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Dzagoev et les Russes voudront être les premiers qualifiés pour les quarts de finale | Vladimir Pesnya / AFP

La Russie première de cordée?

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Au cours de premiers matches où Russie et Grèce ont pris un avantage sur leurs adversaires, comptable pour les uns psychologique pour les autres, cette deuxième journée pourrait déjà offrir quelques verdicts dans le groupe A. Mais la Pologne et la République Tchèque n'ont pas dit leur dernier mot et peuvent renverser la tendance.

L'affiche : Pologne – Russie

Après leur entrée poussive dans la compétition, les Polonais doivent une revanche à leur public. La presse les a d'ailleurs exhortés à barrer la route à l'insolente Russie qui a offert une démonstration face à la République Tchèque (4-1) et arrive en pleine confiance, invaincue depuis 15 rencontres.

"C'est un combat pour le résultat, pour l'honneur, pour une place dans  l'Histoire", s'excite Gazeta Wyborcza. Le tabloïd Super Express va plus loin, le présentant en uniforme, à cheval, sabre à la main, réclamant "un deuxième miracle sur la Vistule" en  allusion à une bataille gagnée par la Pologne contre les Russes en 1920.

Plus que de rivalité sportive, ce match sera chargé d'histoire. La domination russe au XIXe siècle sur la majeure partie des territoires polonais, l'invasion de l'Armée rouge stoppée en 1920 aux portes de Varsovie, le massacre sur l'ordre de Joseph Staline de milliers d'officiers polonais en 1940 à Katyn restent en effet dans toutes les mémoires polonaises.

Certains parlent même de complot du Kremlin dans le crash de l'avion présidentiel durant lequel Lech Kaczynski, alors en poste, avait trouvé la mort en 2005 sur le sol russe. Pour ne rien arranger, les supporters soviétiques ont brillé par leur bêtise depuis le début de l'Euro. Entre cris racistes et bagarres multiples, une procédure disciplinaire a même été ouverte contre eux.

Le joueur à suivre : Alan Dzagoev

Auteur d'un doublé lors du match d'ouverture, la petite perle du CSKA Moscou, 21 ans seulement, pourrait donner du fil à retordre à l'arrière garde polonaise. Elu meilleur espoir de Russie en 2008, le gamin de Beslan possède une vision de jeu et un sens du collectif peu commun (ndlr, 11 passes décisives en championnat de Russie cette saison) comme l'expliquait son ancien entraîneur Igor Rodkin.

"A notre époque, rares sont les joueurs pour lesquels gagner est plus important que les bonus. Mais Alan est comme ça". Son admiration avouée il y a peu pour Davor Suker, ancien prolifique attaquant croate, explique sûrement son adresse dans la finition.

Les enjeux : Jour de premières?

La Russie peut être la première équipe à se qualifier pour les quarts de finale en cas de victoire sur la Pologne. Qu'importe le résultat, les locaux ne seraient pas éliminés de la compétition mais hypothèqueraient sérieusement leurs chances de sortir des poules en s'inclinant devant les hommes de Dick Advocaat.

Surtout si la rencontre entre Tchèques et Grecs accouche d'un vainqueur. D'ailleurs, s'ils perdent ce match, les coéquipiers de Tomas Rosicky seront les premiers éliminés de cette édition. L'absence des deux défenseurs centraux grecs titulaires Papadopoulos (blessure) et Papasthopoulos, exclu face aux Polonais, pourrait leur faciliter la tâche.

L'info en plus : Les Tchèques ne sont pas nuls

Statistique étonnante, la République Tchèque n'a pas réalisé de match nul en phase finale de l'Euro depuis sa première participation à la compétition continentale en 1996, et une demi-finale gagnée aux tirs au but face à la France (0-0, 6 t.a.b à 5). Depuis cette date, la sélection aujourd'hui dirigée par Michael Bilek a enchaîné seize rencontres sans score de parité. La devise "Vaincre ou Mourir" n'a jamais trouvé meilleure incarnation.

Jerome Carrere