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Du bus de Knysna à la mise en examen de Benzema, en passant par la polémique Nasri et les soupçons qui pèsent sur Platini, le foot français va mal depuis quelques temps... | AFP

Knysna, Zahia, Benzema, Platini : cinq ans de scandales pour le foot français

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La Maison bleue brûle encore. Le football français n’en finit plus d’écorner son image. Cinq ans après le fiasco de Knysna, le football français continue d’être tourmenté par des affaires qui polluent son image aussi bien dans l’hexagone qu’à l’étranger. Des mots de Nasri à la bombe Benzema en passant par Zahia et le scandale de la Fifa qui rejaillit sur Michel Platini, rien ne va plus à quelques mois de l’Euro 2016.

Didier Deschamps n’est pas aidé. Le sélectionneur national, qui n’aime rien tant que le travail discret et méticuleux pour faire progresser l’équipe de France en vue de son grand objectif de juin prochain, doit composer avec un nouveau scandale qui ternit une fois de plus l’image de la Maison bleue dans son ensemble, qu’on le veuille ou non.

Benzema dans la tourmente

Karim Benzema, qui a reconnu ce jeudi être intervenu dans le chantage concernant la sextape de son coéquipier chez les Bleus, Mathieu Valbuena, n’a pas nié avoir un petit rôle dans l’affaire alors que son avocat avait annoncé mercredi que l’attaquant du Real Madrid n’avait rien à se reprocher dans cette affaire croquignolesque. Il a reconnu une implication certaine, déclarant s'être "mis d'accord avec l'ami d'enfance sur ce qu'il devait dire pour que son coéquipier négocie exclusivement avec lui".

11 octobre 2014 - La France s'était imposée deux buts à un contre le Portugal.
11 octobre 2014 - La France s'était imposée deux buts à un contre le Portugal.

Deschamps, qui a toujours soutenu Benzema jusqu’ici, que ce soit dans l’affaire Zahia ou pour ses performances –parfois décriées- en sélection, se serait bien passé de ce coup d’éclat hors des terrains. Car l’image véhiculée par le football tricolore depuis cinq ans reste assez déplorable même si tout ne se vaut pas.

La main d’Henry, le bus de Knysna

En juin 2010, 7 mois après la main controversée de Thierry Henry face à l’Eire, la « non descente » du bus des joueurs, leur attitude puérile avec la grève inattendue, la phrase assassine de Nicolas Anelka et la lettre lue par le sélectionneur Raymond Domenech avaient gravement écorné la réputation de la Fédération Française de Football et par extension le football français. Le fiasco sud-africain, venant deux ans après un autre gros échec sportif à l’Euro 2008, avait précipité la chute du président de la FFF, Jean-Pierre Escalettes, dépassé par les événements.

Thierry Henry
Thierry Henry

Deux ans plus tard, à l’Euro 2012, c’est Samir Nasri qui faisait des siennes. Après un but inscrit face à l’Angleterre (1-1) lors du premier tour, le joueur de Manchester City avait créé la polémique en mettant son index sur sa bouche et en prononçant des mots injurieux destinés à la presse française et plus particulièrement à Vincent Duluc de l’Equipe (« Ferme ta g… »).

Les mots de Nasri, les maux du foot français

Quelques jours plus tard, après l’élimination des Bleus, l’ancien Marseillais insultait violemment un journaliste qui le prenait à partie. Il écopera de trois matches de suspension pour son comportement, sanction décidée par la commission de discipline de la FFF.

Le milieu de terrain français Samir Nasri et le latéral Bacary Sagna (en arrière plan)
Le milieu de terrain français Samir Nasri et le latéral Bacary Sagna (en arrière plan)

Ce n’est pas fini. A l’automne 2012, les Espoirs font cette fois parler d’eux. Trois jours avant une piteuse élimination (5-3) contre la Norvège dans la course à l’Euro 2013, cinq Bleuets se sont distingué par une virée nocturne à Paris alors que le reste du groupe séjournait au Havre pour préparer le match retour. Rattrapés par des photos postées sur Facebook, les fautifs (Yann M’Vila, Antoine Griezmann, Wissam Ben Yedder, Mbaye Niang et Chris Mavinga) avaient tous été sanctionnés ensuite (M’Vila le plus durement puisqu’il avait écopé d’une suspension le privant à coup sûr de la Coupe du monde 2014).

Le ridicule tue les Espoirs

Moins grave mais très mauvais pour l’image donnée, le geste de Layvin Kurzawa en octobre 2014, à l’occasion d’un chaud barrage retour de qualification à l’Euro 2015 contre la Suède. Ce soir-là, le défenseur monégasque croyait bien avoir qualifié les Bleuets pour l’Euro en réduisant l’écart au score à 3-1 à quelques minutes de la fin. Il se permit de chambrer ses adversaires en mettant la main sur son front comme pour dire : « Et maintenant, vous êtes où » ? Sauf que les Scandinaves vont parvenir à égaliser dans les arrêts de jeu avant de reprendre le geste de Kurzawa à leur compte, le couvrant de ridicule.

Layvin Kurzawa avec les Bleuets contre la Suède
Layvin Kurzawa avec les Bleuets contre la Suède

L’affaire Zahia a également offert son lot de sarcasmes. Même si, au final, les deux stars impliquées, Franck Ribéry et Karim Benzema, ont été mis hors de cause. Le tribunal correctionnel de Paris a estimé en juin 2015 qu’il n’était pas en mesure d’établir que les deux internationaux français savaient que la prostituée était mineure à l’époque des faits. Ce qui n’a pas empêché les commentaires sur les dérives du football en général et du foot français en particulier.

Blatter charge Platini

Dernière affaire en date, le fifagate qui a éclaboussé indirectement Michel Platini., l’icône du football français Le président de l’UEFA a été suspendu de ses fonctions 90 jours, tout comme le président de la Fifa Sepp Blatter Le Suisse a chargé Platini, laissant clairement entendre que l’ancien meneur et capitaine des Bleus avait influé pour que le Qatar obtienne l’organisation de la Coupe du monde 2022 alors que, selon lui, ce mondial était promis aux Etats-Unis.

Michel Platini
Michel Platini

Mais le plus gros problème de Michel Platini n’est pas là. Il a touché près de deux millions d’euros pour un travail de trois ans et demi comme consultant à la présidence de la Fifa (de janvier 1999 à juin 2002). Or, la justice veut aujourd’hui savoir s’il s’agit d’un versement illégal car Michel Platini a reçu cette somme d’argent plus de dix ans après le début de son travail pour la Fifa (en février 2011).

L’ancien numéro 10 de l’équipe de France joue gros dans cette affaire. Il était le grand favori de l’élection du 26 février pour succéder à Blatter, et son éventuelle condamnation rejaillirait sur la réputation du football français. Même si rien n’est sûr, l’impact que pourrait avoir une impossibilité pour Platini de se présenter à la présidence de la Fifa constituerait une véritable déflagration. Beaucoup plus grande encore que celle concernant l’affaire Benzema.