Le meneur italien Andrea Pirlo
Le joueur italien Andrea Pirlo | ODD ANDERSEN / AFP

Italie-Angleterre : duel de survivants

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Ce sont deux rescapés qui vont s'affronter en quart de finale de l'Euro à Kiev : L'Italie, dont la préparation a été plombée par un nouveau scandale de matchs truqués, et l'Angleterre, minée par les blessures et les affaires extra-sportives, n'étaient pas forcément attendues à ce stade de l'épreuve. Rarement brillants mais remarquablement solides, ces deux compétiteurs hors-pairs s'affrontent pour prolonger leur survie.

On est une grande nation de football ou on ne l'est pas. Certes, la réputation ne suffit pas à faire gagner des matchs mais l'Italie et l'Angleterre ont fait honneur à leur tradition en se qualifiant pour les quarts de finale de l'Euro en bravant des tempêtes. D'un côté l'Italie a dû faire face au fameux calcioscommesse (le scandale des matches truqués) qui a largement perturbé sa préparation (trois défaites en trois matchs avant le début de l'Euro) mais, par un remarquable esprit de corps, elle en est ressortie plus forte. Peut-être parce que la Squadra Azzura sait aussi qu'elle a toujours été sacrée lorsqu'un scandale l'éclaboussait avant une compétition majeure... C'est ainsi qu'elle fut championne du monde en 1982 et 2006.

"Deux monstres" à l'équilibre fragile

L'Angleterre, elle non plus, n'abordait pas le tournoi dans les meilleures dispositions. C'est bien simple, pour la majorité des observateurs, c'était la plus faible équipe de ces dernières années et personne au pays ne la voyait passer le premier tour. C'est peut-être cette absence de pression qui lui a permis de passer entre les gouttes du Groupe D, celui de la France, où elle a su se montrer plus solide que les Bleus, la Suède et l'Ukraine. Pourtant, sur le papier, la sélection aux trois lions n'effrayait pas grand monde au coup d'envoi de l'Euro. Mais les choses ont changé. Déjà, Wayne Rooney, qui purgeait deux matchs de suspension, est de retour au sein de l'attaque. Avant le retour du fils prodigue, d'autres avaient parfaitement tenu la baraque : c'est le cas des tauliers John Terry, pourtant si décrié et au coeur d'une accusation de racisme (ce qui coûta la place de Capello) ou de Steven Gerrard, toujours bon pied bon oeil. Bref, celui qui a été débarqué sur le banc le 1er mai dernier, Roy Hodgson, est en passe de réussir son pari. Bien au delà de ses espérances.

Ce sont donc deux monstres de l'histoire du jeu, mais à l'équilibre encore fragile, qui se disputeront une place en demi-finale. Les chiffres n'aident pas non plus beaucoup à savoir de quel côté penchera  cet indécis quart de finale. Les deux équipes se sont affrontées 22 fois pour  neuf victoires italiennes, sept succès anglais et six matches nuls. La décision pourrait dépendre en grande partie des artistes italiens. Dans une formation toujours aussi pénible à bouger et à la culture tactique qui a fait ses preuves, ils sont trois à pouvoir débloquer une situation : Pirlo, "l'architecte" du jeu, sur qui les ans n'ont pas de prise et qui régale partenaires et spectateurs par la qualité de ses passes, et le duo infernal Cassano-Balotelli, aussi imprévisible que dangereux.

Julien Lamotte