Layvin Kurzawa (équipe de France)
Layvin Kurzawa (équipe de France) | MARTIN BUREAU / AFP

Kurzawa, Payet, Gignac, Ben Yedder : les 4 paris de Deschamps

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Le sélectionneur Didier Deschamps dévoilera sa liste ce jeudi pour les matches France – Portugal du samedi 11 octobre et Arménie – France du mardi 14 octobre. En l’absence de quelques cadres dont Mathieu Debuchy, Mamadou Sakho ou Olivier Giroud, et dans l’optique d’élargir le groupe en pensant à l’Euro 2016, quelques joueurs en forme pourraient effectuer leur retour (les Marseillais André-Pierre Gignac et Dimitri Payet) ou être appelés pour la première fois comme le Toulousain Wissam Ben Yedder et le Monégasque Leyvin Kurzawa.

Kurzawa, un couloir à prendre

La valeur n’attend point le nombre des années. A tout juste 22 ans, Leyvin Kurzawa incarne l’avenir de l’équipe de France au poste de latéral gauche. Meilleur que Gaël Clichy, plus souvent titulaire en Ligue 1 que Lucas Digne –barré au PSG par Maxwell-, le joueur de l’AS Monaco semble suivre les traces de ses glorieux ainés azuréens, Manuel Amoros ou Lilian Thuram, arrières latéraux aux carrières bien remplies. Il se rapproche chaque jour un peu plus de Patrice Evra (33 ans et demi), conforté par Didier Deschamps durant et après le Mondial brésilien. L’international espoir natif de Fréjus possède des qualités de vitesse et d’endurance qui lui permettent d’effectuer un grand nombre de courses durant un match. Il dispose également d’une technique très juste et d’une capacité à bien centrer qu’on trouve rarement en Ligue 1 (déjà 2 passes décisives). Il a des chances d’être convoqué très rapidement par Didier Deschamps. Et gageons qu’il deviendra à terme un pilier des Bleus sur ce flanc gauche où Lizarazu et Abidal ont été les derniers à faire l’unanimité.

Payet, pour étoffer le groupe

Après un dernier exercice difficile, au point qu’il était censé quitter le navire cet été, Dimitri Payet revit cette saison à l’OM. L’ancien Nanto-Stéphano-Lillois (27 ans) arrive à maturité après quelques années où il a alterné le brillant et le décevant. Doué techniquement, l’ancien Payet se planquait parfois quand il baissait de pied physiquement au cours d’un match. Cela ne semble plus être le cas depuis l’arrivée de Bielsa qui ne lui pardonne rien mais qui l’adore, au point d’en avoir fait le dépositaire du jeu phocéen après le départ de Mathieu Valbuena pour le CSKA Moscou. Le feu-follet olympien a épuré son jeu, déliassant les dribbles superflus pour rester sur des choses simples mais efficaces. Il distribue les caviars et fait marquer ses partenaires (2 passes décisives) sans oublier de scorer à son tour (déjà 3 réalisations en 8 rencontres cette saison). Il devrait bénéficier d’une nouvelle chance en équipe de France car sa facilité à se créer des occasions plait à Didier Deschamps. Ses six sélections ne devraient pas rester sans lendemain même si les places sont chères sous le maillot bleu.

Gignac, dernière chance ?

André-Pierre Gignac aura toujours ses partisans et ses détracteurs. L’attaquant de l’OM (29 ans le 5 décembre) ne fera jamais l’unanimité, et il le sait. Qu’importe, il réalise un début de saison excellent avec un but par match (8 buts déjà inscrits en 8 rencontres !). Dans le système Bielsa où tout le monde fait les efforts pour le collectif quitte à se mettre sur le toit, l’ancien Toulousain a retrouvé ce qui faisait sa qualité première : la spontanéité. Il court et tente sa chance dès que possible sans oublier de servir ses partenaires si besoin est, comme ce service trois étoiles à Dimitri Payet dimanche soir contre Saint-Etienne pour le second but phocéen. Avec 4 buts marqués en 17 sélections, Gignac n’a pas à rougir même s’il n’a jamais vraiment pu prétendre à mieux qu’une place de joker. Ca tombe bien : Olivier Giroud est blessé et personne ne se dégage réellement derrière Karim Benzema –même si le sélectionneur apprécie les qualités de Loïc Rémy. Deschamps, qui a prouvé par le passé qu’il pouvait faire machine arrière s’il s’était trompé (cf Valbuena), pourrait bien redonner sa chance à l’ancien Lorientais. DD relancera-t-il Dédé ?

Ben Yedder, un profil atypique

Sorte de David Trézeguet de poche (1,70 pour 68 kg), vif et précis, Wissam Ben Yedder s’affirme siason après saison comme l’un des plus prolifiques attaquants de Ligue 1. Le Toulousain, auteur de 15 buts en 2012-13 puis de 16 l’année suivante, est bien parti pour augmenter son total domestique avec déjà 5 réalisations en 8 matches disputés depuis la mi-août. A 24 ans, l’enfant de Sarcelles monte clairement en puissance même si son style serait plutôt celui d’un Philippe Fargeon ou d’un Pippo Inzaghi, chasseurs de buts et renards de surface prêts à bondir sur chaque occasion. Ce profil d’avant-centre peut plaire à Deschamps qui n’en dispose pas, Benzema évoluant davantage comme un neuf et demi, au Real comme chez les Bleus. Ben Yedder n’a peut-être pas le jeu de tête de Giroud et Rémy, il ne pèse pas autant sur les défenses, mais il sait très justement se faire oublier pour surgir à point nommé. Marquer est une obsession pour l’ancien attaquant de l’UJA Alfortville. Le sélectionneur, qui ne le sait que trop bien, serait bien avisé de le tester dans les semaines à venir. Pourquoi pas dès ce mois d’octobre.

Grégory Jouin @GregoryJouin

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