France - Ukraine Benzema Ribéry Nasri Cabaye
Karim Benzema, Franck Ribéry, Samir Nasri et Yoann Cabaye | SERGEI SUPINSKY / AFP

Les Bleus se prennent au jeu

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Plus que la victoire 2 à 0 face à l'Ukraine, sa première en phase finale depuis 2006, c'est le jeu développé par l'équipe de France qui convainc et rassure avant d'aborder la rencontre décisive pour conserver la première place du groupe face à la Suède, éliminée. Le jeu français s'appuie sur le bagage technique des joueurs et une philosophie proche de celle du Barça.

"Sur les deux derniers matches, on a montré qu'on était là. L'équipe de France retrouve des couleurs", affirme Clichy, qui souligne la diversité des talents dont dispose le sélectionneur. Sans parler de match référence, Yann M'Vila estime quant à lui que la victoire sur la pelouse de la Donbass Arena est peut-être le déclic qui manquait aux Français pour viser plus haut. "Ça peut être un tournant dans cette compétition, car on gagne contre le pays organisateur", dit-il en insistant sur la qualité du jeu pratiqué par l'équipe de France. "Gagner en jouant bien, cela peut impressionner d'autres équipes", avance le Rennais. Sans tomber dans l'euphorisme, le jeu français a pris de l'épaisseur depuis quelques rencontres. "On ne peut pas faire 23 matches sans défaite sans faire de matches aboutis" a reconnu le sélectionneur Laurent Blanc.

L'équipe de France s'est doté d'un vrai arsenal tactique que Laurent Blanc utilise à merveille. Contre l'Angleterre, Blanc avait ainsi construit une équipe solide, capable  de tenir la balle et d'encaisser la pression du match d'ouverture. Contre  l'Ukraine, il a misé sur le caractère plus joueur de l'adversaire en optant  pour une formation capable d'occuper la largeur et d'apporter le surnombre.

Une France en mode "Barça"

La France a adopté le crédo du Barça. Conserver la balle, multiplier les et les redoublements et accélérer le jeu dans les derniers 30 mètres. Sans être aussi abouti que le jeu catalan, le jeu français s'appuie sur une volonté de prendre les clés du jeu et de dicter le rythme. L'équipe s'est trouvé une identité technique autours des milieux (Cabaye-Nasri) et d'attaquants (Benzema-Ribéry). Dans ce dispostif, les joueurs ont épuré leur jeu et font la bonne passe au bon moment.

Les relations techniques entre les lignes et au sein des lignes fonctionnent comme la répartition des tâches. L'équipe de France semble animée par un état d'esprit commun: l'envie de jouer ensemble avec altruisme et efficacité. La capacité à faire des passes et proposer des solutions au porteur du ballon s'illustre par le nombre élevé de tirs et de situations offensives créées par les Bleus. Ces derniers ont ainsi cadré dix tirs contre l'Ukraine, le deuxième total derrière l'Espagne face à l'Irlande (4-0). 

Des leaders en vue

Le collectif fonctionne d'autant plus qu'il est sublimé par les individualités. Les deux stars bleues, Benzema et Ribéry, sont en pleine possession et tire le reste de l'équipe vers le haut. Si Benzema n'a pas marqué, il a justifié son rang de patron de l'attaque en offrant sur un plateau deux magnifiques ballons de but à Ménez et  à Cabaye, très en vue depuis quelques semaines. Il ne lui manque plus maintenant qu'un petit but pour briller dans ce tournoi.

Quant à Ribéry, il a été très actif, impulsant la plupart des attaques  françaises et donnant le tournis à une défense ukrainienne statique. La bonne surprise est venu Ménuez qui s'est mis au diapason de ses deux coéquipiers comme Samir Nasri, tout aussi actif en attaque comme en défense.

Une défense pas si mal

Jugé comme le point de faibles des Bleus, la défense n'est pas si mal. Elle n'a concédé que deux tirs cadrés lors de ses deux premiers matches. Personne n'a mieux fait depuis le débit de l'Euro. Si l'axe Rami-Mexès n'offre pas toujours les meilleures garanties, il bénéficie du travail défensif collectif.

C'est le point fort de cette jeune équipe de France. Elle arrive à attaquer et à défendre en bloc. L'activité du duo Cabaye-Nasri illustre cette volonté de participer à toutes les tâches. Même un Ménez, pas friand des tâches défensives, se replace tant bien que mal pour bloquer son couloir. L'abattage d'Alou Diarra, qui a épuré son jeu, est une aubaine pour un quatuor défensif en progrès qui passera un vrai test de niveau face à l'attaque suédoise menés par Zlatan Ibrahimovic.

Une confiance nouvelle

Un jeu offensif de plus en plus abouti, une organisation défensive qui fait ses preuves, les Bleus ont rendu une  copie propre, à même de susciter de grands espoirs. Il leur reste un dernier  petit effort à fournir contre les Suédois pour acter leur renouveau.

Il suffit d'un match nul, ou même d'une défaite par un seul but d'écart mardi à Kiev face à la Suède, déja éliminée, pour que les Bleus se retrouvent en quarts.  La montée en puissance technique et physique avec un brin de confiance en plus est un cocktail parfait d'autant plus que ce fameux cap psychologique désormais franchi en  phase finale va libérer les joueurs. (Avec AFP et Reuters)

Mathieu Baratas