Jacques Lambert, président du Comité  d'organisation de l'Euro-2016
Jacques Lambert, président du Comité d'organisation de l'Euro-2016 | FABRICE COFFRINI / AFP

Jacques Lambert : "Offrir le niveau de sécurité maximal pour l'Euro 2016"

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Jacques Lambert, président du Comité d'organisation de l'Euro-2016 en France (10 juin-10 juillet), estime que le risque terroriste sur la compétition est considéré comme "maximal" depuis les origines du dossier. A six mois du début du tournoi, l'ancien directeur du Mondial-1998, préfet de Savoie durant les JO d'Albertville en 1992, a en la matière un seul objectif: "que les gens rentrent chez eux sains et saufs".

Que vont changer les attaques terroristes de vendredi sur Paris au  système de sécurité qui sera à l'oeuvre durant l'Euro, en juin et juillet  prochains ?

Jacques Lambert : "Le risque terroriste, depuis la rédaction du dossier de candidature,  est considéré comme un risque clé. On sait depuis des mois que le risque est  maximal. Ce que les attentats de janvier avaient montré, c'est que ce risque  devenait plus aigu mais ça ne changeait pas les fondamentaux. Tout le travail  accompli avec le ministère de l'intérieur restait valable. Après janvier, nous  avions juste procédé à une réévaluation du niveau de risque. La tragédie  terrifiante de vendredi soir (au moins 128 morts,ndlr) va avoir le même effet.  Les risques (hooliganisme, risques naturels, terroristes) ne sont pas stables.  Le travail de fond, dans l'élaboration du dispositif, c'est d'évaluer en  permanence leur niveau. La méthode ne change pas, ce qui change c'est la  gravité du risque. On va en tirer les leçons des derniers événements sur les  plans préventif et opérationnel."

C'est à dire concrètement ? Plus de moyens humains ? Financiers ?

J.L. :"Ne comptez pas sur moi pour parler du contenu des mesures et des moyens  engagés. Je ne vais pas mettre sur la place publique des informations qui  pourraient être utilisées par des gens qui veulent nous nuire. Ce sera le black  out total. Mais les enseignements de ces événements vont être tirés par ceux  dont c'est le métier. C'est l'Etat qui a la main et je n'ai pas le moindre  doute sur le fait que des éléments nouveaux vont être, dans les jours qui  viennent, mis sur la table pour sécuriser encore le dispositif."

Avez-vous eu, ou avez-vous des informations précises sur le fait que  l'Euro pourrait être une cible pour les terroristes? Et n'y a-t-il pas un  risque d'en faire un événement hyper sécuritaire au détriment de l'ambiance ?

J.L. : "Non, aujourd'hui, nous n'avons pas d'information particulière sur le  fait que l'Euro puisse être pris pour cible mais encore une fois, nous ne  sommes pas les principaux intervenants. Nous sommes seulement maîtres d'oeuvre  en ce qui concerne la sécurité dans les stades, les camps de base des équipes,  les centres des medias... C'est un pays qui est visé mais si on frappe un  événement médiatique ça a encore plus de retentissement. En ce qui concerne les  effets des mesures de sécurité sur l'ambiance, il est prématuré de se faire  peur pour ça. Ma principale préoccupation aujourd'hui, c'est d'offrir le niveau  de sécurité maximal. Si cela doit passer par des mesures moins +friendly+  (moins conviviales, ndlr), tant pis. Ce qui m'importe c'est que les gens  rentrent chez eux sains et saufs."

AFP