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Le collectif est la force de l'Irlande | KIERAN McMANUS / BACKPAGE IMAGES Ltd / DPPI media

Euro : Il y a de la revanche dans l’Eire !

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Depuis le 18 novembre 2009, l’Irlande attend tapis dans l’ombre le moment où elle prendra sa revanche sur l’équipe de France. Privée de Mondial 2010 à cause de la tristement célèbre main de Thierry Henry en barrages, l’Eire n’a depuis jamais affronté les Bleus. Ce sera le cas dimanche dans un 8e de finale explosif à Lyon. Sans réel leader technique, l’équipe de Martin O’Neill s’appuie sur sa solidarité et sa générosité. La France devra répondre présent dans les duels pour accéder aux quarts.

D’un vert à l’autre, ce n’est plus la même musique. Promise aux Bleus, l’Irlande du Nord a changé de cap pour croiser le fer avec le pays de Galles. Le but de l’Irlandais Brady arraché à la 85e minute contre l’Italie (1-0) a fait perdre le nord à Didier Deschamps qui doit revoir ses plans pour affronter une équipe bien plus coriace que celle de Michael O’Neill. Les Nord-Irlandais étaient clairement les plus faibles de ce top 16 et ne présentaient pas une grande menace. Les Verts du sud ont un standing bien supérieur même s’ils sont devancés au classement Fifa (25e contre 33e). Comme ils l’ont prouvé contre la Suède puis face aux Italiens, le ballon ne leur brûle pas les pieds même si ce n’est pas leur qualité première. Le duo O’Neill-Keane a mis en place un système en 4-4-2 qui coulisse bien. Un bloc très solide qui balance souvent sur Long mais qui peut aussi exploser en contre. Les Verts marquant peu, faut-il s’attendre à un huitième crispant ? Cela dépendra du rythme mis pas les Français et leur capacité à gagner des ballons dans les duels. Car face aux Irlandais, le combat n’est jamais loin. « Nos joueurs ont effectué de grands progrès depuis deux ans, ils ne baissent jamais les bras et font preuve d'un superbe état d'esprit », rappelle Martin O’Neill comme une mise en garde. De par son statut, l’Irlande sera dans sa position favorite, celle de l’équipe qui n’a rien à perdre et qui va vendre chèrement sa peau jusqu’au coup de sifflet final. « On peut battre n'importe qui, on ne doit pas se fixer de limites », assure Robbie Brady, buteur providentiel lors du dernier match de poule. « Nous avons des joueurs de qualité et on a vu notre esprit d'équipe, le sacrifice. »

Les Verts en for​ce au Parc OL

Quoi qu’il se passe, les Verts ont envie de faire la fête sur le terrain et dans les tribunes. « J'ai hâte de jouer ce match contre la France dimanche, reprend O’Neill. C'est une très belle affiche pour nous de jouer le pays-hôte. La France traverse actuellement une bonne période mais j'espère que nous allons pouvoir recharger les batteries et reproduire le même match que ce soir (mercredi) pour l'emporter." Les tentations sont grandes dans les médias irlandais de glisser sur le terrain de la vengeance. "Allez, passe à autre chose, p... !" C'est avec toute la poésie qui le caractérise que Robbie Keane a envoyé sur les roses un journaliste irlandais qui le relançait à nouveau sur la main de Thierry Henry lors des barrages du Mondial 2010. Le vétéran de 35 ans veut rester concentré sur son match alors que la presse irlandaise et d'anciens joueurs ont rallumé la mèche. "On va affronter les Français sans peur aucune et nous avons une petite affaire à régler avec eux", a déclaré Richard Dunne, qui a joué le match du Stade de France et travaille aujourd'hui comme consultant sur ITV. "Thierry Henry est sur toutes les lèvres, ce matin", a titré l'Irish Examiner. "Pour les supporteurs irlandais, la vengeance est un plat qui se mange froid depuis 2009 et cette vengeance aura lieu dimanche", a poursuivi le quotidien. Esprit de vengeance ou pas, la jauge des supporters irlandais sera au maximum dans un stade génétiquement hostile au vert. Et cette fois on est certain que le préfet de Lyon ne brandira aucun arrêté interdisant aux « Boys in Green » de se rendre au Parc OL. La France ayant respecté son tableau, le stade sera à dominante bleue. De là à rivaliser avec les chants irlandais, la marche semble haute. Quitte à perdre un match, autant que ce soit celui des tribunes.