'entendant d'ailleurs assez bien avec Franck Ribéry sur le flanc gauche.

Profitant d'un espace devant lui, il a saisi sa chance à la 87e minute pour décocher une belle frappe tendue qui a heurté le montant droit à l'intérieur des cages ukrainiennes. Ses coéquipiers l'ont aussitôt félicité pour ce tout premier but en équipe de France, un but qui leur permettait de prendre l'avantage à 2-1. Meilleur passeur de Ligue 1 cette saison, il a même assumé seul le rôle de tireur de coups de pieds arrêtés. Et c'est ainsi que deux minutes après avoir marqué, le natif de Paris a adressé un corner au millimètre pour la tête de Kaboul qui marquait lui aussi son premier but en sélection. Sur un nuage, Martin se créait des espaces, semait le trouble dans la défense endormie de l'Ukraine et après une combinaison avec Karim Benzema, réalisait le doublé d'une frappe décroisée qui mystifiait le portier adverse, Piatov (90e+2e).

Un air d'Iniesta

A l'instar de Yann Mvila, la performance de Martin n'est pas si surprenante. "Je ne suis pas surpris  par Martin car je connais ses qualités. Il peut débloquer la situation à tout  moment. Pour sa première sélection, il a fait comme Zidane avec une passe décisive en plus. Ce n'est plus ZZ, c'est MM!", a-t-il lâché. "Le coach était très content. En tout cas, nous on a fêté ça en applaudissant très, très fort dans le vestiaire", a raconté le milieu de terrain. Si avec Zidane les comparaisons s'arrêtent là, les comparaisons avec un autre phénomène évoluant dans le même registre et possédant les mêmes caractéristiques physiques, Iniesta en l'occurence, vont bon train. "Marvin me fait un peu penser à  Iniesta. Ce soir, il a démontré qu'il pouvait prétendre à une place dans cette  équipe." Les mots sont de Karim Benzema, qui ne lui en veut visiblement pas de ne pas lui avoir refait la passe sur le dernier but.

"Quand je suis entré, tout  le monde m'a boosté et c'est venu tout seul", a expliqué Martin. "C'est le premier but que je préfère. Le joueur est face à moi. Je fais un crochet, je rentre, je rentre et je prends ma chance. Des buts, des passes, moi j'aime les deux ! Mes téléphones ne font que sonner. Je ne pouvais pas rêver mieux. J'ai envie de jouer tous les matches", a-t-il lancé. Laurent Blanc qui voulait mettre sous pression certains joueurs cadres de son équipe a certainement réussi son pari. Le sélectionneur qui a souhaité à Martin de faire la même carrière que Zidane, a même peut-être fait coup double en récupérant un joueur qui pourrait rapidement devenir incontournable. L'avenir nous le dira.

Romain Bonte