Cristiano Ronaldo Euro 2016
Le joueur portugais Cristiano Ronaldo | AFP - JEFF PACHOUD

Euro 2016 : Le Portugal de Ronaldo ne fait pas mieux qu'un nul face à l'Islande

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Le Portugal, outsider de la compétition, a été tenu en échec pour son entrée en lice. Les coéquipiers de Cristiano Ronaldo n’ont pas pu battre cette solide équipe islandaise (1-1). Venus avec un plan simple, défendre en bloc et attaquer avec de longs ballons les Islandais ont tenu le choc et affiché de belles ressources face à des Portugais qui ont baissé de pied en deuxième période. Ces derniers, demi-finalistes en 2012, sont déjà sous pression avant leur deuxième match contre l’Autriche battue 2-0 par la surprenante Hongrie.

Historique Nani

L’ancien joueur de Manchester United a profité de l’absence de Ricardo Quaresma pour gratter une place de titulaire lors de ce premier match du Portugal. Celui qui avait pris la succession de Ronaldo sur la pelouse d’Old Trafford a été le Portugais le plus dangereux sur cette rencontre. A la 20e minute, sa première tête a été détournée à la manière d’un gardien de handball par le portier Halldorsson. Onze minutes plus tard, c’est lui encore qui coupait au premier poteau le centre d’Andres Gomes pour l’ouverture du score. Un but historique puisque c’était le 600e de l’Euro.

Dans une position de d’attaquant partagée avec Ronaldo, Nani a trouvé le moyen d’être dangereux à nouveau de la tête (70e), domaine où les Islandais ont causé de multiples problèmes au Portugal.

L’Islande, une tactique simple mais efficace

Le Portugal avait hérité d’un groupe facile pensait-on en découvrant l’Islande, l’Autriche et la Hongrie. Mais ceux qui avaient suivi les éliminatoires de l’Euro 2016 savaient que ces Islandais seraient coriaces. Ils se sont sortis d’un groupe où se trouvaient les Pays-Bas, la Turquie et la République Tchèque. Face au Portugal, ils ont appliqué une tactique simple : balancer de longs ballons à destination de leurs attaquants. Ces derniers ont fait admirer leur jeu de tête notamment l’attaquant nantais Sigthorsson qui a fait passer une soirée cauchemardesque à Ricardo Carvalho et Pepe. C’est bien simple, il a tout capté comme un pivot sous le panier.

Mais étrangement ce n’est pas de la tête que l’Islande a égalisé. C’est bien sur un long centre plongeant mais c’est du pied droit que Bjarnason a trompé Rui Patricio (51e). Dès les premières minutes, le stratège Sigurdsson avait fait passer des premiers frissons en déboulant sur le côté gauche et en butant sur Rui Patricio. En fin de match, les Islandais auraient pu faire le hold-up parfait si Finnbogason avait trompé Rui Patricio (86e). Il faut aussi noter la performance du gardien Halldorsson auteur de huit parades décisives. Ce résultat nul, ce premier point glané en compétition internationale, avait le goût du succès à voir la réaction de joie du clan islandais au coup de sifflet final.

La déception Ronaldo

Comme depuis plusieurs compétitions internationales, les espoirs portugais reposent comme toujours sur Cristiano Ronaldo. Face à l’Islande, CR7 est entré dans la légende et en rejoignant l’emblématique Figo, Ballon d’Or 2000 et Portugais le plus capé, en nombre de sélections (127). 

Sa prestation en revanche a alterné entre le bon et le moins bon. En première période, il s’est rendu disponible en se plaçant entre les lignes. Il a été collectif comme sur ce magnifique centre pour Nani (20e). En seconde période, Ronaldo a, comme ses coéquipiers, baissé de pied. Il s’est retrouvé plus souvent seul en pointe dans un rôle de numéro 9 qui ne lui convient guère. Les ballons n’arrivant plus, il a commencé à râler et à tenter l’exploit personnel sur chaque prise de balle. Pire, lorsqu’ils sont arrivés, il a manqué d’efficacité à l’image de cette tête dans les six mètres catapultée sur le gardien islandais (85e) ou de ses deux coups francs d'affilée plein axe, véritables balles de match, gâchés, envoyés dans le mur dans les ultimes secondes du temps additionnel. Un signe de plus prouvant qu'il n'était pas dans un très bon soir. Résultat, on a retrouvé le Cristiano des mauvais jours, jouant sa carte personnelle à de nombreuses reprises et pestant sur ses coéquipiers.

Raphaël Guerreiro, l’homme fort du côté gauche

Si les cadres portugais ont déçu (Moutinho, Carvalho), le jeune Raphaël Guerreiro en a épaté plus d’un sur son flan gauche. Très juste techniquement, intéressant offensivement et rassurant défensivement, Guerreiro a été l’un des seuls portugais à la hauteur de la première à la 90e minute. Il a apporté continuellement le danger sur son côté et chacun de ses centres ou de ses coups de pieds arrêtés à amener une situation chaude.

Il a avoué sa déception au micro de beIN Sport après la rencontre : "On a manqué de rythme, on n'a pas su jouer vite, il va falloir qu'on travaille ça. On avait pourtant le match en main: on avait la possession, on menait 1-0... Mais on n'a pas su être assez costaud pour aller cherche ce deuxième but qui nous aurait fait du bien". Le joueur de 22 ans, sur le point de rallier la Bundesliga et le Borussia Dortmund, a toutefois pleinement profité de la confiance que lui accorde le sélectionneur Fernando Santos. D’ailleurs si Cristiano Ronaldo occupait le même poste qu’au Real, à savoir ailier gauche, le duo serait intéressant à regarder.

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