La Russie sanctionnée.... pour 2016

La Russie sanctionnée.... pour 2016

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La Russie va désormais trembler à cause de ses hooligans: en cas de nouveaux incidents graves pendant l'Euro 2012, l'équipe nationale se verra retirer 6 points pour la prochaine campagne de qualification européenne, celle de l'Euro 2016.

Comme le disait Coluche, "le sursis, c'est pas de prison" mais les Russes ont reçu un avertissement d'une UEFA pour une fois réactive après les débordements répétés des "bas du front" venu de Russie. Si la Russie a fait appel après notification de cette  sanction, les faits reprochés qui remontent à vendredi dernier à Wroclaw (Pologne)  en marge de Russie-République Tchèque (4-1). Près de 24h après ce match, l'UEFA avait ouvert une procédure  disciplinaire contre la Fédération de Russie à cause du comportement de  certains fans de l'équipe nationale.  

Il était reproché, après visionnage d'images et lecture de rapports de  sécurité, aux supporteurs russes une "mauvaise conduite" (bagarres avec des  stadiers à Wroclaw), des jets de fusées et le déploiement de "bannières  illicites" (drapeaux de l'Empire russe à connotation nationaliste). La fédération russe devra en outre payer dès maintenant une amende de  120.000 euros, à moins qu'elle ne fasse appel dans les trois jours après  notification de cette sanction.

Une sanction lourde

L'instance disciplinaire de l'UEFA a ainsi condamné la Russie à six points  de moins pour la prochaine campagne de qualification, celle de l'Euro-2016,  avec un sursis qui commence dès maintenant, pendant l'Euro 2012, et s'achèvera  après les barrages des qualifications de l'Euro 2016, soit à l'automne 2015. Pour que ce sursis tombe et que le retrait de points soit effectif, il  faudrait que l'instance disciplinaire de l'UEFA constate des faits d'ampleur  similaire. Parallèlement à cela, l'UEFA enquête toujours pour savoir si des incidents  racistes avaient été causés par des fans Russes, visant le joueur tchèque  Theodor Gebreselassie, de père éthiopien. Cette sanction ne concerne pas les incidents en marge de Pologne-Russie  (1-1) mardi soir à Varsovie, entre hooligans russes et polonais dans les rues  avant le match. Ces accrochages mardi soir, qui ont fait une vingtaine de blessés légers,  se sont ainsi soldés par l'interpellation de 184 hooligans, majoritairement  polonais (157) selon la police.

Les six points de retrait avec sursis sont une menace lourde. Il  suffit de regarder les qualifications de l'Euro 2012: Les Russes avaient fini  en tête de leur groupe B avec 23 points, devant l'Eire, 21 points, et  l'Arménie, 17 points. Avec 6 points en moins, la Russie n'aurait pas été  qualifiée directement et aurait, dans le meilleur des cas, peut-être dû en  passer par les barrages.

UEFA: "Zéro tolérance"

Quoiqu'il arrive, la Russie, en tête du groupe A de l'Euro-2012, avec 4  points, n'aura pas de retrait de points dans cet Euro en Ukraine et en Pologne. Mais les six points de retrait avec sursis sont une menace lourde au dessus  de l'équipe russe pour sa prochaine campagne de qualification à l'Euro 2016 en  France, qui sera le premier Euro à 24 équipes. Cette sanction illustre la politique de "zéro tolérance" de l'UEFA en  matière de hooliganisme.  Les sanctions attendues étaient plutôt de l'ordre du simple avertissement à  l'amende adressée à la Fédération russe.

Quatre membres du service d'ordre polonais avaient été frappés vendredi  dernier à Wroclaw par des supporteurs russes dans le stade après le match,  avait annoncé la police locale. Sur un film amateur diffusé par la télévision polonaise TVN24, on voit un  groupe de jeunes supporteurs russes excités en train d'attaquer à coups de  poing et de pieds les bénévoles vêtus de gilets verts du service d'ordre dans  le stade, certains étant frappés alors qu'ils étaient à terre. Quatre personnes avaient été temporairement hospitalisées à la suite à cet  incident. Par ailleurs, des rapports avaient fait état également pendant le  match contre les Tchèques du déploiement de drapeaux de "l'Empire Russe" en  tribunes, souvent utilisés par des mouvements d'extrême droite, et considérés  comme des moyens de provocation politique dans cette partie de l'Est de  l'Europe.

Mardi soir au Stade National de Varsovie, les fans russes avaient déployé  au dessus de leurs têtes une banderole géante représentant un chevalier en  armure, avec bouclier et épée brandie, avec la mention en anglais "This is  Russia" (Ca c'est la Russie). Ils ne croyaient pas si bien faire, l'épée de  Damoclès est sur leurs têtes.

La Russie va faire appel

Dans un communiqué, la fédération russe a brièvement indiquée qu'elle se préparait à interjeter appel, ce qui sera officiel "après le temps imparti pour ce type de procédure". "La Fédération fera tout son possible pour éviter que la sélection nationale ne reçoive une sanction aussi sévère", peut-on lire par ailleurs dans ce texte, où l'organisation russe condamne les débordements de ses supporters.   

AFP