Le penalty de Samir Nasri
Le penalty salvateur de Samir Nasri | BERTRAND GUAY / AFP

La France qualifiée pour l'Euro

Publié le , modifié le

Que cette qualification fut difficile à obtenir ! Mais l’essentiel est acquis, l’équipe de France a bel et bien décroché son billet pour le Championnat d’Europe 2012 qui se déroulera en Ukraine et en Pologne (du 8 juin au 1er juillet). Bousculée et dominée par une brillante équipe de Bosnie-Herzégovine, la France a pu revenir au score (1-1) grâce à un pénalty de Nasri à dix minutes de la fin…

Après quelques jours de doute, Laurent Blanc pouvait finalement titulariser Eric Abidal, mais aussi Patrice Evra, et Yohan Cabaye. Ces retours permettaient surtout au sélectionneur d’aligner son profil d’équipe type, un 4-2-3-1, avec Rémy en pointe. Cette disposition avec un seul attaquant permettait à Jérémy Ménez de débuter, laissant Bafetimbi Gomis en tribunes.

Dzeko, l’une des principales armes bosniennes, donnait le ton en tentant une frappe de 35 mètres dès les premières secondes, mais en vain. Et le rythme ne faiblissait pas pendant les minutes suivantes, la pression des « Dragons » déstabilisant les relances tricolores. Et c’était même la défense qui était déstabilisée, à l’image d’une faute de Réveillère dans la surface qui aurait pu profiter à Lulic. La possession de balle était clairement en faveur des hommes de Safet Susic, mais les Bleus, grâce à une interception de M’Vila s’offrait un contre en or, mais Rémy perdait son face à face avec le gardien adverse.

Les Bleus amorphes

Techniquement, les Bosniens étaient clairement au-dessus et les statistiques parlaient d’elles-mêmes au bout d’un quart d’heure avec sept tirs pour les Bosniens, contre aucun pour les Bleus. Il fallait attendre la 20e minute pour voir le jeu s’équilibrer, même si Dzeko ratait le cadre. Mais après tant d’alertes, la défense tricolore, très peu en verve, se laissait encore surprendre par un coup franc très rapidement tiré par Lulic, et cette fois, Dzeko ne laissait aucune chance à Lloris sur une frappe enroulée (1-0, 40e). L’ouverture du score douchait littéralement le public parisien, qui sentait que les barrages commençaient à se rapprocher.

Et le début de deuxième période ne donnaient pas plus satisfaction, loin de là. Les minutes s’égrainaient, les décisions de l’arbitre écossais M. Thomson laissaient perplexes, et les premiers changements de joueurs côté tricolore intervenaient, avec Gameiro prenant la place de Malouda et Martin remplaçant Cabaye à l’heure de jeu. Menez se repositionnait à gauche, et déjà, on sentait que le jeu tricolore allait dans le bon sens. Laurent Blanc demandait à ses joueurs de calmer le jeu, car il ne fallait pas se précipiter.

Nasri en sauveur

A la 68e, Martin cadrait bien sa frappe sur un coup franc de 25 mètres, mais le dernier rempart, Hasagic, déviait le ballon en corner. Sur un nouveau coup franc, Nasri voyait son tir dévié par le gardien bosnien sur la barre (71e). Mais ce n’était que partie remise pour le joueur de Manchester City, qui mettait le feu côté gauche, et qui provoquait surtout un pénalty après avoir été accroché par Spahic. Nasri s’emparait aussitôt du ballon, et se chargeait de transformer ce pénalty, pour le plus grand plaisir des Tricolores (1-1, 78e). Les Bosniens accusaient le coup, et les Bleus en profitaient pour se procurer enfin de nouvelles occasions, et finalement atteindre le but principal, la qualification !

Réactions
Laurent Blanc
: "On est heureux car on s'était fixé comme objectif d'aller à cet Euro, qui est important pour les joueurs et tout le football français. Ca a été dur mais depuis que l'on a repris l'équipe de France, rien n'est facile. Il y a eu un problème de pression qui a inhibé les joueurs en première période mais aussi il y a eu, il faut le reconnaître, la qualité de ces joueurs bosniens. Ils ont fait une excellente première mi-temps, ils ont ouvert le score par leur meilleur joueur. Il n'y avait pas photo entre eux et nous en première mi-temps. Après, on a réalisé une bonne seconde mi-temps. Que reste-t-il à améliorer? Je ne sais pas par quoi on va commencer...Il y a une progression, certains joueurs prennent de plus en plus d'importance dans le groupe. On a dessiné un groupe qui commence à s'affirmer, où l'état d'esprit est irréprochable. Ce sont des éléments de base, il faut rajouter de la qualité maintenant."
Samir Nasri: "Avant le match, le coach nous a demandé qui voulait tirer les penalties. Comme toujours, je me suis désigné. Après, j'ai pris la balle et j'ai tiré! Ca a été difficile. Comme tout le monde l'avait annoncé, c'était une véritable finale. L'équipe bosnienne a super bien joué au ballon et nous a posé des problèmes. La force des équipes c'est de réagir, de ne pas se laisser abattre. Après la première mi-temps, on a parlé, on s'est retrouvé et on fait ce qu'il fallait pour arracher cette qualif'."
Kevin Gameiro:
"On est libéré, on a  rattrapé notre 1re période catastrophique et on a su réagir puisque la  qualification est au bout. A la mi-temps, Laurent Blanc nous a demandé ce qu'on  voulait, si on voulait aller à l'Euro. Tout le monde s'est remis en question.  Les Bosniens ont fait un très bonne 1re période. Tactiquement, ils ne sont pas  mauvais du tout. Je suis très content, c'est magnifique. Il y avait beaucoup de  pression sur nous mais on a fait le travail."

Romain Bonte