Belgique-Italie
Enorme désillusion pour ce fan de la sélection belge dans le nouveau stade lyonnais... | AFP

Euro 2016 : Coup de déprime pour les supporters belges

Publié le , modifié le

Donnés grands favoris face à une Squadra Azzurra qui faisait profil bas, les Diables Rouges ont perdu la bataille tactique face aux coéquipiers de Gigi Buffon. Dans le nouveau stade lyonnais, les supporters belges ont moyennement apprécié la prestation de leurs favoris. Et, en terme de réalisme, l'Italie sera toujours l'Italie !

Il faut parfois donner de sa personne. Antonio Conte, le sélectionneur transalpin, l'a prouvé sur l'ouverture du score de son équipe. Au moment de célébrer le but signé Emanuele Giaccherini, le petit ailier de Bologne, le coach italien a percuté l'un de ses adjoints du staff. Résultat : le nez en sang. Qu'importe ! Son équipe a relevé le défi face à une Belgique tête de série, mais aussi numéro 2 au classement FIFA et première nation continentale sur le papier. Sur le papier... Car, tactiquement, les Diables Rouges ne sont pas prêts d'oublier la leçon d'italien.

Face au 3-5-2 adverse, les joueurs de Marc Wilmots se sont empêtrés dans la toile tissée, notamment par les défenseurs d'une Juventus souveraine dans la Botte : Chiellini, Bonucci et Barzagli. Bloqués surs les ailes, Eden Hazard et sa troupe sont alors tombés dans le piège de l'entonnoir, s'obstinant systématiquement à attaquer plein axe. Dans la tribune, Guido, venu de... Bruxelles, mais fan absolu de la Squadra Azzurra s'en amuse : "On devait prendre une claque, mais c'est la Belgique qui en a pris une ce soir... En rentrant, j'ai peur que ma femme ne demande le divorce !"

Eden Hazard toujours décevant...

Plus surprenant encore, la Belgique a eu un mal fou à percuter, à l'image d'un Hazard au niveau comparable à ce qu'il a donné cette saison à Chelsea, c'est-à-dire médiocre. Rarement les attaquants rouges sont parvenus à s'incruster dans la surface de Gigi Buffon. Ne parlons pas de la prestation d'un Lukaku d'une maladresse confondante. Une aubaine pour les habituels chiens de garde azurri ! Sa sortie sous les sifflets d'un public belge, ayant investi les travées du Parc OL, a conclu sa soirée de la plus triste des manières. Sur le parvis de l'habituel stade des Gones, Rudi est exaspéré que le coach belge titularise encore l'attaquant d'Everton : " Franchement, je n'ai jamais vu un gars aussi pataud techniquement. Face aux Italiens, il n'a jamais pu passer..."

Comme un symbole, dans le temps additionnel, l'Italie a crucifié le prétendu "gros poisson" du groupe E sur une action qu'elle affectionne : un contre rondement mené, conclu par une reprise de volée du gauche de Graziano Pellé, jusque là pourtant discret. Ce sera le seul bémol de cette Squadra Azzurra. Outre Pellé devant, l'autre attaquant, Eder, n'a jamais paru dans le bon tempo. Un détail vite oublié ce soir, mais qu'il faudra corriger dès le prochain match, vendredi prochain à Toulouse, contre la Suède.

Des têtes à dégonfler !

De son côté, une fois la déception digérée, la Belgique va devoir se ressaisir, au risque de subir une énorme désillusion, dès samedi prochain contre des Irlandais remontés comme des pendules. "Je vais aller à Bordeaux samedi, pour le match suivant, lâche Erwin passablement irrité et dont le visage peint en noir, jaune et rouge commence à se délaver, parce que les Diables, c'est mon équipe. Mais si on n'élève pas notre niveau, on est mal barré !... L'Italie nous a endormis. Bravo à elle ! Avant de clamer qu'on va ramener le trophée, il faudrait déjà assurer le minimum..." Avant de penser au titre, Marc Wilmots va devoir rééquilibrer un onze trop prévisible, à la limite de l'arrogance. Les Diables Rouges ne sont jamais aussi bons que lorsqu'ils font preuve d'humilité. À eux de revenir aux fondamentaux et de dégonfler quelques têtes. Ce n'est décidément pas chose facile que d'être favori...

Nicolas Gettliffe

Euro