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La joie des fans portugais | PATRICIA DE MELO MOREIRA / AFP

Les supporters portugais en liesse

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"Je vous l'avait dit. Les Portugais ne lâchent rien" s'exclame Victor Da Silva, 47 ans, Français d'origine portugaise qui arbore fièrement le maillot de la Selecçao. Les supporters exultent après la victoire de leur équipe contre la France en finale de l'Euro-2016.

"Merci Payet", hurle même ironiquement Mario Fernandes, 48 ans, qui à la mi-temps réclamait "50 000 euros pour la tête de Dimitri Payet", responsable de la sortie de la star de la Selecçao, Cristiano Ronaldo, blessé. En 1984, Victor avait pleuré à Marseille lors la défaite du Portugal face à la France. Dans le bar portugais de César Martins, "Chez César et Paulo", il pleure aussi mais de joie, comme le propriétaire de cet établissement du 14e arrondissement parisien. Les yeux bleus de César sont embués de larmes qui sont essuyées par les nombreuses embrassades entre supporters euphoriques. "C'est la finale qu'aurait aimé jouer Ronaldo", commente Lisa Martins, 18 ans, nièce du patron. Drapeau noué autour des épaules, elle s'est rendue avec son père à Marcoussis pour accompagner en voiture l'équipe du Portugal. Une équipe que les supporters lusitaniens acclament en chantant "Campeon!" de toute la force de leurs poumons.

T-shirt déchiré au niveau du torse, Fernandes Daniel Pereira Ribeiro, 30 ans qui se mordait les poings lors de la sortie de Ronaldo embrasse les paroles de l'hymne portugais affiché sur la façade du bar. Toute la soirée, il a joué les chauffeurs de salle avec la foule peinturlurée l'enjoignant à chanter l'hymne et à crier "Portugal!". Comme lui, Mario Fernandes n'a cessé de croire en la victoire de son pays d'origine malgré la blessure de Cristiano Ronaldo."Cette injustice va apporter un engouement supplémentaire aux joueurs", commentait-il, confiant.

"Ici le football c'est une religion"

Lorsque la civière a sorti du terrain un Ronaldo blessé au genou et en pleurs, la communauté lusitanienne a applaudi à l'unisson pour marquer tout le respect qui entoure sa vedette. L'auteur de l'"attentat" contre Ronaldo a, lui, été durement sifflé par la communauté portugaise lorsqu'il est sorti à son tour à la 57e minute. "On va conjurer le sort", expliquait Victor Da Silva, 47 ans, "Ici le football c'est une religion". "C'est vrai qu'on a mal débuté mais on est la sélection qui a eu le plus de critiques. Et cette année, c'est l'année du Portugal", avait-il conclu, sûr de lui."En France, on aime le foot mais pas comme au Portugal", confirme Emmanuelle Vieira, le visage aux couleurs du drapeau portugais, venue voir le match avec son mari. Une dizaine de membres de la famille du propriétaire du bar a fait le déplacement pour l'événement. Si le drapeau portugais trône bien en évidence devant la façade du bar des Martins, beaucoup de fans de l'équipe de France sont aussi venus regarder la finale dans son établissement.

Ils ont dû cependant accepter d'avoir les commentaires en portugais car "Chez César et Paulo", la télévision est branchée sur la chaîne portugaise de référence, la RTP1.
A l'annonce de la victoire du Portugal, aucune altercation n'a éclaté entre les deux groupes, les supporters Français s'éclipsant discrètement pour laisser les Portugais fêter leur victoire à coups de klaxons.

AFP

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