République Tchèque, Portugal, Euro
C. Ronaldo et Jiracek, les hommes en forme côté portugais et tchèque | AFP

Les Tchèques face au défi portugais

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Pour le premier quart de finale de l'Euro, à Varsovie, la République Tchèque, qui a eu toutes les peines du monde à s'extirper de son groupe pourtant abordable, affronte le Portugal, miraculé. Une opposition aux allures déséquilibrées entre la constellation de stars portugaise et le relatif anonymat de la sélection tchèque.

Les deux rescapés

La République Tchèque a sacrément souffert dans le "groupe de la vie", nom donné au groupe A, en opposition au groupe "de la mort", le B, dont est sorti le Portugal non sans difficultés.
Pour les Slaves tout avait mal commencé. Une déculottée infligée par la Russie 4-1 en ouverture de l'Euro semblait les avoir condamnés. C'était avant que le milieu de terrain Jiracek ne se réveille. Grâce à ses deux buts lors des deux autres matches de poule, les hommes de Michal Bilek venaient à bout de la Grèce (2-1) puis de la Pologne (1-0) dans un match couperet, ravissant la première place du groupe.

Le Portugal a connu un parcours similaire face à des adversaires on ne peut plus coriaces. D'abord battus par l'Allemagne (1-0) après avoir touché deux fois les poteaux, les coéquipiers de Cristiano Ronaldo se sont remobilisés. Le Danemark en a fait les frais le premier (3-2), même si la victoire a mis du temps à se dessiner pour les Lusitaniens puisque Varela n'a validé leur succès qu'à la 87e minute. Les hommes de Paulo Bento ont ensuite dominé les Pays-Bas dans la douleur (2-1), après avoir été menés au score. Au total, ils auront touché les montants quatre fois lors de ces trois matches.

Deux équipes à l'aise à l'Euro

La République Tchèque réussit bien à l'Euro. Sur ses quatre participations à l'épreuve continentale, elle a atteint une fois la finale en 1996, s'inclinant devant l'Allemagne (2-1) puis la demi-finale en 2004, battue par la Grèce (1-0).

Le Portugal également a un riche passé dans la compétition. En cinq championnats d'Europe auxquels il a participé depuis 1984, le 11 portugais est toujours sorti des phases de groupe. En 1984, les Lusitaniens étaient stoppés en demi-finale par la France (3-2 a.p) tout comme en 2000 (2-1 a.p), alors que la finale perdue en 2004 à domicile (1-0) contre la Grèce reste un souvenir douloureux pour eux.

Ces deux équipes se sont d'ailleurs déjà rencontrées lors des Euro 1996 et 2008. La première fois, les Tchèques étaient venus à bout des Portugais (1-0) lors d'un quart de finale alors que le sort s'inversait lors de leur deuxième rencontre, cette fois-ci en phase de groupe (3-1 pour le Portugal).

Une faiblesse défensive commune

"Nous avons une identité, construite avec nos idées et nos joueurs. Nous sommes en quarts de finale, nous jouons bien et nous sommes sortis d'un groupe où figuraient les finalistes de la Coupe du monde et l'équipe qui avait fini troisième". Paulo Bento est un sélectionneur comblé. Son Portugal a déjoué les pronostics pour sortir d'un groupe relevé et son leader et capitaine Cristiano Ronaldo s'est réveillé en marquant un doublé face aux Pays-Bas après avoir traversé le début de l'Euro comme un fantôme.

Son pendant sur l'aile droite, Nani, est en feu, multipliant les bons choix. Avec 5 buts en trois matches, le secteur offensif portugais est performant, au contraire de sa défense qui n'offre pas toutes les garanties. Au milieu de terrain, Miguel Veloso peine à trouver son placement et les latéraux Coentrao et Pereira ne sont pas les plus coriaces au marquage, sans oublier le gardien Rui Patricio qui ne rassure personne dans ses buts. Voilà pourquoi leur entraîneur ne veut pas s'enflammer."Nous ne prétendons pas être favoris et ça ne sera pas facile", a-t-il prévenu.

Leurs adversaires tchèques présentent pourtant la même faiblesse défensive qu'eux. Les côtés occupés par Gebre Selassie et Limbersky, joueur évoluant dans le faible championnat local devront se mettre au niveau pour ne pas subir la foudre des deux ailiers lusitaniens. Cependant pour les Slaves, des motifs d'espoir existent. Tout d'abord, ils possèdent un mental d'acier. Peu d'équipes auraient pu repartir après avoir reçu une correction au premier match.

Et encore moins gagner un match décisif sans leur maître à jouer, ce qu'ont fait les Tchèques privés de Tomas Rosicky face à la Pologne. Selon leur sélectionneur, ils ont même "joué un grand football" contre le pays organisateur. Michal Bilek pourra d'ailleurs lui aussi s'appuyer sur deux ailiers performants puisque Pilar et Jiracek, auteurs de deux buts chacun depuis le début du tournoi, affichent une forme étincelante. Il faudra également à la République Tchèque un grand Petr Cech pour relever un défi qui s'annonce bien difficile à surmonter.

Jerome Carrere