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L'équipe de France à l'entraînement sur la pelouse du Stade Vélodrome | AFP - FRANCK FIFE

Euro 2016 : France-Albanie, le match où les Bleus doivent monter en puissance

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Poussifs et sauvés par une inspiration géniale de Dimitri Payet contre la Roumanie vendredi dernier en match d’ouverture de l’Euro, les Bleus affrontent la solide Albanie pour leur deuxième match. Contre l’adversaire supposé le plus faible de ce groupe A, l’enjeu sera double : s’imposer pour se qualifier pour les 8e de finale, mais surtout y mettre la manière. Dans un Vélodrome qui leurs a toujours sourit en compétition internationale, les Bleus sont attendus. Certains carrément plus que d’autres.

"Nous avons la chance de jouer ici, à Marseille, je ne sais pas si c’est une volonté de Michel Platini, mais sur le plan football c’est bien qu’on débute ici. Le fief du foot c’est ici. Il y a une chose qu’ils apprécient, ce sont des joueurs qui aiment le maillot, qui ont un engagement total". Dans le mythique reportage "les yeux dans les Bleus" où la caméra de Stéphane Meunier suivait le quotidien de l’équipe de France durant le Mondial 98, Aimé Jacquet avait eu des mots élogieux pour le Vélodrome.

 

 

Dix-huit ans plus tard, Didier Deschamps retrouve cette enceinte pour y vivre son premier match en compétition en tant que sélectionneur. Un moment forcément particulier pour le Basque qui s’attend à une "ambiance et un public chauds" pour le deuxième match des Bleus. Un rendez-vous que ses hommes ne peuvent pas rater. Car une victoire leur assurait la qualification en 8e de finale. Mais plus que les fameux "trois points" chers à nos amis footballeurs, c’est la manière qui sera scrutée à Marseille, presque autant que le comportement des supporters, cinq jours après le chaos causé par les hooligans russes et anglais.

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Dimitri, Paul, Antoine et les autres

Dans les jours qui ont suivi ce France-Roumanie, tous les joueurs français s’étant présentés devant les micros ont dû répondre aux mêmes questions. L’envol de Dimitri Payet, le rendement de Paul Pogba et Antoine Griezmann, les raisons d’une entrée en matière loin des attentes… Hugo Lloris, le capitaine n’y a pas échappé. Et lui aussi à mis son petit tacle à Paul Pogba de qui il est "évident qu’on peut attendre plus". Le milieu de terrain de la Juventus a déçu contre la Roumanie, au point de voir sa place de titulaire remise en cause avant cette deuxième rencontre. Deschamps se passera-t-il de son plus beau potentiel ? Peut-être, d'autant que "DD" l’a déjà fait au Mondial 2014 (contre la Suisse au deuxième match de poule déjà, ndlr) et que son pragmatisme légendaire l’a poussé à le sortir en seconde période contre les Roumains.

Si pour Pogba, ça ressemblerait à une mise en garde, pour Antoine Griezmann, dont le cas a aussi alimenté les gazettes, une place sur le banc des remplaçants serait surtout une manière de le faire souffler après une saison harassante. Les deux prétendues locomotives du train Bleu ont déçu mais heureusement Dimitri Payet a pris les commandes. Brillant au Stade de France, l’ancien Marseillais est attendu au tournant. Il aura l’occasion de prendre une revanche sur son histoire sous le maillot tricolore. Principale victime du revers en Albanie en 2015 (0-1), Payet n'a sans doute pas oublié qu'il a mis près d'un an pour effectuer un retour sensationnel en sélection. Retour salué par son sélectionneur : "il a un volume de jeu plus important et a acquis une régularité dans ses performances. Je suis très satisfait de l’avoir sélectionné à nouveau, mais le mérite lui en revient. Il est en confiance et est sûr de son football".

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Quel système pour contrer les Albanais ?

Maintenant que les Bleus ont digéré ce premier match et sa charge émotionnelle très (trop ?) forte pour des jambes qui ont connu des matches amicaux pendant deux ans, il faut se pencher sur ce qui n’a pas marché contre la Roumanie. "Il faudra plus de maîtrise et de meilleures transmissions vers l’avant, a analysé le sélectionneur. On a beaucoup trop joué long en raison du pressing. On a eu du mal à trouver des décalages car on a manqué de rapidité dans les transmissions. Ces améliorations pourraient passer par un changement de système. Deschamps n'a rien laissé transparaître lors du dernier entraînement sur la pelouse phocéenne. Le sélectionneur pourrait toutefois délaisser son 4-3-3 pour privilégier un 4-2-3-1 où Pogba et Griezmann ne trouveraient pas forcément leur place.

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Dans ce dernier système, Payet s'installerait Payet au poste de numéro 10, les jeunes Kinglsey Coman et Anthony Martial seraient chargé d’animer les ailes et d’écarter, une des clés face à une défense, qui même sans son leader charismatique Lorik Cana, suspendu, sera regroupée dans l’axe. Méfiant, Hugo Lloris a rappelé les difficultés rencontrées face à cet adversaire récemment. "Il n’y aura pas de surprise, a déclaré le capitaine, on s’est cassé les dents lors de nos deux confrontations. On sait à quel match s’attendre, ça sera à nous de mettre du rythme, de ne pas les laisser développer de contre-attaques et de se méfier des coups de pieds arrêtés". Tout un programme que les Bleus seront inspirés de suivre s’ils veulent convaincre. Et gagner pour continuer la belle série des Bleus en compétition officielle au Vélodrome. 

Vidéo : Une France en bleu, blanc, rouge... 

Benoit Jourdain @BenJourd1