Hatem Ben Arfa Nice
Le joueur de l'OGC Nice, Hatem Ben Arfa | AFP - VALERY HACHE

Hatem Ben Arfa doit saisir sa chance

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Enfant prodige du ballon rond, Hatem Ben Arfa était promis à une trajectoire digne des plus grands. Mais en raison d'un caractère bien trempé, et de quelques mauvais choix de carrière, le Francilien a davantage connu des désillusions que des grands moments. Rappelé ce jeudi par Didier Deschamps en équipe de France, il n'a pas caché son "immense honneur" de retrouver la Maison bleue. A 28 ans, il a mûri et sait qu'il ne lui sera pas accordé d'autres chances pour lui permettre de retrouver les sommets.

Membre de la fameuse génération prometteuse de 1987, aux côtés de Karim Benzema, Samir Nasri et Jérémy Ménez, Ben Arfa n'a jamais vraiment pu faire décoller la grande carrière que tout le monde lui promettait. Benzema, finalement le seul qui a vraiment atteint le très haut niveau mondial, a même récemment reconnu que son ancien coéquipier de l'Olympique Lyonnais possédait des qualités comparables à Léo Messi.

Et que ce soit en club ou en équipe de France (avec laquelle il compte 13 sélections), Ben Arfa a souvent eu des éclairs de génie, mais sans jamais vraiment pouvoir durer dans le temps. Peut-être trop pressé de gravir les échelons et certainement mal conseillé, HBA a brûlé les étapes et une partie de sa carrière avec. Parti trop tôt de Lyon, le meilleur espoir de la saison de L1 2007-2008 aurait d'abord dû choisir un club plus "stable" et moins exposé médiatiquement que l'Olympique de Marseille. Son caractère ne l'aidera pas non plus, et son altercation avec Eric Gerets le poussera vers la sortie en 2010, sous la forme d'un prêt à Newcastle. Outre Manche, Ben Arfa séduit très vite les fans anglais qui raffolent de ses dribles, mais cette fois, c'est un terrible tacle de Nigel De Jong qui lui inflige une double fracture tibia-péroné. Il mettra finalement un an à vraiment s'en remettre, mais son talent reste bien ancré dans sa patte gauche, et le prouve en inscrivant un but "maradoniesque" en Coupe d'Angleterre face aux Blackburn Rovers, en janvier 2012. Mais hormis quelques coups d'éclat, à Newcastle comme à Hull où il est prêté en 2014, Ben Arfa n'est pas suffisamment régulier pour franchir le cap si espéré.

Boudé à deux reprises par les Bleus

Ben Arfa n'a pas toujours été chanceux. Son transfert avorté à Nice la saison passée n'est rien par rapport aux grandes déceptions qu'il a connues en équipe de France. Buteur avec les Bleus pour sa première cap face aux Îles Féroés (en octobre 2007), il fera partie des joueurs laissés au dernier moment sur le côté pour l'Euro 2008. Même punition en 2010 pour le Mondial… Il participer bien à l'Euro 2012, mais comme d'autres joueurs, il doit s'expliquer pour son comportement vis-à-vis du sélectionneur Laurent Blanc, mais n'est finalement pas sanctionné. Après six mois sans compétition, le natif de Clamart a finalement pu jouer avec l'OGC Nice, un club qui semble lui convenir parfaitement au regard de ses prestations (7 buts et deux passes décisives en 12 matches). Et cela n'a pas échappé à Didier Deschamps, qui le fait revenir.

Cela faisait plus de trois ans qu'il l'attendait. Ben Arfa n'avait en effet plus porté le maillot tricolore depuis le 19 juin 2012 (contre la Suède). "Hatem a fait un très très bon début de championnat, même s'il est un peu moins bien en ce moment. C'est bien de le faire revenir dans le groupe France par rapport à ce qu'il est capable de faire. Cela va me permettre aussi de discuter aussi avec lui." Une dernière phrase qui n'a pas non plus échappé à l'intéressé qui a rapidement fait savoir son émotion de retrouver les Bleus. "Je remercie le sélectionneur de m'avoir fait confiance. C'est un immense  honneur d'être appelé à représenter l'équipe de France. Cela l'a toujours été pour moi", a même indiqué le joueur niçois, qui aimerait bien inscrire un troisième but avec l'équipe nationale, soit face à l'Allemagne (le 13 novembre), soit face à l'Angleterre (le 17 novembre).

Romain Bonte