La déception des Belges Toby Alderweireld et Kevin De Bruyne
La détresse des Belges Toby Alderweireld et Kevin De Bruyne après l'élimination de leur équipe en quarts de finale de l'Euro | AFP - EMMANUEL DUNAND

La Belgique panse ses plaies après son élimination

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Souvent citée parmi les favoris pour le dernier carré de l'Euro-2016, la Belgique a été sortie sans ménagement par le pays de Galles (3-1) vendredi soir. "C'est la plus grosse déception de ma carrière", a souligné Thibaut Courtois, le gardien de but, qui a égratigné la tactique employée par son sélectionneur, Marc Wilmots, lequel n'a pas voulu se prononcer à chaud sur son avenir. "Il va falloir trouver un moyen de faire progresser cette équipe", a ajouté Kevin De Bruyne.

Du gaspillage. La génération dorée emmenée par Eden Hazard a manqué une occasion... en or de rejoindre le dernier carré de l'Euro, plombée vendredi face au pays de Galles (1-3) par ses lacunes individuelles et tactiques, qui pourraient coûter cher au sélectionneur Marc Wilmots.

"C'est la plus grosse déception de ma carrière car nous avions une occasion unique d'aller en finale", résume le gardien Thibaut Courtois, le joueur le plus critique vis-à-vis de Wilmots. Vendredi, la tactique du sélectionneur était remise en cause par Courtois qui pointait "les mêmes erreurs et les mêmes problèmes" que lors de la défaite initiale face à l'Italie (0-2)." J'ai dit ce que j'avais à dire dans le vestiaire après le match, j'ai mis le doigt là où il fallait le mettre après la rencontre", a ajouté le portier de Chelsea. "On commence bien la rencontre, on se crée 2-3 occasions et on met le but. Mais après on retombe trop dans notre camp, on laisse trop d'espaces et on n'avait pas de répondant. Ils ont eu plus d'occasions que nous et se sont montrés plus dangereux. Ils contrôlaient le match et on sentait que l'on ne savait pas se procurer d'occasions. On doit rester intelligent (et ne pas trop s'énerver après ce match, ndlr). On est jeune et on va encore vivre longtemps ensemble. Mais c'est une déception, car on avait une chance en or pour aller en finale."

Dans ces deux matches, les Diables Rouges ont montré leurs difficultés face aux équipes organisées en 3-5-2 pour installer une grosse présence au milieu. "Nous ne parvenions pas à récupérer le ballon", constate Kevin De Bruyne. L'objectif fixé par la Fédération, la demi-finale, n'a pas été atteint. Wilmots se retrouve dans une position délicate, deux ans après une élimination au même stade lors du Mondial brésilien. En début de tournoi, il avait implicitement fait savoir qu'en cas d'élimination en quart, il poserait la question de confiance à ses joueurs. Vendredi, seul Eden Hazard assurait que "les 23 joueurs soutiennent le coach. On est tous derrière lui. On souhaite qu'il continue". A quelques mètres de son capitaine, Kevin De Bruyne était moins affirmatif: "Il va falloir trouver un moyen de faire progresser cette équipe". Entre les lignes: avec quelqu'un d'autre...

Samedi matin, le quotidien Het Laatste Nieuws, le journal le plus lu au plat pays, a réclamé la tête du sélectionneur: "A la pause, en faisant entrer Fellaini et en repositionnant De Bruyne à droite, Wilmots a remis en place le même système de jeu qui avait complètement échoué face à l'Italie". Mais pour la première fois depuis quatre ans et l'arrivée de Wilmots à la tête des Diables, la presse flamande n'est plus la seule à demander le départ du coach francophone. Au sud du pays aussi, à l'image de La Dernière Heure, on estime que "ce tournoi est un échec: Wilmots doit s'en aller".

Pas de "fighting-spirit"

Outre ses "lacunes tactiques", il est aussi reproché à l'entraîneur national de s'être obstiné à maintenir en pointe un Romelu Lukaku qui aura galvaudé bon nombre d'occasions au cours des cinq matches disputés en France.
Vendredi encore, le buteur d'Everton a manqué plusieurs possibilités de remettre les siens dans le match, Wilmots attendant la 80e minute pour le remplacer par Michy Batshuayi, davantage renard des surfaces, estiment ses partisans.

Le camouflet subi face aux Dragons de Gareth Bale est-il toutefois imputable au seul coach? Les Diables Rouges ne se seraient-ils pas vu trop beaux, à l'image d'Eden Hazard tentant de forcer les exploits individuels plutôt que s'appuyer sur le collectif ? Wilmots n'a en tout cas pas été aidé par les nombreuses défections dans sa défense. Avant le tournoi déjà, il avait dû acter les renoncements sur blessure de Vincent Kompany, Bjorn Engels, Nicolas Lombaerts et Dedryck Boyata. Vendredi, Thomas Vermaelen (suspendu) et Jan Vertonghen (blessé) ont dû laisser leur place aux jeunes (21 ans) Jason Denayer et Jordan Lukaku dont les prestations insuffisantes (notamment sur les deux premiers buts gallois) ont largement contribué à la déroute.

Pour expliquer la défaite, d'autre joueurs pointent aussi un problème de mentalité, comme Thomas Meunier: "On était sûrement pas moins forts mais on a manqué de +fighting spirit+ (combativité)". Et le défenseur d'enrager: "On devait aller en finale, on ne pouvait pas perdre".

AFP