Piqué (Espagne) à la lutte avec Cassano (Italie)
Piqué (Espagne) à la lutte avec Cassano (Italie) | PATRIK STOLLARZ / AFP

La Squadra freine la Roja

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L'Italie, que l'on pensait perturbée par des affaires extra-sportives de paris truqués, a réussi à contraindre l'Espagne au match nul lors du premier match de ce Groupe C à Gdansk (1-1). Di Natale avait ouvert le score pour la Squadra Azzurra mais Fabregas est parvenu à égaliser.

Voire l'Espagne fidèle à ses principes de jeu collectif, de décalages et de passes dans les intervalles n'était pas une surprise. Mais on ne s'attendait peut-être pas à une résistance aussi qualitative de la part des Italiens. Loin de se contenter d'attendre la "Furia Roja" dans sa moitié de terrain, la sélection transalpine profitait du moindre espace pour jouer crânement sa chance. Les meilleures occasions de la première période étaient d'ailleurs à mettre au crédit des partenaires de Pirlo. Cassano ouvrait ainsi les hostilités en inquiétant Casillas (22e) avant qu'Iniesta ne réplique, lui aussi bloqué par Buffon (30e). Venait ensuite le moment des reprises de volée, celle de Marchisio précédant celle d'Iniesta, encore lui, mais les deux meilleurs portiers du monde veillaient au grain à chaque fois.

L'Espagne prompte à réagir

En dépit d'une maîtrise supérieure, l'Espagne commençait à douteur au fur et à mesure que le chrono tournait. Comment contourner ces diables d'Italiens ? A force de chercher, et d'ouvrir des brèches aux Transalpins, ces derniers en profitaient avec leur légendaire réalisme. Parti à la limite du hors-jeu, Antonio di Natale, qui venait de remplacer un Balotelli une nouvelle fois décevant, ouvrait le score d'un plat du pied parfait (1-0, 61e). Mais l'Espagne n'est pas double championne du monde et d'Europe en titre pour rien. Les hommes de Del Bosque, qui restaient sur 28 victoires lors de ses 30 derniers matchs (hors amicaux), ripostaient aussitôt à la suite d'un mouvement typique de la Seleccion avec un jeu en triangle à la pointe duquel Fabregas se trouvait pour égaliser (1-1, 64e).

Revigorés par cette égalisation, les partenaires de Xavi accéléraient le rythme en fin de match mais Buffon, impeccable de bout en bout, écoeurait Torres, le nouvel entrant. L'Italie tenait donc son premier exploit de la compétition. Même si elle est certainement secouée par le scandale des paris truqués, la Squadra Azzurra n'a rien laissé paraître. Soudée comme jamais, cette équipe pourrait continuer à surprendre... Comme il y a quatre ans (0-0), les deux équipes se sont quittées sur un  match nul. Mais point de tirs au but à l'arrivée pour les départager (les  Espagnols étaient finalement venus à bout des Azzurri 4-2 à l'époque). Cette  fois leur sort dans cet Euro dépendra de leurs matches contre l'Eire pour  l'Espagne et la Croatie pour l'Italie, jeudi, pour déterminer leur sort dans ce groupe C.

Déclarations :

Vicente Del Bosque  (sélectionneur de l'équipe d'Espagne): "Je ne termine pas ce match frustré. Je  pense que notre effort a été extraordinaire face à une équipe qui ne s'est pas  contentée de bien défendre. L'Italie nous a joués d'égal à égal. La première  période a été très équilibrée, la deuxième plus à notre avantage. Après  l'égalisation, nous aurions même pu aller chercher la victoire car nous  finissons mieux. Nous avons choisi de commencer avec Fabregas parce que nous  voulions une certaine sécurité au milieu du terrain et pouvoir bien combiner  face à un adversaire qui nous a fait subir une grosse pression. Le fait qu'ils  nous aient empêchés d'avoir une bonne maîtrise du jeu en première période ne  m'a pas étonné: c'est une équipe expérimentée. Par ailleurs, Fabregas a ce  profil un peu particulier qui est d'être un milieu avec un grand sens du but.  Par rapport à l'entrée en jeu de Fernando Torres, je pense que le moment où je  le lance en deuxième période est idéal parce que c'est un moment où le match  est en train de s'ouvrir. A cet instant, c'était le profil de Torres qui  pouvait nous apporter quelque chose"
   
Cesare Prandelli (sélectionneur de l'équipe d'Italie): "Cela a été un match  très intense. Nous avons tenté de mettre la pression sur les Espagnols et  pendant 60 minutes, nous avons joué avec trois défenseurs. Quand nous étions en  possession du ballon, nous en faisions bon usage. Ce qui me laisse insatisfait,  c'est la rapidité avec laquelle ils égalisent. Peut-être aurions nous dû  continuer à contrôler davantage le match à ce moment-là. Sur la décision de  l'Espagne de jouer sans véritable avant-centre, cela nous a un peu surpris.  Mais après en avoir brièvement parlé avec les joueurs, nous avons décidé de  nous en tenir à notre plan de bataille. Je sens tous mes joueurs à 100%, mais  pour la suite, nous devons encore améliorer de nombreux aspects.

Romain Bonte