Euro 2016 : Italie - Espagne, ce qui a changé depuis la finale de 2012 à Kiev

Euro 2016 : Italie - Espagne, ce qui a changé depuis la finale de 2012 à Kiev

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L’affiche de cet après-midi, au Stade de France, n’est pas un match tout à fait banal : c’était la finale du dernier Euro en 2012. Un choc de prestige entre cousins latins qui, à l’époque, avait nettement tourné en faveur des joueurs de Del Bosque (4-0). Les deux sélections restent sur un accroc sans conséquence en fin de premier tour. Sur le plan tactique, Italiens et espagnols présentent des similitudes dans leur canevas tactique. Poste par poste, le détail de ce qui a changé en quatre ans, depuis l’Ukraine, pour la Squadra et la Roja.

Gardiens : Buffon toujours là, Casillas au placard

À 38 ans, “Gigi“ reste inamovible dans la cage transalpine. Et ce n’est pas la prestation fort moyenne de Salvatore Sirigu contre l’Eire qui a modifié la donne. Le portier juventino reste l’une des dernières stars mondiales de cette Nazionale en recherche de talents hors norme. Même si à Kiev, il y a quatre ans, il n’avait rien pu faire face à la démonstration espagnole, son aura n’en avait pas pâli. Ce n’est plus le cas pour Iker Casillas qui, après une saison plus que moyenne au FC Porto, a laissé sa place à David De Gea. Performant à Manchester United, le Madrilène a déclenché quand même la polémique outre-Pyrénées, avec la fébrilité constatée sur le second but inscrit par la Croatie, lors de l’échec espagnol (1-2). Mis en cause avant l’Euro, pour une sombre affaire de mœurs, De Gea a peut-être perdu un peu de sa sérénité…

Défenseurs : De l’expérience à revendre !

C’est la grande similitude entre les deux sélections. Toutes deux ont gardé une grande stabilité derrière, si l’on prend pour références les équipes probablement alignées aujourd’hui et la feuille de match de la finale de l’Euro 2012. Côté espagnol, Piqué, Ramos et Jordi Alba sont toujours là. Seul Juanfran, au poste de latéral droit, a remplacé Arbeloa. Idem pour l’Italie avec le trio bianconero Barzagli-Bonucci-Chiellini de nouveau aligné. Florenzi a pris la relève d’Abate côté droit. Seule différence : alors que la Squadra Azzurra évoluait en 4-4-2 à l’époque, Antonio Conte est plus friand d’un 5-3-2, avec De Sciglio en plus pour fermer les brèches, mais aussi apporter le surnombre en cas d’offensives sur les ailes, côté gauche.

Milieux de terrain : l’ombre de Pirlo et Xavi

C’est dans l’entrejeu où les deux formations ont connu le plus de bouleversements. Mais pas dans les mêmes proportions. Si l’Espagne n’a plus Xabi Alonso et le cerveau Xavi pour animer la stratégie de la Roja, elle s’appuie encore sur des tauliers comme Busquets, Fabregas et Iniesta pour mettre le feu à la maison en face. C’est nettement moins le cas de l’Italie qui, non seulement a perdu, sa “rampe de lancement“ Pirlo, mais aussi de fins tacticiens tels Marchisio ou Montolivo. Ce n’est pas leur faire injure que de préciser que Parolo et Giaccherini n’ont pas encore leur charisme.

Attaques : redistribution des cartes

Balotelli et Cassano sont sortis des écrans radar depuis un bout de temps, dans les rangs italiens. Avec Pellé et Eder, les tifosi ont bien du mal à s’enflammer et doutent de la capacité de leur duo offensif à renverser des montagnes. Voire même des collines. En face, David Silva reste un métronome hors pair pour animer, casser les lignes et décrocher quelques coups de patte redoutables. Le grand changement pour la Roja, c’est, outre le positionnement de Nolito à gauche, d’avoir retrouver un avant-centre type. Alvaro Morata, que les défenseurs italiens connaissent à la perfection puisqu’il évolue, lui aussi, à la Juventus, est la pointe qui manquait à cette Espagne, depuis le règne de Fernando Torres

Nicolas Gettliffe