Blaise Matuidi - Equipe de France
Blaise Matuidi, auteur de deux buts en première période face à la Serbie | AFP - FRANCK FIFE

L’Euro 2016 à 24 pays, avantages et inconvénients

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L’Euro à 24 équipes change un peu la donne par rapport aux éditions passées disputées à 4, 8 ou 16. De la présence de nombreux petits pays de football qui nivelle forcément le niveau par le bas à la petite quantité de choc au premier tour, en passant par la possibilité pour les favoris de rentrer plus tranquillement dans la compétition, voici un petit éclairage sur ces nouveautés qui feront l’Euro 2016.

Avantages

-Les petits peuvent participer à une grande compétition
Si l’Euro était resté à 16 équipes, aurait-on eu autant de pays surprises en France ? Le pays de Galles, la Slovaquie et l’Irlande du Nord n’avaient jamais pris part à un Euro. L’Albanie et l’Islande, eux, participeront à leur première phase finale d’une grande compétition (ils n’ont jamais mis les pieds à la Coupe du monde). L’UEFA de Michel Platini avait voulu démocratiser ce championnat d’Europe qui a passé la cinquantaine. C’est fait.

-Les villes hôtes accueillent plus de rencontres
Doubler le nombre de pays présents permet à cet Euro français de prendre une dimension supérieure, comme pour le Mondial 1998 (le premier à 32 équipes). Cela offre davantage de matches qu’avant (51 rencontres au lieu de 31). Surtout, le nombre minimal de matches joués dans chaque ville passe de 3 à 4 (pour Lens, Nice, Toulouse et Saint-Etienne). Bordeaux et Paris en auront 5, Lille, Lyon et Marseille 6 et Saint-Denis 7 dont le match d’ouverture vendredi et la finale le 10 juillet.

-Les cadors peuvent se roder avant le sprint final
Lorsque l’équipe de France a gagné l’Euro en 1984 ou en 2000, elle a dû être prête tout de suite. Avec deux groupes de 4 équipes, il n’y avait pas de round d’observation (1984). Et en l’an 2000, le niveau était tellement relevé qu’il fallait être au top immédiatement sous peine de risquer l’élimination. C’était vrai à 16 équipes, ça ne l’est plus à 32. Certains groupes (celui du Portugal ou de la France) semblent assez peu relevés donc les staffs peuvent déjà se projeter sur la seconde partie de la compétition (sans négliger la première bien sûr). Honnêtement, si les Bleus ne se qualifiaient pas pour les 8e de finale, ça serait un couac terrible.

-Plus de rencontres à élimination directe
Lors des derniers championnats d’Europe des nations disputés à 16 (de 1996 à 2012), la phase initiale était directement suivie des quarts de finale. Il n’y avait donc que 7 matches à élimination directe (quarts, demies et finale). Il y en aura plus du double cette fois (15). Or, quel que soit la compétition (Ligue des champions, Ligue Europa, Coupe du monde), ce sont ces matches à quitte ou double qui intéressent les spectateurs, d’autant qu’ils peuvent s’achever en prolongation ou aux tirs au but, exercice toujours palpitant.

Inconvénients

-Le niveau moyen a baissé
L’Euro 2000 fût l’un des plus relevés de l’histoire avec de nombreux postulants au sacre (Espagne, Portugal, Italie, Pays-Bas sans oublier la France de Deschamps et Zidane, finalement victorieuse). Les Bleus avaient dû se coltiner trois équipes assez fortes ou très fortes d’entrée (Danemark, République Tchèque et Pays-Bas). Cette année, l’équipe de France affrontera la Roumanie, l’Albanie et la Suisse avec l’espoir de terminer en tête du groupe A pour jouer en 8e un troisième de groupe. La présence d’équipes rarement invitées d’habitude nivelle par le bas la compétition. La Hongrie, l’Eire, la Turquie ou l’Ukraine ne se seraient pas qualifiés pour un Euro à 16. Et des interrogations subsistent sur les capacités réelles de l’Albanie, de l’Islande ou de l’Irlande du Nord

-Une phase de groupes qui ne sert pas à grand-chose
Un pays peut espérer accéder à la deuxième phase en tant que meilleur 3e malgré deux défaites ou aucun succès. L’exemple de la Coupe du monde 1986, joué selon la même formule, est là pour le rappeler. Battue par le Danemark et contraint au nul par la RFA et l’Ecosse, l’Uruguay s’était qualifiée pour les 8e de finale au forceps. Quand une compétition à 24 n’élimine que 8 pays après 36 matches disputés, ça rend forcément la première phase moins passionnante.

-Davantage de matches non attrayants
A part les supporters de ces pays et les mordus de foot, qui va vraiment s’enthousiasmer pour des matches comme Albanie-Roumanie, pays de Galles-Slovaquie, Ukraine-Irlande du Nord ou Autriche-Islande ? Le grand public vibrera davantage pour les trop rares affiches du premier tour (Allemagne-Pologne, Espagne-Croatie, Belgique-Italie) en attendant la phase à élimination directe, la plus savoureuse.

-Certaines équipes sont avantagées
Dernier problème et non des moindre dans une phase à 24, et qui n’existe pas dans une phase à 16 ou 32, le calendrier. Vu que les quatre meilleurs 3e (sur 6 groupes) seront qualifiés pour les 8e de finale, mieux vaut être placé dans les groupe E ou F. Les pays de ces groupes-là auront la chance de jouer dans les derniers leur troisième match de groupe et sauront donc ce qu’elles doivent faire pour obtenir leur qualification. Tandis que celles qui auront joué avant n’auront plus leur destin en mains. Le Portugal, mais surtout la Belgique, placé dans le groupe de la mort, pourraient ainsi en profiter en cas de mauvais départ.

Grégory Jouin @GregoryJouin

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