La joie des Islandais face à l'Angleterre
La joie des Islandais face à l'Angleterre | AFP

EURO 2016: Oui, les Bleus peuvent perdre face à l’Islande

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Didier Deschamps et les Bleus ont sans doute apprécié la victoire surprise de l’Islande sur l’Angleterre (2-1), mais ils auraient tort de ne pas craindre leur futur adversaire en quart de finale de l’Euro, dimanche. S’il est vrai qu’en 11 affrontements, la France a toujours gagné (8 succès, 3 nuls), il y a de vraies bonnes raisons de s’inquiéter pour dimanche…

Un « petit » devenu grand

A moins d’avoir été victime d’un trouble amnésique au cours des dix derniers jours, il est devenu difficile de dire que l’Islande est l’une des plus modestes équipes de l’Euro 2016. Et même si Cristiano Ronaldo reste encore persuadé que les Islandais et « leur petite mentalité (…) ne feront rien dans la compétition ». La petite phrase de CR7, pleine de respect et d’humilité, prend évidemment une dimension particulière ce lundi, après l’énorme sensation de la veille. Les Bleus auraient donc bien tort de prendre de haut cette équipe.

Surtout que ce match nul contre le Portugal (1-1) et ce succès face à l’Angleterre (2-1) ne font que confirmer l’incroyable progression de cette équipe, passée du 112e rang mondial en 2010, au 37e aujourd’hui. Avec sept joueurs révélés lors de l’Euro Espoirs 2011, l’Islande ne sort pas de nulle part. Après avoir battu par deux fois les Pays-Bas (2-0, puis 1-0), la formation qui avait terminé en tête de son groupe A des éliminatoires de l’Euro, ne fait que poursuivre son ascension.

Le « hou » islandais, tout un symbole

Depuis qu’ils se sont qualifiés pour la toute première phase finale d’un Euro, les « Starkanir okkar » (nos garçons) ont déclenché une incroyable ferveur autour d’eux. Soutenus par tout un pays, voire un peu plus à présent, les Islandais n’ont pas eu de mal à faire vibrer leur peuple. Rien d’étonnant à savoir que pas moins de 98,9 % des téléspectateurs islandais regardaient lundi dernier le match de groupes face à l’Autriche. Avec seulement 330 000 habitants, 30 000 d’entre eux (soit près de 10% de la population islandaise) se trouvent en France pendant cet Euro !

Un système simple mais performant

Sobre et efficace, l’est aussi le système utilisé par les deux coachs Heimir Hallgrimsson et Lars Lagerbäck. Alors que Didier Deschamps a encore du mal à définir le système idoine pour ses Bleus, le 4-4-2 islandais associé à une rigueur défensive et un positionnement strict des 10 joueurs de champs s’avère extrêmement efficace. Combien de fois les attaquants anglais (il est vrai sans grande inspiration) se sont cassés les crampons sur ce mur ? « Si on arrive à garder notre organisation et que les joueurs savent exactement ce qu’ils ont à faire, alors ils jouent avec plus de confiance et peuvent réaliser de grandes choses », expliquait Lagerbäck avant le match contre l'Angleterre.

Face à cette équipe solidaire, Deschamps va peut-être encore tergiverser pour trouver la bonne solution. Compter sur les seules individualités a failli coûter cher aux Bleus depuis le début de la compétition, et s’il n’y a pas de cohésion dans le jeu face à un tel adversaire, la sanction risque d’être lourde. C’est peut-être finalement l’adversaire que l’on attendait pour voir si ces Bleus là constituent une équipe capable de jouer à l’unisson, sans attendre le coup d’éclat de tel ou tel joueur.

Jamais deux surprises sans trois ?

Enfin, les coéquipiers de Hugo Lloris doivent avoir à l’esprit que les deux précédents exploits réalisés par des équipes modestes lors des championnats d’Europe avaient croisé le chemin de l’équipe de France. Repêché pour l’Euro 1992 après l’exclusion de la Yougoslavie, le Danemark avait en effet remporté cette édition après avoir battu les Bleus de Jean-Pierre Papin (2-1) en phase de groupes. Lors du quart de finale de l’Euro 2004, Charisteas avait donné la victoire aux Grecs (1-0) face à la bande de Zinedine Zidane, avant de triompher en finale face au Portugal (1-0). Comme disait un certain Winston Churchill dans un autre registre, « un peuple qui oublie son passé, se condamne à la revivre »…

Romain Bonte