Franck Ribéry, Samir Nasri, Karim Benzema et Yohann Cabaye, heureux après le premier but
Franck Ribéry, Samir Nasri, Karim Benzema et Yohann Cabaye, tous heureux après le premier but | FRANCOIS NASCIMBENI / AFP

La France dispose de la Serbie 2-0

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Auteur d'un début de match canon, les Bleus ont surclassé la Serbie 2 à 0 grâce à des buts de Franck Ribéry (11e) et Florent Malouda (15e). Virevoltants, les hommes de Laurent Blanc ont convaincu et poursuivent leur série d'invincibilité portée à 20 rencontres. Seul point noir de la soirée la blessure de Yann Mvila.

Ce France-Serbie avait mal commencé après la sortie prématurée du milieu Yann Mvila, victime d'une sale entorse de la cheville droite. Un coup dur pour ce pilier du milieu français dont la tristesse contrastait avec le début de match euphorique des Bleus. Poussifs contre l'Islande malgré la victoire (3-2), les Bleus montraient en quinze minutes qu'ils avaient des jambes, de l'envie et (enfin) du collectif. La thèse de la montée en puissance progressive est validée et le moral est  au plus haut pour une formation qui aura pour mission en Ukraine de gommer  quatre ans d'errements et de s'extraire de sa poule, ce qui ne lui est plus  arrivé depuis 2006.

Malouda et Ribéry en grande forme

"On n'est pas encore prêt" a constaté Laurent Blanc

A l'initiative d'une action offensive, Franck Ribéry, à l'affût à l'entrée de la surface, reprenait un centre repoussé de Clichy et inscrivait son deuxième but en deux rencontres, son neuvième sous le maillot bleu (1-0, 11e). Le Munichois a retrouvé sa vitesse et son flair. Sans aucun doute. Après un une-deux avec Malouda, Karim Benzema perdait son duel avec le gardien serbe (14e). Euphorique, les Bleus accentuaient leur pression et Malouda saisissait sa chance après une belle récupération de balle de Réveillère. Une frappe de 25 mètres lumineuse du milieu de Chelsea se logeait dans la lucarne droite de Brkic (2-0, 15e). Une frappe chronométrée à… 98 km/h. Le stade Auguste Delaune exultait. Le plaisir pris par les joueurs étaient réels. Un quart d'heure enthousiasmant.

Les Bleus affichaient une volonté de jouer à vite vers l'avant à une touche de balle, de provoquer en un-contre-un et de proposer des solutions collectives. Avec un milieu renforcé, la formation était plus équilibrée que face à l'Islande. Les occasions françaises pleuvaient à l'image de la frappe de Nasri à droite (24e). La reprise de Malouda sur un centre de Nasri (37e) ou la talonnade de Benzema (39e) auraient pu avoir un meilleur destin mais elle témoignait de la construction des offensives tricolores. La preuve avec 374 passes réussies lors de cette première période."On a entrepris beaucoup d'actions offensives et deux buts, c'est positif" a souligné le patron des Bleus Laurent Blanc avant d'ajouter que l'équipe "a une meilleure fraîcheur physique, mais on n'est pas  encore prêt".De bon augure.

Aucun but encaissé

"On recherche la perfection mais elle n'existe pas" a souligné Laurent Blanc

Après une telle mi-temps, difficile pour les Bleus toujours en préparation de maintenir le rythme physiquement et mentalement. "On recherche la perfection mais elle n'existe pas" a souligné Blanc pour excuser cette baisse de régime. Logiquement, l'intensité du match a ensuite peu à peu décru. En outre, les Serbes étaient décidés à réagir et tenaient mieux le ballon. Après vingt minutes de flottement, les entrées de Giroud, Menez et Martin puis celles de Rami et Ben Arfa ont redonné un peu de tonus mais pas plus de liant dans le jeu. Les attaques léchées de la première mi-temps laissaient place à un jeu plus anodin sans doute en raison d'un travail physique à digérer.

Malgré une baisse de régime en attaque et quelques fautes d'inattention, les Bleus conservaient une solidarité et une solidité défensive qui avaient fait défauts face à l'Islande. La défense n'a pas pris de but dans un temps faible. A part gommer cette inconstance, les Bleus ont franchi un palier dans leur progression en attaque, en défense et physiquement. Des joueurs -Clichy, Malouda, Nasri- ont relancé la concurrence. "On vient de rencontrer l'Espagne et la France et les  deux équipes nous ont fait forte impression", a reconnu le sélectionneur serbe Sinisa Mihaljovic. Bref, une bonne soirée avant un dernier match face à l'Estonie. "Je suis assez satisfait" a abondé Blanc Vivement l'Angleterre! 

Mathieu Baratas