Ribéry à la lutte avec Iniesta lors de France-Espagne
Ribéry à la lutte avec Iniesta lors de France-Espagne | JEFF PACHOUD / AFP

La Roja, la gagne plutôt que le jeu

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Championne du monde et d'Europe, l'Espagne va défendre son titre européen dimanche face à l'Italie pour réaliser un triplé inédit. Et pourtant, malgré un parcours presque parfait, la Roja ne séduit plus. Le culte du beau jeu est désormais supplanté par le culte de la victoire.

Un jeu de passe statistique

Possession, passes, occupation, l'Espagne n'a pas perdu les fondements qui ont fait ses succès depuis 2010. Avec 65% de possession face au Portugal, qui a pourtant rivalisé, la Roja est toujours la plus forte dans l'art de conserver la balle. Dotés d'un bagage technique exceptionnel, les milieux espagnols, le trio catalan Busquets-Xavi-Iniesta en tête, font tourner la balle à merveille grâce à 86,1% de passes réussies. Quitte à en abuser. Les Espagnols évoluent en confiance grâce à son jeu, le "tiki-taka", fait de passes  courtes et répétées. Le problème est la stérilité du jeu de passe et sa linéarité. En gros, les Espagnols ont la balle mais ont plus de mal à faire les décalages et à changer de rythme. Bref, c'est tout en contrôle mais un brin statique.

Une défense solide

Si l'attaque tourne au ralenti, la défense espagnole n'a jamais été aussi efficace. Autour d'un un axe Ramos-Piqué-Casillas fort et en confiance, l'organisation collective est sans faille. D'Iniesta à Alba, tout le monde défend. "C'est toujours bon de s'appuyer sur un bon socle devant le gardien", a reconnu le sélectionneur Vicente Del Bosque. L'Espagne n'a pas pris de buts de 420 minutes depuis un but de l'Italien Di Natale en phase de poule (1-1). Autre chiffre: l'Espagne n'encaisse plus de but lors des matches couperets. Déjà deux matches sans prendre de but qui s'ajoutent au quatre victoires lors de la Coupe du monde. Un véritable savoir-faire.

Une attaque sans buteur

En revanche, l'attaque espagnole, orpheline de David Villa (jambe), n'est pas aussi flamboyante. Le sélectionneur Del Bosque a essayé un neuf menteur (Fabregas) et deux neufs (Torres, 2 buts, Negredo, 0 but) avec un bilan mitigé dans l'animation."L'Espagne possède de multiples ressources aux avant-postes" continue de dire Del Bosque. Face à une défense italienne très solide, le choix de placer Fabregas ou un attaquant de métier en dire plus sur les intentions espagnoles qui donne l'impression parfois de vouloir plus contrôler que marquer.

Un Espagne sûre d'elle

Del  Bosque  a dit accepter que ses options tactiques ne fassent pas l'unanimité mais à ses yeux il n'y a aucune raison de changer le style de jeu de son équipe. "Peut-être que les attentes sont trop grandes désormais et les gens ne seront jamais satisfaits", a-t-il commenté. "Nous étions pauvres et nous sommes devenus riches si rapidement que les gens n'apprécient plus la valeur des choses", a expliqué Del  Bosque. La Roha s'est même le plus souvent  montrée sûre de sa force sans jamais faire preuve d'arrogance. En fait, excepté l'Italie en poule (1-1), aucune équipe n'est arrivée à trouver de solution face à l'Espagne. Dimanche en finale contre… l'Italie, l'Espagne s'accrochera à ses certitudes pour un triplé inédit.

Mathieu Baratas