Thomas Müller
Thomas Müller quitte l'Euro avec zéro but au compteur | PATRIK STOLLARZ / AFP

Euro 2016 - La malédiction Thomas Müller

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Dix buts en Coupe du Monde, zéro en Euro. Thomas Müller a traversé juin et juillet comme un fantôme sur les pelouses de l’Hexagone. En demi-finale contre la France, le Bavarois a encore été loin de son meilleur niveau de jeu et a en partie précipité l’élimination de sa sélection.

Dans cet Euro, la France est un animal pas comme les autres. Entre 4-3-3 ou 4-2-3-1, difficile de deviner les intentions de Didier Deschamps avant cette demi-finale. Face à l’énigme Bleue, Joachim Löw a finalement choisi de blinder son milieu de terrain en privilégiant un milieu à trois avec le triangle Kroos-Can-Schweinsteiger. Et sans Mario Gomez, blessé et forfait, le coach des champions du monde n’avait pas beaucoup de choix au moment de choisir le joueur qui viendrait bousculer la jeune charnière Koscielny-Umtiti. A croire que Löw voulait se rappeler aux bons souvenirs de 2014, il a choisi de dévouer le rôle de Supersub à Mario Götze, laissant le soin à Thomas Müller de mener l’attaque de la Mannschaft. Seulement, lui qui devait être le danger n°1 n’aura pu mettre fin à la terrible malédiction qui le poursuit depuis deux Euros désormais : mettre un pion lors d’un Championnat d’Europe.

Müller VS Guivarc'h

"Müller se moque de sa propre performance." Tout au long de cet Euro, Joachim Löw et Oliver Bierhoff n’ont cessé de mettre en avant le goût pour le collectif si cher à Thomas Müller. Une qualité souvent rare chez les joueurs offensifs modernes qu'il semble important de souligner la capacité qu'à Thomas Müller à se dévouer pour le groupe. Seulement, si on demande bien une chose au numéro 13 de la Mannschaft, c'est de faire trembler les filets. Pourtant, rien ne semble vouloir sourire au Bavarois cet été. Que ce soit le gardien adverse, les montants, une motte de terre ou des défenseurs bien placés, il semble toujours il y avoir une saleté de grain de sable pour enrayer la machine à marquer. Lui le renard des surfaces, le spécialiste de la jambe tendue entre deux défenseurs ou du but de raccroc à deux mètres de la ligne semble quoi qu’il arrive attirer le mauvais œil à chacune de ses tentatives, à l’image d’un Guivarc’h version 1998. Illustration parfaite : son quart de finale face à l’Italie où muet durant 120 minutes, il trouve le moyen d’envoyer un cachou immonde dans les bras de Buffon pendant la séance de tirs aux buts.

Ce tir au but, qui n’aurait évidemment rien changé aux statistiques faméliques de l’attaquant Bavarois, aurait eu au moins le mérite de remonter le moral du serial buteur à l’approche de la demi-finale face aux Bleus. Car au Stade Vélodrome, il n'a encore été que l'ombre du joueur génial qu’il a l'habitude d'être. Emprunté, souvent agacé par les décisions arbitrales, l’attaquant allemand n’a quasiment jamais pesé sur la défense Bleue pendant ces 90 minutes. Deux frappes trop croisées (13e et 38e) et une tentative sans danger pour Lloris… A l’image de l’impuissance allemande ce soir qui, si elle a maîtrisé la possession et semblait au-dessus des Bleus techniquement, a eu beaucoup de mal a se créer de réelles occasions franches. Müller, lui, a désormais quatre ans à attendre avant de pouvoir espérer de nouveau ouvrir son compteur but dans un Championnat d'Europe. En espérant que sa malédiction ne devienne pas aussi célèbre que celle de Toutankhamon.

Mathieu Aellen