Mondial France Mexique Evra déception
Evra, capitaine au Mondial | AFP - Christophe Simon

Evra ou pas ?

Publié le , modifié le

Avec ou sans Patrice Evra ? La réponse à cette question sera donnée ce jeudi à 14h00 par le sélectionneur de l'équipe de France, Laurent Blanc. Les Bleus -19e au classement Fifa- affrontent mercredi prochain le Brésil -4e du classement- au Stade de France, un match de gala qui pourrait être l'occasion de revoir celui qui avait porté le brassard de capitaine lors du fiasco du Mondial 2010, en Afrique du Sud.

Sa peine de cinq matches de suspension a été purgée. Oui, mais Madame le ministre des Sports, Chantal Jouanno, a cru bon de donner son opinion sur un éventuel retour des principaux artisans du fiasco sud-africain. "Je ne comprends pas qu'on laisse entendre que les meneurs de la fronde en  Afrique du Sud puissent être réintégrés", avait estimé la ministre dans L'Equipe de samedi. "On ne peut pas faire honte à la France et prétendre ensuite rejouer en équipe de France", avait-elle lâché. Et ces propos ont été assez mal accueillis du côté de la Fédération Française de Football. "Il a été puni en tant que capitaine plus qu'en tant que meneur. Ce n'est  pas une peine à vie. Ca n'existe pas dans le football. Patrice Evra, qui est  quelqu'un que j'apprécie beaucoup, a véritablement envie de revenir en équipe de France et c'est quand même bien", avait rétorqué Fernand Duchaussoy. Ce dernier avait même ajouté que sans sa blessure, Franck Ribéry (suspendu trois matches) serait déjà revenu. De nouveau blessé, le joueur du Bayern est d'ores et déjà fixé sur son sort.

Pour Laurent Blanc, la polémique qui a commencé à prendre des allures politiques a été gentiment mise de côté. Le sélectionneur des Bleus a jugé que Mme Jouanno "a le droit de dire ce qu'elle pense, d'avoir son opinion". "Moi, ma réponse sera faite jeudi à 14h00. Je suis totalement libre. Comme tout un chacun. On a la chance de vivre dans un pays démocratique, où chacun a le droit d'avoir son  avis. Ce qui veut dire aussi qu'on a le droit de ne pas le partager", a nuancé un brin ironique Laurent Blanc. Y a-t-il vu pour autant de l'ingérence, Blanc a évité de commenter cette idée. "Je pense surtout qu'on a du mal à oublier ce qui s'est passé cet été en  Afrique du Sud". "Je rencontre beaucoup de gens qui me disent leur espoir de pouvoir tourner  cette page, mais à chaque rassemblement de l'équipe de France, les mêmes histoires reviennent. J'espère que le match contre le Brésil sera l'occasion de faire un pas de plus dans ce sens", avait-il dit.

Mais cette sélection sera également intéressante pour d'autres joueurs. Ribéry forfait, tout comme Nasri et Valbuena, des places seront encore une fois à prendre. Blanc peut-il encore rappeler un Yoann Gourcuff qui tarde toujours a retrouvé son meilleur niveau ? Yohan Cabaye peut-il profiter de la situation ? Kevin Gameiro et Guillaume Hoarau seront-ils récompensés ? Eric Abidal va-t-il pousser vers le banc Gaël Clichy ? Dimitri Payet va-t-il payer cher son petit caprice ? Là encore, Blanc lèvera le voile sur ces interrogations à 14h00. Finalement, seul Nicolas Anelka pour qui il reste encore 13 matches de suspension, sait à quoi s'attendre...

Romain Bonte