Les Italiens fous de joie après la victoire face à l'Angleterre
Les Italiens fous de joie après la victoire face à l'Angleterre | PATRICK HERTZOG / AFP

L'Italie au bout du suspense

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L'Italie s'est qualifiée pour le dernier carré de l'Euro à l'issue d'un formidable match qui s'est conclu sur un ultime tir au but gagnant de Diamanti (4-2 au terme de la séance). La Squadra ne partira toutefois pas favorite jeudi soir à Varsovie contre l'Allemagne qui bénéficie de deux jours de repos en plus.

En battant l'Angleterre à Kiev aux tirs au but (0-0 a.p.), l'Italie a gagné le dernier ticket pour les  demi-finales, et affrontera l'Allemagne jeudi à Varsovie, tandis que l'autre  affiche opposera deux voisins du sud du vieux continent, avec Portugal-Espagne à Donetsk mercredi.

Début de match à fond les manettes

Les deux équipes entamaient le match en fanfare. La première grosse occasion survenait dès la quatrième minute, une reprise de volée de l'extérieur du pied gauche de De Rossi de 30 mètres qui frappait le poteau droit de la cage gardée par Joe Hart, très heureux sur ce coup-là. Les Anglais n'attendaient pas pour réagir: suite à un centre de la droite de Milner, Glen Johnson se retrouvait en possession du ballon au point de penalty mais son tir du droit était stoppé par une belle parade de Buffon (5e). L'Angleterre effectuait un bon pressing sur la défense bleue dans le premier quart d'heure. Sur une petite merveille de centre de Johnson, Rooney, gêné par Abate, mettait sa tête au dessus du but de Buffon (14e).

A la 25e minute, Balotelli héritait d'un ballon seul à 25 m de la cage anglaise: l'Italien mettait trop de temps à s'amener le ballon devant lui et son tir était contré par le retour in extremis de Terry qui sauvait les siens d'un gros danger de but. Six minutes plus tard, sur un bon service de Montolivo, Balotelli sollicitait Hart, sans réussite. Dans la foulée, Wellbeck tirait au dessus de la cage de Buffon. Puis Hart sortait un tir puissant de Cassano (38e). L'Italie terminait fort cette première période: Pirlo adressait un superbe ballon sur le côté droit de la surface pour la tête de Cassano qui remettait en retrait vers Balotelli, mais Lescott dégageait juste avant que l'attaquant de City ne pousse le cuir au fond des filets. Dans la minute suivante, Balotelli tirait très fort au dessus.

De Rossi rate l'ouverture du score

Dès l'entame de la seconde, De Rossi reprenait de près une tête de Marchisio mais son tir du gauche à bout portant frôlait le poteau de Hart (49e). Trois minutes plus tard, Hart sauvait l'Angleterre sur deux tirs puissants consécutifs de De Rossi puis Balotelli avant que Montolivo ne reprenne juste au dessus. Les Italiens poussaient très fort, encouragés par leurs supporters venus nombreux. Juste avant l'heure de jeu, Balotelli tentait un retourné audacieux dans la surface anglaise mais le ballon passait au dessus. A un quart d'heure de la fin, Rooney manquait d'un cheveu un ballon superbement travaillé par Gerrard. A la 89e minute, Pirlo adressait une merveille de passe par-dessus la défense pour Nocerino qui enchainait contrôle tir, mais Johnson contrait in extremis la tentative de l'Italien. Finalement, les deux équipes se quittaient sur ce score de parité à la fin du temps réglementaire. La prolongation allait tenter de les départager.

L'Angleterre sur les rotules

Dès le début de celle-ci, Nocerino tentait sa chance mais le ballon passait au dessus de la transversale de Joe Hart. Balotelli s'essayait au tir à deux reprises, sans inquiéter le portier anglais. En revanche, Diamanti était tout près de tromper Hart, sauvé par son poteau, sur un centre tir qui semblait anodin (101e). L'Italie dominait mais l'Angleterre résistait. Les hommes de Roy Hodgson procédaient par contres et Walcott faisait passer un frisson dans la défense transalpine. A la 109e, Lescott dégageait de la tête un ballon chaud mis dans la boîte par le talentueux Pirlo. Dans la foulée, l'arbitre refusait un but à Nocerino –sur passe de Diamanti pour un hors-jeu logique (115e). Les Anglais s'arc-boutaient en défense pour s'accrocher à leur rêve de demie. Ils obtenaient le droit de jouer la gagne dans l'épreuve fatidique des tirs au but.

Buffon ce héros

Les Italiens débutaient la série. Balotelli trompait Hart, pourtant parti du bon côté. Gerrard égalisait à ras de terre. Montolivo manquait la cible en tirant à côté. Rooney donnait l'avantage à l'Angleterre (2-1). Pirlo entretenait l'espoir sur une "Panenka" splendide. Puis Young tapait la barre transversale (2-2). Nocerino inscrivait le sien. Pas Cole qui trouvait Buffon sur la trajectoire du sien. Avant que Diamanti délivre les Azzuri en prenant Hart à contre-pied (4-2).

Réactions

Steven Gerrard (Angleterre, éliminé en  quart), sur la BBC: "Je pensais bien que cette fois nous allions avoir un peu  de chance, mais ça n'a pas été le cas. Quand vous arrivez à la séance des tirs  au but, vous priez pour que ça tourne de votre côté, mais nos prières n'ont pas  été entendues. Il faut rendre hommage à l'Italie, une équipe fantastique. Les  gars en défense ont été super. A chaque match, on a rendu le pays fier. Mais  maintenant, nous rentrons le coeur brisé."

Roy Hodgson (sélectionneur de  l'Angleterre): "On a fait de notre mieux, on a travaillé le plus dur possible,  on a surmonté les crampes et les problèmes physiques. On a essayé, on n'a pas  joué pour aller aux tirs au but. On a très bien défendu, surtout lors des  périodes de poussée italiennes. Mais on n'a pas pu saisir notre chance. Ces  joueurs ont tiré des penalties à l'entraînement, car vous le savez, c'est un  peu devenu une obsession dans le football anglais. Et ils ont été très bons,  mais il est impossible de reproduire la façon dont ça se passe en match."

Cesare Prandelli (sélectionneur de  l'Italie): "Je n'ai pas été surpris de dominer. Je savais qu'on pouvait  contrôler le match. Mais j'avais peur de leur laisser trop d'espaces sur les  contre-attaques, mais nous avons su les bloquer. Le président Napolitano nous a  appelés pour nous féliciter. Nous sommes très satisfaits, mais il faut être  prêts pour l'Allemagne. Ils seront favoris bien sûr, ils ont deux jours de  récupération de plus. Mais avec la même envie qu'aujourd'hui, nous aurons une  carte à jouer."