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Antoine Griezmann s'éclate plus dans l'axe | MICHAEL ZEMANEK / BACKPAGE IMAGES Ltd / DPPI media

Griezmann dans l'axe, une piste à suivre pour les Bleus

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Réjouissons-nous de cette place en quart de finale de l’Euro. Les Bleus ont fait le métier face à des équipes d’un niveau inférieur. Et pourtant ils ont souffert. Les maux bleus ? La défense, la mise en route, Pogba, un ensemble de choses que Didier Deschamps va essayer de corriger pendant une semaine. Et si le repositionnement de Griezmann en faux N.9 était la solution ?

C’est comme en politique, des éléments de langage sont donnés aux joueurs pour répondre aux médias. Les mots du jour, c’était « compliqué pour toutes les équipes », « force de caractère », « bonne réaction ». Les maux bleus étaient eux bien criards en première mi-temps. Faiblesse défensive, jeu fantôme, manque d’agressivité. Et pour couronner le tout un Pogba remis à gauche au détriment de Matuidi. Comme si Deschamps n’avait pas encore trouvé la clé et qu’il continuait ses expérimentations. Mal embarqué dans cet Euro, le Turinois cherche depuis plusieurs jours la rédemption à l’abri des médias. Dimanche, il a retrouvé ses ailes sur le rectangle vert lors des matches à élimination directe. Des espoirs douchés en deux minutes quand Pogba accrochait Long maladroitement dans la surface. Faute indiscutable et penalty transformé par Brady. On connaît mieux pour se mettre en confiance. La défense n’était pas exempte de tout reproche. Rami avait glissé et Koscielny incapable de dégager. Cette arrière garde française cristallise toutes les inquiétudes car elle va devoir hausser son niveau dès le prochain tour. Face aux Anglais, Allemands ou Espagnols, ce ne sera plus la même musique. Suspendu en quarts après un nouveau carton jaune, Rami est apparu en délicatesse sur de nombreuses interventions. La répétition des matches ne changent rien à son affaire et son remplaçant (Umtiti ou Mangala) aura une bonne carte à jouer.

Evra veut être dans l'action

Après quatre matches, la France ne s’est toujours pas libérée. « Depuis le début de l’Euro on joue comme ça. On a dû mal à entamer les matches », confirme Rami. Une crise de confiance qui a fait déjouer les Bleus sur ses fondamentaux. « On a joué leur jeu avec des longs ballons, explique Evra. Ce n’est pas le jeu de l’équipe de France. » Au milieu, c’était un festival de passe dans le dos ou à contre-temps. Averti assez vite, N’Golo Kante s’est grillé et Matuidi est passé complètement à côté sur le flan droit. « Oui à droite je n’ai pas mes habitudes mais il n’y a pas d’excuse à trouver. J’aurai pu faire mieux et me reprendre comme toute l’équipe. Il ne faut pas s’arrêter sur ça, plein de choses ont fait qu’on était moins bien. » Payet y voit lui une conséquence du penalty précoce encaissé. « On n’a pas réussi à se trouver et ce but nous a mis la tête sous l’eau. Ça nous a un peu plombé. On s’est énervé et on est rentré dans leur jeu. C’est dommage car on a les joueurs qu’il faut pour jouer. » La solution, c’est d’entrer sur le terrain le couteau entre les dents et de prendre son destin en main. « On est encore dans le temps de la réaction, regrette Evra. Il faut agir d’entrée. Là ça passe mais il y a des moments où ça ne passera plus. »

Griezmann préfère l'axe

C’est à Didier Deschamps de se poser les bonnes questions. Notamment celle du positionnement de Pogba et de Griezmann. Le premier, malgré ses prouesses techniques, ralentit souvent le jeu et le deuxième est bien plus efficace dans une position axiale proche de Giroud plutôt que dans un 4-3-3 où il va devoir s’excentrer et défendre. « En faux N.9 il est super dur à prendre, confirme Rami. Je suis bien placé pour le dire car quand je suis contre lui avec Séville, c’est chiant et c’est dur ! Il nous a fait du bien et il aurait même pu mettre un triplé. » Quand il visionnera le match, « DD » pourra s’appuyer sur une deuxième mi-temps bien plus aboutie. Une des meilleures depuis le début de l’Euro même si l’exclusion de Duffy a modifié l’équilibre de la partie. « C’était plus fluide en deuxième mi-temps, ajoute Payet. On ne pouvait que faire mieux. On a mis de l’envie de l’agressivité. On a gagné les ballons plus haut et on a joué beaucoup plus simple. » Cette simplicité, cette touche technique et ce mouvement qui étaient la marque de fabrique de cette équipe avant le début de la compétition, Blaise Matuidi veut s’en servir. Si « chacun élève son niveau de jeu », tout reste possible. « Il faut se servir de ça pour la suite, conclut le Parisien. On est capable de belles choses et il faut continuer dans ce sens là. » Dans la douleurs, les Bleus ont peut-être trouvé une piste.

Xavier Richard @littletwitman

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