Euro 2016 - Didier Deschamps : L'Allemagne ne sera "pas une balade de santé"

Euro 2016 - Didier Deschamps : L'Allemagne ne sera "pas une balade de santé"

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Au terme de la démonstration tricolore contre l’Islande, dans ce quart de finale à sens unique, le sélectionneur tricolore a apprécié l’investissement de ses hommes. Il ne cache pas non plus que, même si ce n’est pas dans ses habitudes, les deux buts islandais lui ont fait plaisir, sans oublier de souligner que la demi-finale contre l’Allemagne s’annonce compliquée…

Au-delà de la qualification, s’est-il passé quelque chose de fort avec les supporters ?
Didier Deschamps
: Sincèrement, depuis quelques mois, on a toujours reçu beaucoup de soutien de la part du public. Avec cette victoire, je suis évidemment content pour les joueurs, mais aussi pour nos supporters. Les garçons ont décidé entre eux d’aller saluer le public avant l’échauffement. Ils ont souhaité se rapprocher au plus près de lui. Quand on gagne, c’est toujours plus facile de communier. Cette équipe de France est aimée par ses supporters. Elle ne laisse personne insensible, même si elle ne fait pas tout bien. Mais elle se bat avec beaucoup de cœur et va au bout des choses. On a montré qu’on était capables de mettre des coups d’accélérateur pour forcer le destin. Après, qu’ils communient avec les gens qui nous soutiennent, c’est merveilleux !

Chez elle, la France sera-t-elle favorite contre l’Allemagne ?
D D
: Non ! On est certes satisfait de ce qu’on a réalisé. Mais l’Allemagne, ça reste la meilleure équipe du monde, même si elle a tremblé devant l’Italie. En tout cas, cette demi-finale est une belle affiche. On ne s’attend pas à réaliser une balade à santé. La qualité est en face, mais à nous de jouer tous les coups à fond.

Y aura-t-il encore des changements tactiques dans votre onze de départ ?
D D
: Je ne suis pas le seul à changer au fil des matches. Par exemple, Joachim Löw l’a fait aussi contre l’Italie, avec trois défenseurs centraux. Le football, c’est un rapport de force. Donc, je vais réfléchir si je dois changer. Ce ne sera pas la même problématique contre les Allemands, car c’est une équipe très technique, redoutable dans la possession du ballon. Il faut savoir s’adapter. Hormis la Suisse, on a eu, jusque là, des adversaires d’abord là pour défendre. Ce n’est pas le cas de l’Allemagne, mais on cherchera à les placer dans cette situation de devoir subir.

Les Bleus dans le dernier carré, une première depuis seize ans, le contrat est-il déjà rempli ?
D D
: Je ne me souvenais pas que 2000 était la dernière fois ! Le prochain rendez-vous arrive vite… Jusque là, on avait pratiquement une semaine pour nous préparer entre chaque match. Là, on rejoue dès jeudi. Et, en face, c’est l’Allemagne ! Je ne sais pas comment le match va se dérouler. On verra bien… Maintenant, on a le droit de savourer de nous trouver dans ce dernier carré. Pour autant, est-ce que notre Euro est réussi ? Je n’en sais rien… En tout cas, on ne l’a pas raté !

Les deux buts encaissés vous ont-il agacé ?
D D
: On mène 4-0 à la mi-temps, on avait donc de la marge. On a bien repris, mais c’est normal qu’il y ait un peu moins de concentration… On a géré un peu plus et les Islandais ont trouvé les ressources nécessaires pour que le score ne soit pas plus lourd. Vous allez peut-être trouver ça bizarre de ma part, mais je suis content pour les Islandais. Pour eux, c’est une belle récompense, même si, dans mon rôle d’entraîneur, ces deux buts ne me plaisent pas. Mais je tiens à leur tirer un grand coup de chapeau, pour tout ce qu’ils ont fait pendant cette compétition.

Un mot sur la prestation de Samuel Umtiti ?
D D
: Ce n’est pas sa performance d’aujourd’hui qu’il lui fait perdre des points. Vous saurez jeudi si je l’aligne de nouveau…

Un conseil pour Antoine Griezmann ?
D D
: Qu’il continue à rester le meilleur buteur de cet Euro 2016. Ce sera un bon signe pour lui et pour nous. Il a eu un début de tournoi un peu difficile, avec le contrecoup de la déception de sa finale de Champions League. Il avait aussi cumulé pas mal de fatigue après une longue saison. J’ai géré avec lui durant les premiers jours de stage. Et, au bout de dix jours, il est revenu au top. Dans son registre, il est vraiment efficace et, techniquement, il réalise de bonnes choses.

Nicolas Gettliffe