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Robben au sol | AFP-Monteforte

Les Pays-Bas au plus bas

Publié le , modifié le

Deux ans après avoir atteint la finale de la Coupe du monde, les Pays-Bas sont sortis la tête basse de cet Euro 2012. Avec zéro point au compteur, l'équipe qui faisait pourtant partie des favoris au titre, a fini dernière du groupe B. Après les qualifications de la Grèce et de la République tchèque, il s'agit de la troisième grosse surprise de la compétition.

Trois matches, trois défaites, deux buts inscrits et cinq encaissés, le bilan des hommes de Bert Van Marwijk est pathétique. Après les deux premiers échecs de son équipe, le pourtant très conservateur tacticien avait compris qu'il devrait revoir ses plans au moment d'affronter le Portugal. Mais le mal était déjà fait, et ses ambitions offensives revues à la hausse n'ont pas eu l'effet escompté face à une équipe du Portugal auteur de son match le plus convaincant. Jusqu'à présent, jamais un vice-champion du monde n'avait été éliminé de l'Euro suivant sans avoir marqué le moindre point. Pour espérer décrocher leur billet pour les quarts, les Néerlandais devaient à la fois battre le Portugal par deux buts d'écart, et prier pour que l'Allemagne domine le Danemark. Si l'Allemagne a bien respecté le contrat en s'imposant 2-1 face aux Scandinaves, les Oranje ont perdu sur le même score face à une équipe du Portugal bien décidée à mouiller le maillot.

Le syndrôme de France-2002

Si cette grande désillusion a l'effet d'un petit séisme dans le monde du football, les supporteurs français eux se souviennent probablement qu'ils avaient dû subir une telle déconvenue (la première d'une grande série) lors de la Coupe du monde 2002. Champions du monde et d'Europe en titre, les Bleus se présentaient au Mondial-2002 organisé en Corée et au Japon avec l'étiquette de grand favori. Mais trop sûr d'eux, et plus soucieux de négocier leurs contrats publicitaires que de s'impliquer dans le collectif, les joueurs de Roger Lemerre avaient trébuché dans un groupe largement à leur portée (battus par le Sénégal 0-1, nul face à l'Uruguay 0-0 et défaite 2-0 face au Danemark). Les Néerlandais se sont certainement vus trop hauts dans ce groupe de la mort. Mise à part la présence de la redoutable Allemagne, ils n'imaginaient probablement pas se faire surprendre d'entrée par le petit poucet danois (0-1), et encore moins enchaîner trois défaites d'affilée...

En fin de cycle

Le 4-2-3-1 adopté depuis 2008 par Marco Van Basten et repris par Van Marwijk a certes fait ses preuves, mais a fini par porter préjudice à son équipe. Il a manqué cette touche de folie qui avait tant réussi aux Néerlandais il y a deux ans. Des joueurs tels que Van Bommel (35 ans) ou même Sneijder n'ont plus les mêmes jambes, et surtout, les adversaires ont eu tout le temps d'étudier un système qui n'a connu pratiquement aucun changement depuis la Coupe du monde 2006. Cet échec est aussi lié aux personnalités de certains joueurs. Selon Sneijder, lui et ses coéquipiers ont "perdu les automatismes mis en place depuis six ans". Mais plus que des automatismes, c'est bien le rôle de chacune des stars de cette équipe qui doit être pointé du doigt. Les Oranje n'ont pas joué ensemble, et des individualités comme celle de Robben ont trop voulu prendre le jeu à leur compte, ce qui a rendu prévisible chacune de leurs actions.

Guerre d'égos

Avec des vedettes en perte de vitesse, un système usé, et un collectif grippé par les égos, les Pays-Bas ont plongé. "Il y a tout simplement trop d'égos, expliquait un Robben assez mal placé pour s'exprimer sur le sujet... "Après la Coupe du Monde, ils sont même devenus encore plus gros. Ça rend les choses difficiles. Si on veut faire quelque chose ensemble, on doit mettre nos égos de côté. On doit se battre comme une équipe pour retrouver ce sentiment d'invincibilité", affirmait le joueur du Bayern qui se trouvait précisément en conflit avec Van der Vaart. Et au final, la performance des Oranje s'est transformé en "Gag de l'Euro 2012", comme l'a titré le quotidien populaire Telegraaf. Alors que l'on annonce déjà le départ du sélectionneur, la mission de reconstruction de cette équipe néerlandaise s'annonce périlleuse, d'autant que les éliminatoires de la Coupe du monde 2014 pointent déjà le bout de leur nez...

Romain Bonte