Grèce - Tchéquie Euro 2012 Maniatis  Jiracek
Le défenseur grec Giannis Maniatis (en blanc) et le milieu tchèque Petr Jiracek à la lutte pour le ballon | ARIS MESSINIS / AFP

Les Tchèques mettent la Grèce à terre

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La Grèce s'est inclinée 2-1 face à la République Thèque lors de la 2e journée du Groupe A de l'Euro. Démolis par la Russie (4-1), les Tchèques ont pris très vite les devants pour mener 2-0 après 6 minutes de jeu avant de souffrir en deuxième période après la réduction du score par les Grecs. Si la Grèce est quasi-éliminée, la République Tchèque s'est relancée dans la course à la qualification.

Affaiblie en défense sans son axe central  (Avraam Papadopoulos, blessé aux ligaments croisés du  genou gauche (tournoi terminé), et Sokratis Papastathopoulos, suspendu un match), la Grèce n'a pas pesé lourd face à des Thèques, éliminés en cas de défaite, revanchards et désireux de montrer leur vrai niveau. Grâce à deux buts inscrits durant les six premières minutes - un record de  vitesse dans un Euro -, Petr Jiraceck (3e) puis Vaclav Pilar ont assommé les  Grecs. Après six minutes, la rencontre semblait pliée. La légendaire solidité défensive grecque, qui lui avait permis de conquérir  l'Europe en 2004, en a pris un coup.

Dans cette rencontre entre deux équipes qui avaient beaucoup à craindre de leur défense, tout ou presque s'est joué dans les premières minutes. Sur le premier but, Plasil est bien inspiré et lance Jiracek dans la profondeur, plein axe. Le milieu de Worlsburg pénétrait seul dans la surface et ouvrait bien son pied pour battre Chalkias (3e, 1-0). L'envie de rachat des Tchèques était trop fort pour la volonté des Grecs.  Trois minutes après, Rosicky trouvait parfaitement Gebre Selassie dans le couloir droit. Le défenseur latéral trouvait Pilar qui marquait dans les buts vides (6e, 2-0). Les Grecs ont une nouvelle fois raté leur entame de match.

La bourde de Cech

Mené 2-0 aussi rapidement, les Grecs n'ont jamais eu les ressources nécessaires pour renverser la situation, d'autant moins que les ennuis continuaient à s'accumuler. Les choses ne s'arrangeaient pas pour les joueurs de Fernando Santos avec  la sortie sur blessure du gardien vétéran, Costas Chalkias, 38 ans, à la 22e  minute.  Asphyxiés, les Grecs sortaient un peu la tête de l'eau, en fin de première  période, à l'image du but refusé pour hors jeu de quelques centimètres de  Fotakis.Ouf! Pas d'erreur pour l'arbitre français de l'Euro Stéphane Lannoy, déjà trés bon lors d'Allemagne Portugal.

Epoustouflant  dans la campagne victorieuse de Chelsea en Ligue des champions, le gardien a  commis une bévue invraisemblable sur un ballon facile, heurtant Tomas Sivok et  a laissant le ballon à Gekas (53e, 2-1), qui a marqué juste devant le petit coin bleu de  supporters grecs dans l'océan rouge du stade Municipal (Wroclaw est proche de  la frontière tchèque). Cette réduction du score ne changeait pas vraiment la physionomie de la partie, les Grecs montrant un cruel manque d'imagination en attaque et craignant de s'exposer à des contres en défense.  

Les Tchèques eux ont pris leur revanche de la défaite en demi-finale il y a  huit ans. Ils joueront leur qualification à Wroclaw contre le pays hôte, mais  l'optimisme est revenu. En 1996, perdre le premier match ne les avait pas  empêché d'atteindre la finale. Les Grecs champions d'Europe en 2004 doivent, eux, commencer à penser à un retour au pays même s'ils ne sont pas encore mathématiquement éliminés. l leur faudra se reprendre contre la Russie, la seule équipe qui les avait  battus à l'Euro-2004, avec un but encore plus rapide que celui de Jiracek  (Dimitri Kirichenko, 68 secondes, record de l'Euro). Et rêver encore d'un mircale pour voir les quarts. 

Réactions

Michal Bilek (sélectionneur tchèque) au  micro de la TV tchèque CT4: "Les changements apportés se sont avérés très  positifs. Nous avons fait une excellente première mi-temps. Nous avons contrôlé  la partie et marqué rapidement. Tomas Rosicky a ensuite été blessé et nous  avons perdu en créativité. Nous espérons qu'il va se rétablir bientôt. Nous  avons ensuite concédé un but vraiment bête et étions sous leur pression. Les  Grecs n'ont pas eu beaucoup d'occasions, car nous dominons le jeu aérien. Nous  sommes très contents de notre victoire après le premier match où rien n'avait  marché."

Fernando Santos (sélectionneur  de la Grèce): "Le match à très mal commencé pour nous. On savait que cela  pouvait arriver. Lors de leur premier match, les Tchèques avaient été très  conquérants dès leur entrée sur le terrain, mais bien que nous ayons été mis en  garde, nous n'avons pas réussi à répondre. La même équipe, avec (Giorgos)  Fotakis en plus, a fait une très bonne seconde période contre Pologne (1-1),  nous aurions donc dû faire mieux. Mais il y aurait eu un autre match sans ces  deux buts au bout de six minutes. Nous avions concédé quatre buts en dix  matches de qualifications, et nous avons déjà encaissé trois en deux matches!  Ces minutes nous ont coûté cher. Après, nous étions enfin présents sur le  terrain, nous avons joué avec notre coeur, nous avons tout fait pour égaliser,  mais nous n'y sommes pas parvenus. Il faut maintenant se tourner vers le  dernier match, il y a encore de l'espoir."

Mathieu Baratas